mercredi 30 janvier 2008

Pépé le moco

Bon d'accord mon astuce du titre à la mords-moi la gazinière elle tombe un peu à plat pour ceusses qui parlent pas un mot d'espagnol, comme moi d'ailleurs, c'est juste que le Tonton de Sigmund qui parle espagnol, lui, aussi bien que le roi d'Espagne avec sa tronche pincée de faut-pas-me-la-jouer-sur-la-démocratie mais bon je suis quand même le roi et je vous emmerde, il m'a expliqué ce que c'était qu'un gros moco (Le Tonton de Sigmund, hein, pas le roi d'Espagne, il a pas une tête à dire moco quand même, quoique il a bien dit ta gueule à Hugo Chavez, faut pas déconner quand même, ce roturier qui la ramenait un peu trop, bon), et un gros moco c'est de la crotte de nez, oui madame, tout ce bintz et ce titre pourri pour vous parler de la morve de Sigmund, désolé, on ne se refait pas, moi si j'avais su que je serais plongé jusqu'au cou dans les sécrétions corporelles diverses et variées à ce point-là, ben le Sigmund je l'aurais abandonné à l'hospice de Beaune, dans le tonneau tournant, et j'en aurais profité pour me faire une petite cave.

Tout ça c'est la faute au rhume, faut pas chercher plus loin, hein, ce Sigmund, au moindre courant d'air genre la climatisation délirante d'un TGV, il s'enrhume recta et commence à ressembler à un escargot rapport au coté brillant des traces qu'il laisse un peu partout. Nân mais c'est Oumk l'esquimau qui conduit les TGV ou quoi, il a trop chaud dans sa pelisse ? Hé, Oumk, fous toi à poil pour conduire si tu veux mais arrête de nous congeler dans les wagons, hein, la banquise à trois cent kilomètres heures, ca va bien un moment, on aimerait arrêter de de voir s'enduire de graisse de phoque pour faire le moindre trajet Paris-Avignon, et en plus la graisse de phoque au soleil, c'est pas cool. Pasque le petit Sigmund qui s'amuse avec les petites cannelures rigolotes au bors de la fenêtre là, ousque sort le vent sibérien de la climatisation de l'igloo, ça le fait peut-être rigoler de se congeler les naseaux mais après qui c'est qu'éponge quinze litres de morve à l'heure, c'est bibi.

C'est pas possible qu'un bébé contienne autant de morve. C'est pas possible que ça coule comme ça, même pas trop liquide en plus, mais d'un beau vert anisé et brillant avec des iridescences splendides, oui d'abord j'ai le droit de dire iridescences si je veux, c'est pas la classe comme mot d'abord, moi je trouve que si, même si je sais pas ce que ça veut dire, sans doute une truc en rapport avec le pétrole vu qu'il y a essence dans le mot, brèfle. Ca lui coule de partout au Sigmund, dehors et dedans, il déglutit de la morve, c'est affreux, et il nous fait des bulles irisées super jolies sans rigoler y'en a qui font au moins trois centimètres de diamètres, c'est bien simple, le Sigmund on dirait qu'il mâche un chewing-gum de moco en permanence, et vas-y que je te bulle au moment où la super-blonde passe, mince pas moyen de draguer dans le TGV pendant que son amour-à-ronflette se repose tranquillement. Des bulles, des bulles, des bulles, qui éclatent en laissant des maculages ignobles, franchement il est bien réussi ce bébé dans le genre palais des monstres. Let me introduce the magnificent Mister Mucus.

Mais moi j'aimerais bien vous parler de poésie du bébé et tout ça, hein, mais c'est pas ma faute, c'est l'autre monstre là qui fait rien qu'à faire des nouveaux trucs répugnants. En plus je sais même pas comment que ça se guérit le truc des rhumes de bébé, là. Ca existe un genre de mytosil pour le dedans du nez ? Pasque franchement essuyer en permanence le visage gluant d'un bébé qui commence à se défendre méchamment contre ce genre d'intervention, c'est un peu fatiguant à la longue, et finalement c'était peut-être pas de la graisse de phoque le truc gras qui constellait nos habits à l'arrivée en gare d'Avignon, j'étais trop occupé à me décamoter au dissolvant pour aller trouver Oumk et lui faire avaler son harpon. Je comprends pourquoi on les traite de sales morveux maintenant, hein. J'ai compris, ça va. Sivouplait, vous pouvez arrêter les Niagara de mucus, les trombes de morves, les cataractes de moco, les Zambèze de mollard, les moussons de crotouille.

Et bon appétit, sinon.

lundi 28 janvier 2008

Sigmund crâne

Sigmund fait son crâneur en TGV, la main nonchalamment posée sur l'accoudoir :



genre je suis un voyageur au long cours.
Sauf qu'il faut le moucher toutes les deux secondes à cause de la climatisation.

samedi 26 janvier 2008

Sigmund va en banlieue

Maintenant qu'il a tous les vaccins nécessaires, il peut s'aventurer en terre dangereuse :



Heureusement, son bonnet le camoufle.

jeudi 24 janvier 2008

Il n'y a pas d'abonné...

Je vous ai dit qu'on était partis en vacances, mon amour-à-cernes, le Sigmund et moi ?

Non ?

Ah ben voilà, quoi. On est en vacances.

mardi 22 janvier 2008

Sigmund rase gratis

L'autre gigoteur, là, faut le contenir. Sur la table à langer, c'est le feu d'artifice continu du gigotage de compétition, genre artiste du cirque de Pékin sous graves amphétamines. Les pieds tanqués dans la serviette éponge, les mains agrippées à tout ce qui passe, le corps arqué comme je sais pas moi par exemple un bébé baveur qui aurait mis les doigts dans une prise mal fixée, le Sigmund nous fait des contorsions qui rendent difficiles des tas de petites choses comme l'habiller ou lui mettre une couche (enfin, pas dans cette ordre, hein, quand même ça fait au moins deux mois que je ne fais plus cette erreur de débutant). Oui, c'est ça, exactement, des contorsions limite épileptique qu'il nous fait cet espèce d'avorton, genre lombric qui vient de traverser la fosse sceptique d'une boite de nuit branchée après une descente de police. Et rien à faire pour le calmer, hein, c'est juste qu'il montre sa joie de réussir un double saut carpé du lapin sous les sun light de la salle de bain, l'est trop content le bébé, il finira artiste de cirque comme sa mère au lieu d'exercer un métier honorable, rémunérateur et très peu salissant comme son père.

