lundi 11 août 2008

Parle à ma couche III

Mais non, je ne vous ai pas oubliés. A peine l'autre petit lardon m'a-t-il lâché la gambette et cessé de me tapisser la toison de baveries sirupeuses qu'il faut que je retrouve mon petit bureau climatisé, finition acajou, garniture imitation satin, poignées en métal doré et tout ça. Je suis reviendu au travail, et oui, bon, faut bien gagner sa croute comme on dit dans les léproseries. Je le demande quand j'aurai à nouveau le temps d'écrire régulièrement dans ce bloug si la situation en Ossétie ne s'améliore pas rapidement, mais bon. C'est pas que j'ai rien à dire, notez bien, c'est que j'ai pas le temps. Y'en a des trucs à raconter, à commencer par les jeux olympiques des bébés qu'on pourrait inventer, c'est de saison, les concours de biberonnage fourbe ou de lancer de tétine. Mouais. Et aussi faudrait que je vous parle de tous les trucs nouveaux du Sigmund, ma parole, comme il a grandi depuis la dernière fois que vous l'avez vu, vous pouvez pas y croire tellement qu'il a changé ce couillon avec toutes ses nouvelles dents de tous les cotés, son QI surdimensionné d'animal de cirque et son aptitude surhumaine à couiner pour réclamer des M&M's.

Mais d'abord, parle à ma couche. Faut que je vous explique, sinon je vais encore oublier. Hein ? Quoi ? Mais nân, c'est pas une injure, j'étais pas en train de vous pourrir qu'est ce que vous croyez sans rigoler, j'ai pas que ça à faire d'insulter les quatre pelés (mytosil, trois fois par jour) et les trois tondus (arrêtez de coucher avec des allemands, aussi) qui baguenaudent sur ce bloug à la dérive en plein mois d'août au lieu de regarder les chinois faire la démonstration de ce nouvel ordre mondial qu'ils vont bientôt nous inculquer à grands coups de tongs dans la gueule. Pasque les chinois avec leurs jeux olympiques, c'est quelque chose hein ! Complètement autre chose que ce que nous présentent nos bons journalistes-commentateurs franchouillards de service, hein, rien à voir. Nân, c'est pas du tout le régime caricatural que nous débite à longueur d'antenne les sbires de cet autre régime caricatural dans lequel nous vivons, plus confortablement il ets vrai pour l'instant. Non,, ce que les chinois sont en train de nous montrer, c'est la réussite parfaite de la synthèse des deux régimes caricaturaux, un peu la version pailletée d'une purge stalinienne assumée par un businessman du pétrole texan. Le meilleur des deux mondes. La crème de la crème de notre futur. De comment qu'on va en prendre plein la gueule si l'on ne fait pas partie des happy few qui auront tout compris et tout collaboré à tout.

Comment qu'il va se magner d'apprendre le mandarin, le Sigmund, ça va pas traîner. Faut qu'il se dépêche de savoir dire "Y'a bon sinodollars" et "Merci pour la vaseline" en pékinois dans le texte. La canard laqué c'est l'avenir, faut pas croire. C'est pas l'andouillette grillée le plat du futur, qu'esse tu crois. Oh je vais te le dresser, tiens, allez les petits pots à la baguette, finito la cuillère. Encore que la baguette fasse partie de l'héritage maternel, faut pas que je dise du mal où je vais me retrouver avec des bouts de bambou sous les ongles, moi. Le Sigmund il a déjà des petits coins d'oeil bridé, mais va falloir mieux faire, hein, faut me jaunir tout ça, se préparer des lendemains qui chantent accompagnés par l'orchestre national de Shangaï. Et encore, je parle même pas de l'internationale des bébés chinois, tiens. Comment qu'ils doivent être organisés dans la fourberie, ceux-là. T'imagines ? Déjà par définition il savent ce que c'est une internationale, alors. En plus c'est des bébés. Autant te dire que si tu essaie de t'y opposer, t'es carrément plus foutu qu'une couche un jour d'épinards/jus d'orange. Ca m'étonne qu'à la cérémonie d'ouverture y'ait pas eu plus de bébés triomphants, tiens. Un tube de mytosil géant ça aurait eu plus de gueule que la boule d'édam avec les gars qui couraient dessus, mais bon. Mais qu'est ce que je raconte, moi, faut pas que je déconne. Je suis sûr que le Sigmund est déjà en cheville, si ça se trouve je suis surveillé.

