Non mais c'est quoi cette histoire de prise de sang d'un bébé, hein ? C'est un complot international des vampires cachés pour soutirer le sang d'innocentes victimes bon quand même pas si innocentes que ça c'est Sigmund après tout ? Pasque combien de sang on peut retirer d'un bébé, je me le demande, c'est pas bien gros un bébé, on doit pas pouvoir se faire beaucoup plus que, genre un petit boudin antillais ou un kir sanguin. Ah ben bravo, le Sigmund réduit a faire l'apéritif pour des vampires mal organisés, c'est malin. Surtout avec tout le foin que ça a fait cette histoire de prélèvement, je te jure, le bordel pour remplir même pas un petit verre à cocktail, je comprend pas le truc. Alors qu'avec un bon gros rigolo comme le papa de Sigmund (oui je sais, je parle de moi à la troisième personne, c'est bizarre), ben là tu peux assurer une prise de sang conséquente genre apéro et boudin aux oignons pour tout le monde. Bon, c'est sang sans doute une question de qualité, vous me direz, n'importe quel vampire débutant sait qu'il vaut mieux le sang frais et léger d'un jeune bébé que le sang épais et pollué au whisky de son pochetron de père, n'empêche ce dernier petit Aberfeldy 12 ans, là, il a du laisser un bon petit goût. Brèfle.

Donc le Sigmund il avait rendez-vous pour se faire soutirer un peu de raisiné, enfin pas rendez-vous, d'ailleurs, juste on est allé comme des fleurs au laboratoire à coté de la maison ousqu'ils font des prises de sang en deux temps trois mouvements, oh regardez un vol de péniches, et hop t'as rien, ton bras est troué et t'as l'infirmière qui chantonne en essuyant son aiguille de quarante-cinq mètres de long. Mais bon, ça va vite, t'as presque pas mal sauf si tu es douillet de l'aiguille (cherchez pas, y'a pas de contrepèterie) et hop emballé c'est pesé. Quand on est arrivé, on a tout de suite vu que ça allait pas être de la tarte aux canneberges, y'avait plein de parents éplorés dans la salle d'attente en train de chialer et des cris innommables qui provenaient du couloir. Donc on inscrit le Sigmund sur la liste d'attente, tout ça, on perd un temps fou à expliquer à l'accueil que oui c'est Sigmund, mais non c'est pas Sigmund son vrai nom, c'est un peu compliqué, mais non son tichirte "I'm the real Sigmund" ne veut rien dire, et que même si son père arrête pas de lui répéter "Tu vas morfler, Sigmund", en fait non, il s'appelle Agato. Au bout d'un demi-heure d'explications, on nous envoie une infirmière qui appelle Agato, enfin Sigmund, enfin bref, c'est pour nous expliquer la marche à suivre.

Alors bon dans ce laboratoire, ils préfèrent que les parents n'accompagnent pas les enfants lors des prises de sang, comme quoi ça complique les choses, les parents des fois ils s'évanouissent tout ça. Ah les naïfs, moi je commence à râler que je me tape pas tout le bordel des couches remplies et des biberons vides depuis des mois pour rater le plaisir d'une vraie séance de torture du Sigmund, déjà qu'il a plus kiné, faut pas déconner quand même. Et quand c'est qu'on se venge, sinon ? Faut pas rigoler. Mais en vrai je fais un clin d'oeil à mon amour-à-visage-blême, t'inquiètes, tout est under control, j'ai bien vu que c'était des vampires qui cherchait à ponctionner le Sigmund pour des histoires de boudin antillais apéro, t'inquiète ma chérie je m'en occupe, faut pas me chercher sur les vampires et tout ça. Alors je continue à faire mon numéro tout ça pour détourner mon attention et d'une main discrète je sors une gousse d'ail de mon slip et ma petite fiole de whisky béni de l'autre et je commence discrétos à rapprocher à du nez la vampiresse qui continuait à blablater comme quoi trouer le bras d'un bébé avec une aiguille grosse comme la tour Eiffel des fois ça impressionne les parents, mais c'est rien, les bébés ont l'habitude.

Après, tout est devenu assez confus. Y'avait des infirmières vampires qui sortaient de toutes les pièces en criant comme quoi j'avais bousillé leur copine en lui enfonçant la gousse d'ail dans le trou de nez, c'était hyper-menaçant heureusement j'avais le whisky béni (suffit d'en prendre une gorgée et ça va mieux), et on faisait bloc pour pas qu'elles nous prennent le Sigmund, quand même bon il est fourbe, mais ça va pas la tête de le laisser se faire mordre et transformer en vampire, déjà qu'il fait à peine ses nuits on va pas devoir se lever de nouveau all night long pour lui faire des biberons de sang, non mais ho. Sans compter que les vampires ont une peau hypra-fragile, bonjour les litres de mytosil à tartiner. Juste bon, à la limite je pourrais lui trouver un petit lit au boulot, ça oui. Mais sinon non, trop compliqué. Alors ouste les vampires. Les parents commençaient à réaliser la situation et taillaient des pieux en bois avec les barreaux des chaises de la salle d'attente pour pouvoir récupérer leur progéniture, ça castagnait ferme dans le couloir, le médecin en chef des vampires a essayé de se transformer en chauve-souris, on a tous fait "eeeek" hyper-fort, merci les cours de biolo, il est parti se crasher en vrille sur un chariot plein de médicaments, ça faisait peine à voir. Puis quelqu'un lui a enfoncé un cure-dent dans la poitrine. Les infirmières commençaient à refluer grâce à une petite mémé qui avait une réserve d'ail dans son cabas (ainsi qu'un kilo de mou pour son chat, totalement inefficace contre les vampires malheureusement). Pendant que la petite troupe se fritait, j'ai finalement fait la prise de sang moi-même.

Résultat : concentration de Kinefourberase à 300 mg/l au lieu de 10 mg/l. Ce petit est bourré d'enzyme de la fourberie. Qu'est-ce que disais, hein ?