vendredi 25 septembre 2009

Sigmund grandit

Ben oui, fallait bien à un moment que ça arrive, hein, le Sigmund, c'est pas le fils d'une trapéziste pour rien, pendant les vacances il a commencé à enjamber le bord de son lit à barreaux avec un petit saut de carpe extrêmement élégant, genre voyez comment que je vais me casser la gueule, on va aller aux urgences un quinze août, chouette, chouette. Donc c'était pas possible de lui garder ce lit, quoi. Dommage. J'aimais bien le concept, moi, enfin, dans l'idée de lit à barreaux, c'est surtout la notion de barreaux qui me plaisait. Enfermée, la petite teigne. Impossible de s'échapper, tranquille à partir de huit heures, le monstre bouclé dans sa tanière et nous peinards pour regarder des trucs rigolos genre des reportages sur les éleveurs d'hérissons nazis sur Arte (le plus dur c'est d'enfiler le brassard avec la croix gammée, c'est à peine croyable). Et puis le Sigmund, faut voir qu'il grandit aussi, il veut faire des trucs tout seuls maintenant (heureusement, c'est encore du genre empiler des conneries de cubes, je commencerais à me méfier quand il voudra que je lui achète du tissu rouge pour son élevage de hérissons).

Bon du coup on a acheté un lit de grand, qui lui permet de vaquer peinouille à ses occupations de morveux.
Le voilà:



Ah ouais, désolé pour la déco, hein, on se mate pas la série complète des saisons de Valérie Damidot sans avoir des légères séquelles au niveau collage de stickers. C'est devenu compulsif chez nous, on colle des stickers dans tous les coins en ricanant 1-2-3 ouvrez les yeux qui c'est qu'est surpris hein, c'est-y pas beau votre salon de loosers reconverti en mélange psychédélique de Fly sous acide ou d'Ikéa vu par un daltonien ? Bref, vous voyez le truc, hein, on voulait quequechose de floral, et là comment dire, c'est plutôt mescal je dirais, c'est pas grave, ça va lui embellir ses nuits au petit brigand, y va nous faire des cauchemars gros comme ça, l'attaque des fleurs géantes mangeuses de gnomes, c'est couru. Vous noterez les moutons en tête de lit, c'est pour compter, mais bon on va pas aller bien loin, hein, pour s'endormir avec deux pauvres moutons rapés, on est un peu léger sur ce coup-là. Pas grave. De toute façon, on sait que cette histoire de dormir sans les barreaux pour l'y forcer, ca va bientôt tourner au grand n'importe quoi.

Pasqu'il a tout de suite compris, le sale petit macaque, qu'il pouvait aller et venir librement. Et comme c'est pas en chougnant, en lui faisant les gros yeux, en hurlant des imprécations ou en le menaçant de le revendre qu'on arrive à obtenir quoi que ce soit de lui en ce moment, ben ça va pas être facile de le forcer à rester dans son putain de lit, surtout avec les grosses fleurs bien menaçantes. Nous on l'imaginait comme un gentil lutin en train de somnoler dans un champ d'alpage, tu parles d'une vision à la mords-moi l'edelweiss. C'est plutôt genre gremlin échappé de la sylve, ou encore mini-Tarzan vient chercher ton bibi avec Tantor pour te défoncer la gueule si tu files pas un rab de blédina au chocolat. Passé huit heures du soir, c'est la loi de la jungle à la maison, et c'est pas nous qui la faisons, la loi.
Le problème c'est qu'on a plus d'intimité du coup, l'autre soir cet espèce d'avorton nous a surpris alors que j'enfilais mon costume de prince de l'espace pour montrer des trucs à la maman de Sigmund (elle était déguisée en Vénusia). Du coup on a repris la chanson de Goldorak en choeur, mais c'était limite qu'y comprenne comment qu'on l'avait fabriqué (j'aurais mieux fait de dormir dans un lit à barreaux, moi, ce soir-là).

Bon, bref, le Sigmund grandit, plus que quelque années et il partira pour faire un mastère de communication touristique à Guatélama-City et notre maison douillette reprendra sa quiétude habituelle. Plus que quelques années à serrer les dents.

samedi 12 septembre 2009

Accours vers nous

Dans le kit bébé livré avec le petit monstre, à part les boules quiès et les bouchons de narine, on peut trouver une poussette. Pour ceux qui connaissent pas, c'est une espèce d'engin de torture impossible à déplier, mais qui rend des grands services pour transporter les sales moutards (quand on arrive à la déplier, quoique même plié, une fois j'étais tellement excédé des braillements ET de la poussette refusant de s'ouvrir que j'ai attaché le Sigmund là-dessus et roule ma poule, je l'ai trainé). Pasque les bébés, qui sont des cons, ont de toutes petites pattes, et quand tu veux marcher super vite genre t'es en retard pour une réunion super importante avec Jean-Claude, le nouveau chef de la division cercueil, ben t'es largement freiné avec ce qu'il faut bien appeler ton petit boulet. Et encore, c'est pas pasque t'as la poussette que ça s'arrange, pasque le monstre c'est pas sûr qu'il veuille y monter dedans, faut ruser, voire même forcer un peu, quand le premier bras est cassé généralement il accepte le harnais de sécurité, un coup de tétine et tu peux voler vers ton destin international d'homme d'affaire du cercueil sans te faire engluer par le petit casse-rouston de quatre-vingt dix centimètres.