Bon je vais pas m'éterniser, alors. Du coup j'ai oublié de vous expliquer le "parle à ma couche". C'est idiot, hein ? A croire que je le fais exprès.

lundi 4 août 2008

Parle à ma couche II

Ah ah ah, comme vous êtes trop naïfs. Nân mais vous croyez vraiment que je prends le Sigmund reloumaster pour une vraie personne ? Ce concentré fielleux de sournoiserie condensée ? Ca va pas la tête ou quoi ? Manquerait plus que ça. Mais moi si je veux jusqu'à ses dix-huit ans que je lui pourris la tête à ce morveux sans qu'il ait voix au chapitre. Et quand je parle de morveux, je sais ce que je dis, hein. Pasque question déjections et morvitude, le Sigmund est un spécialiste, et de la bavitude aussi, mais ça c'est à cause de toutes les dents qui lui ont poussé anarchiquement un peu partout dans la bouche. Ca lui permet presque d'articuler des mots divers et variés dont il parsème ses courses folles à la recherche de la plus belle counnerie à faire. Quand je vous le dit qu'il a changé le minuscule monstroplante...il parle, il marche, il mâche, il râle, il imite, il rigole, il truque, il baffre, il repte, il vole, il engloutit, il s'immisce, il grimpe, il dévore, il boit, hein, quoi, je peux arrêter, là ? Ah ouaya, c'est vrai, vous avez compris le truc.

Il commence à comprendre le jeu du piquet, aussi. Hein, quoi ? De quoi ? Comment ça j'arrête de pas de dire quoi ? Comment ça j'suis lent de la comprenette ? Quel piquet ? Ah mais nân, pas çui-là de jeu du piquet, rhôo quand même, des cartes et du flouze à son âge, n'importe quoi, non mais vous croyez que j'ai Patrick Bruel en miniature à la maison ou quoi. Quoique pour ce qui est de couiner, ça pourrait coller. Mais non, pas le vénérable jeu de piquet qui remonte au XVème siècle, merci oui-ouiquipédia, hé quoi notre appartement c'est pas Macao l'enfer du jeu quand même, ou alors faut fourrer de la blédine dans les pipes des fumeurs d'opium et remplacer les tables de poker par des tables à langer. Nân je parlais pas de ce piquet là, mais du vrai piquet, là, çui qui fait peur aux petits n'enfants. Ah !
Ca y est, j'ai trouvé ! Le mot que je cherchais pour remplacer "bébé", le Sigmund c'est pas encore une personne, mais c'est devenu un enfant, et dans le mot enfant je vous autorise à entrevoir un abîme insondable de canapé gribouillé au bic et de crises de larmes dans les magasins bondés pour de sombres histoires de poney pailleté (si c'est une fille) ou de Warrior Siderurgik (si c'est un garçon). Mais nous n'en sommes pas encore là.

Hem, bon, bref, c'est pas tout ça, faut que je me magne pasque le Sigmund dort encore pour quelques minutes et après faut que j'aille au parc me péter le dos dans des jeux à la con pour sales mioches tous plus bas les uns que les autres, ah ouais ça se voit que les aménagements sont faits pour ces courtes-pattes de mamans, hein, doit pas y'en avoir beaucoup des papas genre basketteurs dans les jardins d'enfants. Pourquoi on dit jardins d'enfants, d'abord, ça va j'ai compris, on les cultive pas les bébés, hein, n'importe quoi, ça pousse pas sur de l'humus bien gras (quoique), c'est pas les schtroumpfs verts de la mairie de paris qui me l'ont cloqué le Sigmund, ni les autres bébés, hein, dans un jardin, n'importe quoi, ça serait trop simple sinon, un bon coup de roundup et hop. Mais non. Jardin d'enfant, je t'en foutrais, tiens, vous savez l'horreur que c'est ces machins, avec tous ces gosses braillards qui se tabassent les uns les autres, ceux qui hurlent pasqu'ils sont tombés des cordages en essayant d'imiter Spiderman, ceux qui hurlent parce c'est l'heure de goûter, ceux qui hurler pasque, tiens donc, c'est drôlement cool ces cordes vocales tendus à bloc et ceux qui hurlent pasque je viens de leur filer un coup de seau en plastique Nemo. Le septième cercle, c'est de la gnognotte parfum fraise à coté des jardins d'enfant.

Ah voui, je vous ai pas dit : je garde le Sigmund toute la semaine. Cest vous dire si j'en chie. Et on est que lundi 15h00, bordel, je vais crever. Ah tiens, il pleure pour sortir du placard. Il doit avoir soif/faim/peur/la couche pleine/l'envie de me faire chier (rayer la ou les mentions inutiles, ah non, tiens, laissez tout). Bon, faut que j'aille.
Ah mince avec tout ça j'ai oublié de de vous dire pourquoi "Parle à ma couche". Tant pis. Un autre jour peut-être.