Si, quand même. Y'a un truc qui le calme, c'est le rasoir. Oh ça va, faites pas les effarés, laissez-moi expliquer quoi, vous regardez trop les affiches de film de Tim Burton, vous, je parle pas de lui sectionner la margoulette au rasoir coupe-chou que rien qu'à le regarder t'as déjà deux entailles sur les mains tellement y coupe. Non, non, je parle de mon vieux rasoir électrique tout pourri que c'est même pas des têtes rototo-tatives ou un truc à éjaculation de savon, là, non juste un rasoir à grille premier prix qui rase de tellement près que des fois on dirait qu'il me recolle les poils de la veille. Sigmund adore le bruit de ce rasoir, faut voir comme, et reste scotché quand la machine démarre avec son bruit inénarrable de moutrice moudureuse machine à moudre le café. Faut dire que la disposition de la salle de bains s'y prête, on a mis la table à langer en travers suivant les préceptes de Sainte-Angel-du-canon-à-caca (merci, encore merci), donc le Sigmund a les fesses vers la baignoire et la tête vers la glace ousqu'on se mire en se rasant (c'est mieux). Et en levant les yeux, le petit gnome découvre donc la figure de son père en train de se raser, les cheveux en paquets, les yeux en trou de pine, la gueule de travers et l'humeur à l'avenant. Spectacle pas vraiment fascinant, on en conviendra. Sauf que, sauf que, y'a le rasoir.

Et le rasoir et son bruit de tondeuse à gazon en train de découper une taupe innocente, ben ça le fascine le Sigmund, je serai bien en peine de deviner pourquoi. Je me demande ce qui lui passe par la tête, à contempler ainsi son père avec ses billes rondes, pas effrayé, pas agité, juste vaguement interrogatif, hypnotisé par les va-et-vient du rasoir noir sur mes joues bouffies par l'alcool et les soucis. Il doit se demander pourquoi je me coupe une partie de la tête chaque matin, sans doute que j'ai fait une grosse boulette et je suis puni, genre j'ai pas fini mon biberon ou bien j'ai craché un gros mollard aux brocolis sur les genoux de la nounou. Chais pas. Ou alors la vibration lui rappelle quelque chose d'agréable. Mais y'a pas de trucs qui vibrent comme ça à la maison, à part les trucs de maman qu'il risque pas de voir. Hum. Ou alors c'est des souvenirs intra-utero. Re-Hum. Peut-être ça lui rappelle le hachoir du babiquouque au gremlin, genre c'est bientôt l'heure de la purée courgette-fève-cèleri et après miam-miam-miam, c'est petit suisse à l'abricot. Mais bon, ça me semble un peu tiré par les cheveux. Peut-être au contraire s'étonne-t-il parce que le bruit est complètement nouveau pour lui. Mais bon ça fait des mois que ça le scotche, alors, et les autres nouveaux bruits ne l'intéressent pas forcément autant.

C'est bizarre quand même un bébé amoureux d'un rasoir, non ?

dimanche 20 janvier 2008

Brubruce Lili

Allez, vous allez encore pas me croire, c'est vrai que j'ai essayé de vous faire gober que Sigmund était la réincarnation du Grand Inca, bon, peut-être que non après tout, c'est vrai qu'à part puer comme un vautour quand il décalque sa couche ben le Sigmund il a plus trop rien d'un Inca même que son crâne il s'est remis d'aplomb, il ressemble plus du tout à Alien ni à Raspar Tepacap (le dernier grand Inca, çui qu'a fièrement provoqué les conquistadors espagnols, quand le chef, là, comment qui s'appelle, Cortes, lui a dit "Chiche qu'on vous massacre tous bande de mal-blanchis si vous nous filez pas votre or", il l'a toisé du haut de ses 1m60 sans talonnettes et a hurlé son nom en guise de défi "Tépacap", comme quoi il aurait mieux de s'appeler Raspac ToutDeSuiteBwana, il s'en serait peut-être sorti). Non Sigmund n'est pas vraiment le grand Inca, pasqu'en fait c'est la réincarnation de Bruce Lee. Brubruce Lili, qu'on l'appelle.

Qu'est-ce qui me permet de l'affirmer ? Et bien à part le délicieux pyjama jaune qu'il possède et qui lui moule ses petits bras musclés (mais fins, hein, il a rien d'un patapouf de bébé, non on dirait plutôt un petit rat de l'opéra en miniature, sauf la tête évidemment, pasque un petit rat de l'opéra avec un boulard comme le Sigmund, je te dis pas la gueule du lac des cygnes hydrocéphales), je pense surtout à la délicieuse saynète qu'il m'a joué hier pendant que je lui faisais avaler des grandes louches de petit suisse à l'abricot. Non pasque il faut bien que vous compreniez que Sigmund entretient avec le petit suisse à l'abricot le même rapport que son père entretient avec la danette au chocolat, le panetonne et le calamar à l'escabèche que c'est crô miam. Donc l'autre ahuri de bébé, dés qu'il voit le pot, faudrait que ça lui coule direct dans la margoulette genre biberon, mais bon rien que le temps de faire les allers-retours avec la cuillère c'est trop long pour môssieur, je vais acheter un entonnoir à petit suisse ça va pas traîner, tiens. C'est pas possible d'être hystérique à remuer ses bras comme ça pour un petit suisse à l'abricot, quand même, je me demande de qui il tient ça, bon.

