Y'a un truc fascinant avec ces petits casse-burnes de bébés, c'est la manière dont ils se développent jour après jour une fois qu'ils ont passé le cap du D Day où ils t'ont bousillé tout ton programme de sortie théâtre restaurant chandelle romantisme et pétage de rondelle que t'avais mitonné au petits oignons pour affronter cette sordide histoire d'accouchement. Et quand je dis sordide, je pèse mes mots, hein, franchement, pasque passer des plombes dans une salle qui pue l'anesthésique avec des gonzesses qui crient encore plus fort que d'habitude, et en plus tu dois encourir l'oeil réprobateur de tout le monde dès que tu fais mine de sortir ta console de jeu, moi franchement je trouve ça sordide, sans parler du coté gore de la chose qui te coupe directos l'envie de compenser avec une double boîte de pépitos, l'ami préféré des cardiologues quand t'en consommes trop passé la quarantaine, oui je sais c'est dur, "Aïe Pépito" devient "Aïe le cardio" avec l'âge, c'est décevant. Donc sordide l'accouchement, heureusement la suite n'est que fleurs et délices [rictus nerveux], mais chut enfin, j'essaie de réconforter le Tonton de Sigmund. Donc je disais, le développement du bébé, partie 1, par le professeur Papa de Sigmund, clinique de la Sale Pétrière, département de phrénologie du genou, parlez dans le micro, s'il vous plaît, oui comme ça, mais EST-CE QUE TU NOUNENTENDS ?

Hum pardon. Je suis légèrement décousu aujourd'hui, comme un vieux doudou remâché qui pue la vieille pisse à force de frotter contre des couches imbibées par des nuits trop longues, franchement je me demande d'où je tire mes exemples. Brèfle.

Ce que je comprends pas bien dans le développement physique du bébé, mais que j'admire en même temps, c'est combien ça à l'air tout bien préparé ce truc-là, précis, ordonné et tout le bataclan : le Sigmund qui n'était qu'une espèce de sale larve amidonnée toute bouffie à la naissance avec de tous petits bras ridicules et des jambes infimes et la grosse tête inconcevable d'un sale sportif en fin de carrière qui s'essaierait à faire de la politique pour caser son gros cul dans les fauteuils les plus dorés possibles de la République, ben voilà-t-y pas qu'il s'est transformé en une espèce de beau jeune nenfant gracile, à la musculature d'acier, à la tronche redoutable dans les combats de coups de boule qui précèdent chacune des tentatives pour le convaincre de s'habiller, aux nerfs électriques qui lui permettent de te placer un double carpé diem dans ta face quand t'essayes tout à fait naïvement - même si c'est la centième fois- de lui piquer une seule miette de son gâteau au chocolat, de sa danette au chocolat, de son goûter au chocolat, de sa purée de brocolis au chocolat, merci de rayer la mention inutile. Et chacun de renchérir : "mais qu'il beau ce gosse !", "mais qu'il est mignon !", "mais qu'il est grand !", "mais qu'il fort !", "mais comme y t'a pété deux dents, là, tout de même il est grand et fort !".

Mais d'où qu'il beau et fort comme ça cet enfant ? Non mais t'a vu la tronche de son père ? Le code génétique qui permet de programmer le développement physique, c'est bien joli dans les Experts, hein, mais quand tu le vois en vrai à l'oeuvre, c'est une autre paire de gonades masculines à pilosité externe (tiens ça fait longtemps que j' m'étais pas moqué des experts, comme au bon vieux temps, c'est vraiment un de mes billets préférés). La maman de Sigmund, là oui, c'est du matériel de choix, trapéziste franco-vietnamienne, je veux bien, les yeux légèrement bridés de la beauté exotique, c'est sûr que tu pars avec des biscuits dans le capital. Mais coté paternel, franchement, à part une très large tolérance à l'odeur du formol, y'a rien à sauver. Mais comment qu'il a fait, son bouzin d'adn, pour rattraper les erreurs de programmation du début ? Qui c'est qu'a corrigé les bugs, hein, comme disent ces couillons d'informaticiens (sont cons ceux-là, ils bossent dans le bureau à coté du mien, et faut voir leurs airs de vieilles chattes mitées quand il viennent m'annoncer qu'ils ont automatisé le calcul de la dose de formol à partir d'un programme simple d'intelligence artificielle, franchement la seule intelligence artificielle que je vois dans leur bureau, hein, je lui filerai bien une bonne dose de formol avec une canule anale). Pour ceux qui savent pas ce qu'est une canule anale, merci de laisser tomber, cherchez pas dans Google images, ah stop, ah trop tard, vous avez cherché.

Tiens, mince, y m'appellent justement, faut que j'y aille. Si on m'avait dit un jour que je terminerai un billet sur une canule anale, j'aurais pas cru.