Ah ah ah, comme vous êtes trop naïfs. Nân mais vous croyez vraiment que je prends le Sigmund reloumaster pour une vraie personne ? Ce concentré fielleux de sournoiserie condensée ? Ca va pas la tête ou quoi ? Manquerait plus que ça. Mais moi si je veux jusqu'à ses dix-huit ans que je lui pourris la tête à ce morveux sans qu'il ait voix au chapitre. Et quand je parle de morveux, je sais ce que je dis, hein. Pasque question déjections et morvitude, le Sigmund est un spécialiste, et de la bavitude aussi, mais ça c'est à cause de toutes les dents qui lui ont poussé anarchiquement un peu partout dans la bouche. Ca lui permet presque d'articuler des mots divers et variés dont il parsème ses courses folles à la recherche de la plus belle counnerie à faire. Quand je vous le dit qu'il a changé le minuscule monstroplante...il parle, il marche, il mâche, il râle, il imite, il rigole, il truque, il baffre, il repte, il vole, il engloutit, il s'immisce, il grimpe, il dévore, il boit, hein, quoi, je peux arrêter, là ? Ah ouaya, c'est vrai, vous avez compris le truc.

Il commence à comprendre le jeu du piquet, aussi. Hein, quoi ? De quoi ? Comment ça j'arrête de pas de dire quoi ? Comment ça j'suis lent de la comprenette ? Quel piquet ? Ah mais nân, pas çui-là de jeu du piquet, rhôo quand même, des cartes et du flouze à son âge, n'importe quoi, non mais vous croyez que j'ai Patrick Bruel en miniature à la maison ou quoi. Quoique pour ce qui est de couiner, ça pourrait coller. Mais non, pas le vénérable jeu de piquet qui remonte au XVème siècle, merci oui-ouiquipédia, hé quoi notre appartement c'est pas Macao l'enfer du jeu quand même, ou alors faut fourrer de la blédine dans les pipes des fumeurs d'opium et remplacer les tables de poker par des tables à langer. Nân je parlais pas de ce piquet là, mais du vrai piquet, là, çui qui fait peur aux petits n'enfants. Ah !
Ca y est, j'ai trouvé ! Le mot que je cherchais pour remplacer "bébé", le Sigmund c'est pas encore une personne, mais c'est devenu un enfant, et dans le mot enfant je vous autorise à entrevoir un abîme insondable de canapé gribouillé au bic et de crises de larmes dans les magasins bondés pour de sombres histoires de poney pailleté (si c'est une fille) ou de Warrior Siderurgik (si c'est un garçon). Mais nous n'en sommes pas encore là.

Hem, bon, bref, c'est pas tout ça, faut que je me magne pasque le Sigmund dort encore pour quelques minutes et après faut que j'aille au parc me péter le dos dans des jeux à la con pour sales mioches tous plus bas les uns que les autres, ah ouais ça se voit que les aménagements sont faits pour ces courtes-pattes de mamans, hein, doit pas y'en avoir beaucoup des papas genre basketteurs dans les jardins d'enfants. Pourquoi on dit jardins d'enfants, d'abord, ça va j'ai compris, on les cultive pas les bébés, hein, n'importe quoi, ça pousse pas sur de l'humus bien gras (quoique), c'est pas les schtroumpfs verts de la mairie de paris qui me l'ont cloqué le Sigmund, ni les autres bébés, hein, dans un jardin, n'importe quoi, ça serait trop simple sinon, un bon coup de roundup et hop. Mais non. Jardin d'enfant, je t'en foutrais, tiens, vous savez l'horreur que c'est ces machins, avec tous ces gosses braillards qui se tabassent les uns les autres, ceux qui hurlent pasqu'ils sont tombés des cordages en essayant d'imiter Spiderman, ceux qui hurlent parce c'est l'heure de goûter, ceux qui hurler pasque, tiens donc, c'est drôlement cool ces cordes vocales tendus à bloc et ceux qui hurlent pasque je viens de leur filer un coup de seau en plastique Nemo. Le septième cercle, c'est de la gnognotte parfum fraise à coté des jardins d'enfant.

Ah voui, je vous ai pas dit : je garde le Sigmund toute la semaine. Cest vous dire si j'en chie. Et on est que lundi 15h00, bordel, je vais crever. Ah tiens, il pleure pour sortir du placard. Il doit avoir soif/faim/peur/la couche pleine/l'envie de me faire chier (rayer la ou les mentions inutiles, ah non, tiens, laissez tout). Bon, faut que j'aille.
Ah mince avec tout ça j'ai oublié de de vous dire pourquoi "Parle à ma couche". Tant pis. Un autre jour peut-être.