Donc comme ça n'allait pas assez vite, Sigmund à commencer à râler genre je produis le bruit d'une percolatrice à café en train de chauffer au cul d'un tigre : un genre de vrombissement couplé à un feulement qui va en augmentant. Ca percolait sec dans la cafetière à Sigmund (déjà qu'il est mou du moût). Evidemment, en remuant comme un possédé, ça améliorait pas la qualité de la jonction cuillère-bouche, j'ai des photos pour preuve, et moins y'avait de petit suisse qui rentrait dans le bec insatiable du bébé, plus y'avait de regard noir genre je vais t'arracher les tripes avec mes trois dents et demie qui partait en direction du responsable -mézigue-, et plus y'avait de trépignements des pieds sur la chaise haute sinon ça serait pas pratique. Et quand la pression est arrivée à son point culminant, voilà-t-y pas que Brubruce Lili m'a fait une magnifique attaque du Saumon, un grand classique du Kung-Fu, les deux mains en avant une vers le ciel une vers la terre, les bras tendus, un peu comme un saumon qui repousse un ours en train de l'attaquer, attendez, attendez, je m'as gourré, c'est pas saumon c'est dragon, bref. Une attaque du dragon de toute beauté, c'est tout juste s'il avait pas la fumée qui dépassait de la couche. Le tout accompagné d'un grand cri destiné je suppose à me paralyser et à me faire lâcher le pot de petit suisse dans des petites mains avidement tendues.

Ce qu'il ne sait pas, le bougre de couillon de bébé, c'est que s'il est la réincarnation de Bruce Lee, moi je suis celle de Kareem Abdul-Jabar. Alors ça a pas trainé, comment que je te l'ai fumé avec sa prise du Saumon, l'autre nain. J'ai paré avec la prise du Gardien de Phare (un bras à angle droit, l'autre qui tient une cuillère en plastique maculée de petit suisse en protection, oui je sais cette prise n'est pas très orthodoxe, mais elle me semblait appropriée) et je lui ai collé derrière un double mawashi dans la colle qui lui a défrisé la moumoute. Il a essayé de me coincer avec une prise du Gerbi Fulgurant, mais j'ai passé la prise du Bavoir Transcendental, ah ah, quel amateur, et je te lui ai ajouté, pour faire bon poids, une bonne vieille manchette mouche-bébé. Coincé qu'il était dans son siège, impossible pour lui de tenter un de ses célèbres high-kicks péteurs, terrassé le Brubruce Lili. J'lai regardé partir en savonnette en lui faisant coucou d'une main, tandis que de l'autre je terminais son petit suisse.
Faut pas me chercher sur le Kung-Fu ET sur les desserts, moi.

vendredi 18 janvier 2008

Petit Suisse

Un certain manque de concentration ajouté à un zeste d'amateurisme :



Il n'a pas encore appris à coordonner ouverture de la bouche, alignement de la tête et visée de la cuillère.

mercredi 16 janvier 2008

Tam-tam

Avant Sigmund, on avait une vie, mon amour-démissionnaire et moi. On sortait pour aller voir des gens, manger des trucs rigolos, boire des cocktails extravagants et participer à des soirées hyper-fun hype de la mort, genre bande de (plus tout) jeunes cools qui font du tapage mais on a mis un mot dans la cage d'escalier pour prévenir. De cette époque révolue, définitivement terminée et finalement pas si regrettée, je garde le souvenir précis de ce moment terrible où dans l'ambiance chaleureuse et alcoolisée du plus fort de la soirée un quelconque copain de relation brandissait tout à trac l'objet maudit avec les mimiques crétines de l'imbécile qui est persuadé de faire partager à ses contemporains une miette essentielle de son génie enfin révélé. Le djembé, ce briseur d'atmosphère de convivialité d'ambiance de couilles. le djembé est à une soirée ce que l'iceberg est au Titanic. Quand le pénible sort le djembé de son sac en tissu africain fabriqué en chine, vous pouvez entonner plus près de toi mon dieu, de toute façon votre moral va couler dans une eau noire et glacée. Le joueur de djembé est un être vil. Et sans aucun doute, il devait être un bébé particulièrement fourbe.

Et je n'utilise pas le mot fourbe au hasard. Il se trouve que je vis avec un paragon de fourbitude (je ne sais pas si je vous l'ai dit ? Il s'appelle Sigmund) qui se trouve être un bébé. Et pas n'importe quel bébé, hein. Un bébé joueur de djembé.
Je vous laisse digérer la nouvelle, je sais c'est dur à avaler. C'est encore plus dur à entendre. Récapitulons les faits.
Comme tous les couillons de bébé, Sigmund présente une forte aptitude à prendre tout ce qui lui passe sous la main pour en marteler la table devant laquelle il est assis. Genre une fourchette en métal. Tous les parents débutants l'apprennent à leurs dépens : si tu veux un p'tit dèj tranquille, t'as intérêt à filer le jouet en caoutchouc plutôt que celui en plastique à ton crétin de môme, pasque sinon il va te bourriner les oreilles, ça va un peu te gâcher ton café-croissant-calamar à l'escabèche. Le seul moment de répit, si on peut dire, c'est quand il tape à coté de la table et que le joujou tombe par terre, mais bon faut le ramasser. Sigmund joue avec nous un peu comme avec des chiens, je jette tu vas chercher, c'est mignon tout plein, le jour où je lui ferai bouffer sa putain de girafe parce qu'il l'aura envoyé par terre sept-cent cinquante sept fois, tout le monde me tombera dessus en disant que je suis un monstre (mais je m'en fous je serai un monstre nullipare). Le Sigmund excelle à ce jeu du casse-couille matinal, grâce à un splendide hochet en plastique très dur, contenant des billes et entouré d'anneaux, quand il tape sur la table, ça produit exactement le bruit d'un shrapnel éclatant à cinquante centimètres de ton oreille, avec une touche de serpent à sonnettes t'avertissant que non décidément, il ne peut pas accepter que tu aies enfilé ton pantalon sans regarder qui il y avait dedans.