Bon vous voyez le truc, quoi, je vais pas vous faire un dessin, une poussette c'est comme une espèce de caddie d'hypermarché (ah ah ah un caddie, ça devrait rappeler des trucs à ceux qui connaissent Sigmund depuis qu'il est gros comme une tétine machouillée) où tu fourres ton sale bébé au lieu d'un double paquet de croustibats et de quatre bouteilles de Cachaça. Et donc c'est le même bordel quand c'est que tu essayes de passer les portes par exemple, c'est toujours dans le putain de mauvais sens, la porte faut la tirer et pousser ton caddie ta poussette en même temps, vachement fastoche, ou bien tu pousses avec tes fesses et tu roules à l'envers mais alors t'avais pas vu la mémé à demi liquide, tu lui roules sur la gueule avec la poussette le caddie plein de bouteilles et de kilos de sucres et de citrons verts, ça te fait des histoires de remboursement de col du fémur comme si t'avais pas suffisamment de trucs à raquer, avec le col-de-cygne de la salle de bains à remplacer, le col-à-gène de l'institut de la beauté de la maman de Sigmund, la col-o-scopie de ton trou de balle trop fréquenté par tes chefs successifs et ce con de col-blanc de Jean-Claude qui refuse de t'augmenter, bref, c'est plus le water-gate ni le monica-gate, c'est le col-gate (je suis toujours étonné de ce que l'on continue à me lire avec des astuces aussi vaseuses).

Dans l'immeuble de la famille de Sigmund, y'a une espèce de sas d'entrée avec deux portes qui s'ouvrent dans le sens contraire. Oui je sais c'est bizarre. Personnellement, je pense que l'architecte devait être une espèce de disciple d'une secte destinée à pourrir le quotidien des gens, ou alors il passait son temps à fumer en dessinant ses plans, genre je pouffe hystériquement en collant les évacuations d'eau des balcons juste au-dessus du passage commun (je dis ça je dis rien, mais si le connard du cinquième qui arrose ses putains de géraniums à l'heure précise de mon arrivée le soir continue à me recouvrir de pétales mouillés (mouillées ?) qui pue comme la grande-tante Simone, ca va faire très mal). Mais bon, tout ça n'est que la moindre bizarrerie d'un ensemble d'immeubles dont la laideur masque à grand-peine les malfaçons, c'est pas grave, on n'est pas là pour longtemps, juste trente ou quarante années. On s'habitue à tout. Sauf peut-être aux colombes géantes qui roucoulent sous ta fenêtre à six heures du matin avant de lâcher deux kilos de fiente noirâtre et acide pile sur les tee-shirts blancs que tu avais étendus (dans la salle de bains c'est pas possible, l'aération est si efficace que les moississures sont très développées, par exemple elles sont capables de t'accompagner a cappella quand tu chantes hurles I want to know what love is le matin dans ta douche).

Donc, bref, qu'esse je disais ? Oui. Donc, pour passer le sas d'entrée avec Sigmund dans sa poussette qui hurle pour avoir un sixième bout de pain (rien à voir avec le problème), c'est assez sportif et assez compliqué. Tu peux essayer de pousser la première porte de dos mais après t'es dans le mauvais sens ou alors tu essayes avec la poussette, mais ce sont les jambes de Sigmund qui morflent, ou alors tu développes une technique basée sur une double rotation, genre t'arrives devant la première porte tu te retournes (attention à la mamie) tu pousses avec les fesses (attention à la coloscopie) tu rentres dans le hall, là tu fais une rotation qui te permet de tirer la deuxième porte, tu passes la deuxième porte, ça y est tu as passé le sas, tu es devant l'ascenseur, victoire, tu hurles de joie (ah pardon mamie, j'avais pas vu votre sonotone réglé trop fort) tu triomphes, et puis tu hurles de déception pasque tu as oublié le courrier (les boîtes sont dans le premier sas).
Attardons-nous un moment sur la beauté intrinsèque de manoeuvre de double rotation, en oubliant les menus inconvénients (mamie, courrier). C'est beau, non comme mouvement ? On dirait du Candéloro, en plus malin. Et puis surtout, ça vous rappelle rien ?

Une pénétration doublée d'une double rotation de siège ?


Rhôô, bande de cochons vicieux. Pas du tout.


Autre chose.


Non, vraiment ?


Vous avez relu le titre du billet ou pas encore ?


Hé ouais. Accours vers nous Prince de l'espace. C'est bien de Goldorak dont je suis en train de causer. Quoi ? Vous savez pas qui c'est Goldorak ? Bon ok, ça vaut, comme excuse, vous devez être trop jeune. Mais voilà, la vérité est là. Ce mouvement de double rotation est exactement le même que celui d'Actarus en train de s'introduire dans Goldorak (rhôô, bande de pervers). Je vous mets un lien, avec le bon générique, hein, la double rotation est vers 00:46.
Oui je sais, j'ai déjà essayé de vous faire croire que Sigmund était le fils du grand Inca, le petit-fils de Crâo ou la réincarnation de Bruce Lee, alors là, franchement le fils d'Actarus et de Vénusia, c'est pas hyper-crédible. Mais que voulez-vous, penser que Sigmund est le résultat du moment fortuit où le prince de l'espace a fait son fameux double mouvement de rotation dans cette godiche de Vénusia, ben moi ça me rassurerait quelque part, je serai sûr qu'il aurait pas mes gênes au moins, alors que là, chaque jour qui passe, avec ses oreilles qui poussent et sa capacité phénoménale à briser les roustons de tout le monde, je commence vraiment à me reconnaître en miniature.
Et la perspective du Guatéméla s'envole à tire d'aile chaque jour un peu plus comme une colombe géante qui vient de se prendre un pot de géranium dans la gueule.