Les bons ingrédients d'une Saint-Valentin réussie sont les suivants : une amoureuse, un amoureux, une ambiance cosy, un dîner aux chandelles, de la poésie et un bébé avec une gastro-entérite.

Autant vous dire que ça a pas été de la tarte aux quetsches.

C'est pas pour dire, hein, vu que la Saint-Valentin on l'a jamais vraiment souhaitée, mais bon ça montre bien la fourbitude du personnage de se mettre à nous asperger de vomi fétide genre l'exorciste juste ce jour-là où on aurait pu se la jouer la famille Doucoeur s'installe dans la prairie. Pasque c'est sa première au petit macaque, de gastro. Alors bon nous forcément on se demandait ce qu'il avait ou quoi, et moi j'avais déjà commencé à chercher dans les pages jaunes l'adresse d'un bon exorciste de quartier, celui qui te fait sortir les démons par le trou de balle de ton chérubin tout en te racontant les derniers potins sur la femme du boulanger qu'est allée fourrer son nez dans les affaires du charcutier. Celui que tu peux tout lui dire, même que t'y crois pas aux démons. Celui que tu peux payer en tickets-restaurants ou en petits suisses périmés. Bref, un gars qui vient te rattraper un peu l'ambiance, quoi.

Pasque l'ambiance Saint-Valentin, merci bien, comment qu'on y est assis dessus, aïe c'est pointu. Avec l'autre moribond, là, qui voulait pas dormir et qui nous la jouait Dame au Camélia de la gerbe, c'était pas fastoche-fastoche de faire genre ambiance romantique à l'ombre propice. C'est plutôt genre met un peu plus de lumière je crois qu'il aussi gerbé sous les coussins du divan. Ah zut fais gaffe où tu t'assoies, je crois que... ah merde, apporte moi une autre serviette, il va encore... fais gaffe à la cuvette, bordel...mais tu vas mettre cette putain de lumière, ou quoi ? Ok, Ok, autant pour l'ambiance tamisée, j'ai bien compris qu'il fallait plutôt une ambiance éclairage de bloc chirurgical pour voir s'il y avait des petits bouts de pizza dans les coins restés sombres. Faut dire que questions prstations technicolor gastroentéritiques, le Sigmund s'est surpassé dans la poésie secrétionnesque.

Ah t'en voulais de la poésie de la Saint-Valentin ? Ah ben tiens, chope déjà celle-là. Celle-là, c'était du genre diarrhée fusante explosant par la bordure d'une couche trop vite mise pour cause de gerbi distracteur, je précise. Ah ouais, un vrai tourniquet d'arrosage le Sigmund, tournoyant sur lui-même en se vidant par les deux bouts. Et plus vite que ce qu'on pouvait colmater, évidemment. Faudrait inventer un (double) bouchon à bébés, ou un truc comme ça. Bon d'accord c'est pas sa faute, mais demain, quand on aura choppé le truc à notre tour, on ira pas en mettre partout, nous. Alors y'a pas de raison. Ou alors une toute petite, genre comme c'est la première fois, il a le droit d'être un peu étonné, comme quand le gerbi lui a giclé par les trous de nez. Là oui je reconnais, c'est pas facile à vivre, surtout quand c'est la première fois. Bon ok, on lui pardonne sur ce coup-là, pasque renvoyer un mélange lait / brocolis-navet-courgette / petit suisse à l'abricot par le nez je comprend que ça puisse perturber un peu l'équilibre psychique de n'importe qui, même d'une personne particulièrement fourbe et retorse. Faut dire que comme repas, des brocolis, hein, j'avais prévenu ousque ça risquait de nous mener.

D'ailleurs y'en avait pas dans le menu de Saint-Valentin qu'on a pas fait. Comment tu veux cuisiner l'esprit serein quand ta maison entière refoule du goulot l'odeur champêtre du petit suisse à demi-digéré ? Quand un misérable lardon geint de plus en plus doucement pour que tu t'approches et te balance à la fiole un nouveau demi-litre de caillé maison ? Hein ? Avoue que c'est dur de se concentrer sur des coquilles Saint-Jacques, faut être réaliste. Et c'est pas la peine d'allumer des chandelles, sauf pour une petite prière à Sainte-Marcelline-du-tsunami, la patronne des diarrhéiques. Non, là, vraiment, y'avait rien à faire. Rien.
Du bout du doigt, j'ai juste dessiné un coeur dans une des flaques de vomi qui maculaient notre salon en chantonnant une chanson d'amour qui parle d'oiseaux, de ciel bleu et de se pencher ensemble sur le berceau d'un nouveau-né. Comme quoi la Saint-Valentin, hein, si c'est pour finir par faire des bébés et ben c'est complètement pourri.