Cette manie des bébés de taper rythmiquement sur les objets est très irritante, il faut donc s'en protéger, moi j'ai collé du bulgom sur toutes les surfaces planes de la maison, mais si voyons, le bulgom vous voyez ce que c'est, c'est cette matière rigolote que Tata Jeannine met sous la nappe pour protéger la plateau de sa belle table en merisier du bengale. Mais si, vous voyez bien, ce truc ousque les verres tiennent jamais dessus, ce truc avec les petits losanges là, ce truc trop moche. Ben voilà. Mais trêve de considérations décoratives, on s'en tape du bulgom et de tata Jeannine et du merisier du bengale que ça existe même pas.
Sigmund tape donc sur tout ce qui passe, et essentiellement sur nos systèmes.

Hier soir pourtant, il a franchi un cap. Assis tranquillement sur son tapis de jeu royalement posé au milieu du salon, babillant comme seul un bébé humain sait babiller (un genre de bruit mouillé ressemblant à s'y méprendre au bruit d'une loutre pétant dans les algues), le petit Sigmund a eu une idée géniale. En fin, géniale pour lui, s'entend. Saisissant d'une main la boite en fer de panetonne qui lui sert à ranger ses jouets (oui, je sais. Mais moi j'aime bien le panetonne pour mettre sous la danette au chocolat du dessert, alors on a plein de boîtes en fer à la maison, c'est comme ça) et de l'autre main sa pauvre girafe en caoutchouc (je dis pauvre mais cette girafe n'a pas sentiments particuliers ni de sensations éventuelles, ce n'est qu'un bout de caoutchouc, rien de plus qu'un préservatif, et même encore moins quand on pense à la somme d'ennui que peut vous éviter un solide préservatif, hélas) et s'est mis à tambouriner joyeusement, à marteler son gong improvisé, à nous jouer le grand air du bonze himalayen ayant abusé de l'alcool de yack, et que je tape, et que je tape à m'en faire vibrer les cheveux sur la tête, à m'en faire sortir les dents, à m'en faire produire quinze litres de caca au brocolis dans ma couche surgonflée. Extatique, le Sigmund.
Et nous, atterrés, réalisant qu'on a un mini-joueur de djembé de soixante-dix centimètres de haut à la maison.

lundi 14 janvier 2008

Mon beau légionnaire

Alors comme ça dans mon immeuble et ben y'a la légionellose. Si si. Ils ont mis un papier dans l'entrée comme quoi pour de vrai c'était. Une concentration anormale de bacilles responsables de la legionellose a été détectée dans les tuyaux de la chaudière, comme qui dirait y'a de l'eau dans le gaz (texto). Faisez gaffe les gens de l'immeuble, vous avez pas intérêt à respirer l'eau, pasque sinon vous êtes dedans (bon en vrai c'était écrit en langage de syndic d'immeuble, mais c'est moins rigolo). Oui je sais ça vous semble bizarre de respirer l'eau, au départ, atta, atta, je m'explique. Deux secondes. Juste je parle des notes avant, y'en avait six grand format qui tapissaient la porte du hall, ça foutait les jetons. Tout ça paraphé et contresigné par le responsable du syndic, le président du syndic, la secrétaire du syndic, le représentant des propriétaires minoritaires, le maire du XIIème, un responsable sanitaire, un médecin des familles, un inconnu analphabète, l'archevêque de Canterbury, ta soeur, et Philippe Candéloro (c'est pasqu'il a eu la legionellose quand il était petit celui-là, tu en meurs ou tu en restes idiot, ah non je confonds avec la méningite). Autant vous dire que ça faisait vachement officiel les notes, hein. Et puis le lendemain ils ont rajouté un avis de décès à coté, sûrement rien à voir (genre c'était le fils du beau-frère de la cousine par alliance du président du syndic, et il peint à la main les façades des bâtiments), mais bon franchement les deux notes à coté, ça faisait un peu sinistre du coup l'histoire de la legionellose.

Maintenant, le coup de respirer de l'eau. Le petit microbe de la legionellose il est farceur tout plein, son truc préféré c'est l'eau chaude. Autant te dire tout de suite que si tu espères t'en débarrasser en te brûlant les mains au septième degré comme pour vaisselle que tu tues (tutu) les bacilles du saumon fumé en dégraissant à l'eau hyper-chaude, et ben tu l'as dans le baba très très profond (c'est pour ça que ça s'appelle la legionellose). Comment qu'on fait alors ? Bon, si tu t'appelles Oumk l'esquimau, tu peux te laver à l'eau froide, ouais vas-y, ça raffermit les nichons et après tu peux te les enduire de graisse de phoque, c'est ça vas-y on te regarde. Mais bon sinon en hiver, l'eau froide ne passera pas par moi faut pas déconner non plus et mon quota CO2, hein, comment que je l'atteint ? Donc si tu n'es pas Oumk, ce que je te souhaite, hum, c'est quoi cette odeur de graisse de phoque que je sens par ici hmmm ?, si tu n'est pas Oumk, tu prends des bains au lieu de douches. Moui, parfaitement. Pasque le bacille de la legionellose, faut qu'il soit projeté dans l'eau chaude comme qui dirait vaporisée dans l'air pour rentrer dans tes petits poumons et venir de te niquer la bronchiole. Genre si tu aimes la douche hyper-violente qui te fouette le crâne et sous laquelle tu chantes à tue-tête le dernier air de la défunte Mariah Carey, et même des fois tu ouvres la bouche pour faire des glouglous avec le jet d'eau, tu chantes encore mieux comme ça c'est dingue, bon, si tu es ce genre là, t'es aussi le genre qui va se retrouver illico presto chez le Papa de Sigmund, défunté de legionellose. Mais si tu es du genre à prendre un bain sagement assis dans un anneau de bain, là ça va, juste il faut arrêter de casser les couilles à tes parents en se réveillant à six heures, mais je vise personne.

Bon, mais pratiquement la legionellose c'est quoi ? C'est une maladie hyper-grave, sans rigoler. Les symptômes sont les suivants : maux de têtes, bourdonnements, fièvres, envie de fromage de chèvre. Dans un premier temps, tu perds l'usage de la langue, ton français devient très basique, tu as du mal à te concentrer, tu as envie de porter un képi blanc. Dans un deuxième temps, ton corps s'émacie, les muscles deviennent saillants, tu perds trois-cent quatre-vingt seize points de QI et tu te fais tatouer une chèvre dans un coeur sur le biceps gauche. Peu de temps après, la mort survient, généralement pasque bourré à la bière tu as confondu une grenade défensive avec ton téléphone portable ("Allo ? Allo ? Ne quittez pas, votre correspondant est en ligne, vous allez être mis en relation dans trois secondes, trois, deux, un..."). Le temps d'incubation est assez court, et le vecteur de transmission est la canalisation d'eau chaude et le poil de chèvre. C'est pas crô crô contagieux, encore heureux hein pasque les képis blancs, faut le dire comme c'est, c'est un peu ridicule.
Les enfants ont peu de risque de l'attraper, et ça c'est trop pas juste. Encore que un Sigmund ça va encore, mais un Sigmund légionnaire je sais pas si je pourrais supporter, quand même.
Tout ce tintouin me rend chèvre.

samedi 12 janvier 2008

Vengeance

Ce petit fourbe de compétition a du lire le dernier billet, et a recommencé à se réveiller à six heures. Pour nous venger, nous avons fait une série de photos compromettantes avec un bonnet ridicule :



On les ressortira au bon moment.

jeudi 10 janvier 2008

Feignasse

Je sais pas ce qui se passe, mais notre Sigmund boute-en-train je me réveille dès le matin est en train de devenir une grosse feignasse. C'est pas croyable à son âge quand même, déjà à trainer le matin au lit. Ah ça promet, hein. Non pasque avant ce frais gardon des alpages (huuum, gardon des alpages, c'est cela, oui, j'ai du mal à voir comment un gardon des alpages pourrait être frais vu qu'il serait mort étouffé, vu qu'un gardon c'est un poisson, et qu'un poisson dans un putain d'alpage en train de faire des yeux de merlan frit à Heidi, forcément il a du mal à respirer au bout d'un moment. Merlan ou gardon, c'est pas la question. Ou alors il faut qu'il soit mort y'a pas longtemps, et qu'on puisse vérifier la couleur des ouies et des paupières, comme chez le poissonnier, là oui tu vois s'il est frais ton poisson, sauf s'il maquillé des paupières, mais ça devient un brin compliqué pour le poissonner tricheur de faire des smoky eyes à tous ses poissecailles la matin, sans rigoler. Smoky eyes ? Faut que j'arrête de lire des blogs de filles, moi). Qu'est-ce que je disais ?

Ah mince j'ai même pas fini ma phrase. Donc. Pouf pouf.
Non pasque avant ce frais chamois des alpages... huuum, c'est naze chamois des alpages, ça sonne pas bien. Bon, tant pis, on va pas y passer la journée, j'ai des morts à croquer, moi, c'est pas possible. Donc le Sigmund, avant, se réveillait à grands cris dés six heures du matin pour réclamer son seau de lait qu'il prenait dans la tronche et plus vite que ça. D'ailleurs je me demande à quel âge les bébés cessent de crier le matin pour réclamer à manger, est-ce qu'un jour il fera juste un truc genre abeu-ilou-bilou pour dire qu'il a faim, ça serait bien, pasque moi j'aimerais bien entendre à nouveau le son mélodieux de mon réveil rigolo avec ses sonneries découvertes dans la nature, genre la mer qu'on voit danser, le coucou du haut de son grand chêne et les cris mystérieux des bébés ragondins le soir dans les sous-bois. Faut attendre quel âge pour qu'il nous réveille sans hurler à la mort papa ta race pourrie j'ai faim il arrive mon bibi (ça rime, c'est pasque Sigmund est très fort pour les rimes, genre : ababeu babila / beheheu ah ah ah, ce qui veut dire Je sais mon cher papa que nous sommes en retard / mais je viens dans ma couche de larguer un homard). Hein, combien d'années encore ? Bref. Donc les cris de Sigmund précèdent habituellement le réveil, sauf que là justement, le Sigmund dort tellement qu'on l'entends à nouveau, le réveil.

Oui, le petit fourbe se réveille à sept heures, maintenant. Peinard. Bon, ça l'empêche pas de hurler à la mort, mais nous ça fait déjà cinq bonnes minutes qu'on est levés et qu'on a commencé à manger notre habituel petit déjeuner, du thé, du pain, de la confiture et des calamars à l'escabèche. Et du jus d'orange, des fois. Le problème maintenant c'est qu'il faut décider çui qui interrompt son petit déjeuner pour alimenter le gouffre de Padirac ambulant qu'est notre petit bébé ragondin à nous. Et comme à la maison le calamar à l'escabèche c'est sacré, il y a parfois des décisions difficiles à prendre, allez c'est toi, non c'est toi, non c'est toi, j'lai fait hier, oui mais moi deux fois avant, c'est pas vrai, prends le carnet, mais je marque plus, ah ben tiens, allez c'est toi, non c'est toi, j'le ferai demain, ouais tu dis ça mais après tu finis le calamar en douce, même pas vrai, bon j'y vais mais demain c'est toi, promis, promis, ouais, ouais promis attends je finis la boite là.
Bon c'était pas mieux avant, puisqu'il fallait décider qui se levait pour aller combler la fosse des Mariannes qui nous sert de rejeton, allez c'est toi, non c'est toi, non c'est toi, j'lai fait hier, oui mais moi deux fois avant, c'est pas vrai, prends le carnet, mais je marque plus, ah ben tiens, allez c'est toi, non c'est toi, j'le ferai demain, ouais tu dis ça mais après tu fais l'endormi, même pas vrai, bon j'y vais mais demain c'est toi, promis, promis, ouais, ouais promis attends je me rendors là.

Du coup quand même, on a presque des nuits complètes. C'est pas mal. Bon, habituellement la nuit complète pour nous, c'est plutôt genre dix heures du soir - dix heures du matin, un peu comme la galette complète, du fromage ET des oeufs ET du jambon, bien grillée avec du beurre, résultat identique, tête lourde et estomac retourné mais qu'est-ce qu'on se sent bien après. Mais bon, ne faisons pas la fine bouche, ne crachons pas dans la soupe, ne marouflons pas les rémiges, ne cherchons pas midi à quatorze heures (c'est un jeu, faut que vous trouviez la fausse expression dans les quatre qui précèdent), c'est quand même appréciable de pouvoir dormir un peu plus. Ca durera ce que ça durera, probablement jusqu'à la prochaine maladie, c'est à dire demain.
Ah oui pasque je vous ai pas dit, mais on a tous attrapé la légionnellose.

mardi 8 janvier 2008

Innommable

Ben non pas du tout justement. S'il y a bien un truc qu'est vraiment fastoche avec le bébé Sigmund, c'est de le nommer. C'est tellement fastoche qu'on dispose à la maison d'un répertoire inépuisable de surnoms adaptés aux circonstances pour tailler une bavette avec le boulet, la patate, le bébé des carpates ou discuter le bout de gras entre nous des avantages et des inconvénients d'avoir Mr Boditoumi à la maison. Des surnoms, on en invente à la pelle, par tombereaux, en chansons, des treize à la douzaine n'en veux-tu n'en voilà et paf. Chais pas pourquoi d'ailleurs, mais c'est comme ça. Peut-être un besoin de mater l'indicible et de poser un nom sur cette douleur obsédante de la nouvelle paternité (vous inquiétez pas, je suis en train de lire No Kid, mais ça va très bien). Ou alors c'est juste pour se foutre un peu de sa fiole (ça fait du bien et ça revient au même en fait). Mais bon voilà, le fait est que, qui se couche Bouleton peut se réveiller Schmoufing baby, ou bien Caruso du berço, ou bien encore Bela-les-dents (référence à Lugosi).

Comment qu'il s'y retrouve le Sigmund, je sais pas. Sûrement le ton de la voix ou un autre truc, peut-être la gestuelle. Pasqu'évidemment, je suis sûr que le petit fourbe des alpages a bien compris que gentille voix toute douce = en avant la déconne tandis que grosse voix qui bourdonne = gare à mes miches. Déjà spécialisé les parents. Ca a commencé la fois où je lui ai coupé un doigt avec les ciseaux à ongles, depuis je fais clic clic avec les doigts (genre deux-doigts coupe-faim, délicieuse pub rengaine des années maudites, malheureusement interdite aujourd'hui comme toute la production télévisuelle des années quatre-vingts (y compris Bernard Tapie en short chez Véronique et Davina)) et J'en-tiens-une-couche se la met instantanément en veilleuse. Bref, c'est pas le sujet. Mais y doit nous reconnaître à la voix, peut-être à l'odeur, sinon, surtout le matin (hum, cette délicieuse odeur de bouc mariné aux épices, ce serait pas papa qui vient me sortir du lit à coup de biberons, des fois ? Ouaip, faut que j'arrête de cuisiner indien quand même). En tout cas ça change rien pour le petit Cheese Nan de service.

Du coup on pensait que tout le monde faisait pareil, genre on connaît tous LaGrossePatate qu'a changé de surnom (c'est là), ou bien encore le Haricot, hein, bon. Mais apparemment c'est pas vrai, y'aurait des parents qui donneraient pas de surnoms rigolos à leurs rejetons. Qui ne les appeleraient que Kévin ou Jean-Christian (ou Agato, ah non ça marche pas), ou bien à la limite sale moutard mais pour de vrai. Comme c'est triste de se priver de la joie de ridiculiser ces petits êtres infirmes et informes en les affublant de sobriquets d'un goût douteux, genre Pue-du-cul ou Choubidou-la-chiasse. Pour nous la question ne se pose pas, puisque cette pratique des surnoms est un héritage familial, non, non, n'insistez pas, vous ne saurez rien et le tonton de Sigmund a intérêt à la boucler s'il ne veut pas pas que je lâche le morceau (quant aux grands-parents de Sigmund, je ne les menace pas, mais qu'ils sachent qu'un billet de train est facilement remboursable, hé hé hé). Des surnoms, on s'en est fadé des palanquées, ce n'est que justice que nous puissions maintenant nous venger sur le Sigmund, dit également Croque-chaussettes, Mister Magoo, Gueule-en-biais et l'Aspirine (je me suis déjà expliqué sur ce dernier surnom).

Faisons un test. Combien d'entre vous ont des surnoms d'enfance que leurs parents continuent à leur donner ? Hein ? On fait moins les malins, là. Se faire appeler Bichounet ou Biloubilou quand on a quarante ans, ça fout bien les boules, c'est vrai. Et combien d'entre vous ont des surnoms pour leurs sales moutards ? Un paquet je parie, en majorité des trucs softs comme Bébichou ou P'titpoussin. Bon maintenant, combien d'entre vous ont plus de cinquante surnoms différents pour leurs maudits lardons de plus de sept mois ? Ah ouais. C'est plus dur, là. Vous avez le droit de compter les surnoms uniques genre quand vous braillez "nom de dieu de bordel à cul de sale petit chieur de mes deux playmobils réunis", si d'aventure vous êtes du genre à crier ce genre de choses. Vous avez droit aux surnoms mièvres genre Boutchou comme aux surnoms hard comme Bouffeur de Mytosil. Ben vous voyez c'est dur d'atteindre les cinquante. Sauf chez nous, c'est vous dire si on est névrosé par ici. Ceci dit, forcément, ça suit une courbe asymptotique genre pétage de dos cette histoire de surnom. On commence fort mais on va être obligé de s'arrêter à un moment donné. Genre quand il aura dix-sept ans, une petite chérie et un dernier surnom : Trace de pneu.

dimanche 6 janvier 2008

Bébé de noël

Assorti en rouge :



J'ai tout badigeonné au mytosil.

vendredi 4 janvier 2008

Pétage de dos

Un des problèmes majeurs de ces gros couillons de bébés, c'est qu'ils sont totalement incapables de se déplacer seuls, et qu'il faut les trimballer à longueur de journée. Totalement incapables ? Mouais, c'est pas sûr d'ailleurs, si ça se trouve ils savent très bien marcher et ricanent dans leurs barbes de nous forcer à les porter (enfin, dans leurs barbes c'est vite dit, hein, plutôt dans leurs joues). Si ça se trouve, tout le monde se fait enfumer depuis des siècles par ces casse-bonbons patentés, et dans les clubs-houses de bébés, autour d'un bon cigare et d'un verre de single malt cask strenght, les moqueries se déchaînent à l'endroit des pauvres êtres abusés que nous sommes. Je préfère ne pas imaginer tout ce qui doit se dire à ces sauteries, avant que le serveur remette une tournée générale de biberons ("avec un nuage de lait pour moi, James, ah ah non je déconne"). Bon, passons. Pour la tranquillité d'esprit de tout le monde, mettons que les bébés ne savent vraiment pas marcher. Mettons. Admettons, même. Même si le doute peut nous tarauder comme une dent fraîchement éclose taraude l'innocent doigt boudiné d'un père désinvolte laissant traîner sa main trop près de la bouche carnassière de son rejeton fourbe et bavouillant.

Donc les petits bébés faut se les trimballer aux bras. Tant qu'ils sont petits tout juste sortis de la maternité, frais éclos (enfin frais, faut quand même voir la gueule après l'accouchement, on dirait un peu des oeufs au plat ratés, hein) ça va encore, trois kilos c'est pas le bout du monde, trois boites de petits pois aux jeunes carottes c'est un classique, c'est pas lourd. Ou bien trois pots familiaux de rillettes, moi je les porte tous les jours pour mon quatre heures du matin (vers onze heures en fait, c'est là que je fais ma crise d'hypoglycémie hébituelle, ou plutôt d'hyporillettemie, me faut d'urgence un truc quelconque fourré aux rillettes, tiens passe-moi ton croissant aux amandes, toi, ça fera l'affaire). Franchement trois kilos c'est tout petit, le bébé même bien emballé dans sa couche intégrale c'est pas plus lourd que les trois boites de raviolis (et il a la même couleur, en plus) que t'as dans ton filet écolo qui remplace les sacs plastiques et qui te donne cette touche inimitable quand tu vas faire tes courses, genre tu es limite cabas écossais. C'est pas plus lourd, la preuve c'est que si tu mets le bébé dans le filet et ben tu vois pas la différence (sauf si tu oublies d'enlever les boites de raviolis), d'ailleurs comment que vous croyez que j'ai ramené le Sigmund de la maternité, hein ? Dans le filet, avec le dernier playboy et trois poireaux.

Non, les choses se compliquent quand le frétillant petit gardon qui te pourrit la vie commence à prendre du poids à force d'épuiser tes finances à coups de boites de lait dispendieuses (et même de brocolis maintenant, non mais vous savez combien ça coute les brocolis de nos jours, ils sont plaqués or ou quoi les brocolis, j'en reviens pas). Un bébé normalement constitué suit ce que les spécialistes appellent la courbe de prise de poids, et que les parents appellent la courbe de pétage de dos. En quelques mois (à peine, mais ça paraît beaucoup plus long vu de l'intérieur, c'est la théorie de la relativité appliquée à mon bébé qui fait pas ses nuits mais qui fait ses dents, 'culé), les trois boites de haricots verts extra-fin rangés à la main avec amour par des esclaves lascifs (en fait des ouvriers clandestins avec des grosses moustaches) se transforment en une barquette familiale de dix kilos de merguez, odeur comprise quand tu déballes le tout. Le gentil petit bébé casse-burnes s'est mué en gros boulet casse-dos. Avant tu faisais son fiérot avec le sale chiard sur un un seul de tes bras, genre matez mon avant-bras musclé sur lequel repose la chair de ma chair (à saucisse), et boum six mois après il te faut les deux bras pour retenir le paquet sinon il s'écrase lamentablement sur le parquet ciré plein de poussière (j'ai pas le temps pour le ménage) ou sur le carrelage luisant plein de tâches (puisque je vous dis que j'ai pas le temps), et alors là bonjour l'engueulade de la maman pasque tu as abîmé les beaux vêtements qu'elle avait trouvé chez Youkaïdi ou Adjudant-Majorque (regarde, ils sont pleins de sang maintenant, c'est hyper-dur à ravoir).

Et donc voilà, on pourrait croire que se fader le Sigmund de dix kilos couche comprise ça serait bon pour la santé, à force de se baisser pour le sortir du lit, de la poussette, du divan, du tapis d'éveil et de se rebaisser pour le déposer dans la poubelle (et se rebaisser ensuite pour le récupérer quand tu t'es fait gauler par la maman, caramba encore raté), mais non. C'est pas bon du tout pour la santé, c'est très très mauvais pour la colonne vertébrale des vertèbres. Et pour les muscles du dos. Et pour les côtes (j'ai mal aux côtes, putain, c'est pas croyable). Et pour les genoux. Et pour les choux (aka les brocolis). Et pour les poux, les hiboux, les cailloux je sais pas, mais pour les bijoux (de famille), là c'est sûr c'est dangereux, rien de plus dangereux qu'un bébé au bras qui agite ses petits pieds du trente-sept, aïe. Les bébés, c'est le Waterloo de la tranquillité dorsale. Les bébés, c'est des machines infernales à te filer des lumbagos ou des hernies discales (en plus faut voir le genre de musique qu'ils aiment, alors se faire une hernie à cause d'un disque de comptines ça craint quand même).
Et le Sigmund plein de dents, je commence à en avoir aussi plein le dos.

mercredi 2 janvier 2008

Sigmund le désossé

Nân, nân, n'allez pas croire. Je n'ai pas ouvert le Sigmund avec un grand couteau comme une dinde de noël que l'on découpe, histoire de me calmer les nerfs. En plus, c'est même pas les dindes qu'on désosse, c'est les enfoirés de pigeons, ah zut j'ai dit plus de gros mots sur le bloug, c'est ma résolution pour la nouvelle année. Plus de gros mots ? Mais t'es dingue ou quoi ? Comment tu va faire pour écrire des trucs rigolos si tu ne recours plus à ce savoureux langage poilu ? Hein ? Tête de linotte, va ! La grossièreté c'est ton fond de commerce, avoue. T'en a besoin pour te la jouer papa qu'en a rien à foutre, alors qu'en fait la bisounoursie t'en a besoin comme tout le monde. Hé mais ça va pas ou quoi, voilà que ma conscience parle en direct sur mon bloug, les gens vont croire que je suis schizophrène genre Golum, ta gueule on t'a pas sonné. Ah ça va mieux, tu la boucles maintenant et tu me laisses en placer une pour raconter les aventures du mirobolant Sigmund, aka le chieur de bébé et le bébé chieur confondu en une seule masse compacte de mauvaise volonté et de fourberie retorse. La voilà ma résolution pour cette année, encore plus d'avanies et sanies sur le Sigmund de l'enfer. Bon. Et la paternité heureuse, je lui chie sur la gueule. Recta. Qu'est-ce que je disais déjà ?

Ah vouaye. Sigmund le désossé. L'autre petite fiente de bébé, là, commence à bouger grave dans les brancards, que si il continue c'est moi qui vais l'attacher à un brancard directos retour au sav des bébés, ah si seulement ce n'était pas un doux rêve. Donc, bon. Non seulement il se tient assis avec un genre de petit sourire en coin qui veut dire "assis, j'augmente la portée de mes jets de vomi radioactifs, tiens qu'est-ce que je vois là, ça serait pas un pantalon du réveillon, ça ? Ce moule-burne à paillettes, c'est la marque de fabrique de mon père prêt à danser toute la nuit sur Dancing Queen d'Abba pasque il a jamais compris les paroles... et beuaaargh, tiens dans la patte d'eph, ça te tiendra les mollets au chaud, et rebeuargh, tiens dans la braguette, au moins t'auras pas froid quand ton dargif trop gros fera exploser les coutures, t'as plus l'âge mon gros pépère". Et oui, il faut savoir qu'un seul sourire de Sigmund peut signifier tout cela. Quelle engeance. Il se tient assis, et quand tu essaye de le recoucher d'une bonne tarte dans la margoulette, il se redresse comme un culbuto dont il a par ailleurs la forme, tout ça à la force de ses petits abdominaux bandés comme des élastiques. Ou alors c'est la couche lestée qui fait vraiment culbuto, va savoir.

Sinon quand il est couché, il possède aussi une étonnante technique de retournement spectaculairement ridicule. Genre agiter les bras et les jambes dans tous les sens jusqu'à ce qu'un des membres se prennent dans au choix un pli du tapis d'éveil, la tête de tortue du même tapis, l'entrejambe de son père et hop en s'appuyant très fort il te fait un roulé-boulé genre plutôt boulet qui se termine sur le ventre, la tête enfouie dans la bave et les deux bras coincés sous le bide. Et là c'est un peu la bérézina de l'improvisation, pour s'en sortir faut râler jusqu'à ce qu'une âme compatissante vienne le délivrer, mais c'est pas trop gênant vu qu'avec la bave les cris sont étouffés, et franchement l'âme compatissante elle est à coté en train de masser ses cojones endolories alors elle en a un peu rien à faire des problèmes existentiels du bébé en train de s'étouffer avec une tête de tortue crétine (elle sourit tout le temps, jamais vu ça). Le seul point positif de cette position reste la facilité avec laquelle elle permet des dégazages dignes de l'Amoco Cadiz, pensez, les deux poings compressés sur le ventre, la zone culière dégagée, c'est parti pour le Versailles du gaz d'échappement, les torches de Lacq du proutage dévastateur, tout ça n'invite pas vraiment la bonne âme à s'approcher, hein, faut pas déconner non plus.

Mais le truc vraiment nouveau qui me donne envie de l'habiller avec un petit costume à paillettes d'acrobate de cirque (normal avec sa mère trapéziste), c'est son truc avec les pieds. D'abord il faut savoir que le Sigmund a des panards énormes genre il chausse presque du trente-sept c'est beaucoup pour son âge, c'est pas des pieds c'est des palmes. Un monstre. Ensuite, comme tous les bébés, il a une facilité à se plier les jambes pour se chopper les pieds et les porter à sa bouche, réitérant sa compression bidonnesque et la fameuse émission krakatoaesque de gaz intestinaux, c'est très rigolo surtout allongé dans le bain, un vrai cachet effervescent ce gamin (genre oxyboudine mais pour te dégager les sinus). Une fois dans cette position rigolote, il lâche ses pieds et les rabat avec violence sur la table tout en s'arquant comme un orque (le poissecaille, pas ceux du seigneur des anneaux, quoique) décidé à retrouver sa liberté pour faire une bonne affiche de film cucul le hareng. Profitant de l'élan ainsi (mal) acquis, il décolle son corps boudiné d'au moins cinq centimètres au-dessus de la table, je vous jure on dirait la navette spatiale au décollage, explosion comprise. Et il te répète ça vingt fois de suite en émettant des genres de petits hoquets, on dirait qu'on a un pingouin épileptique sur la table à langer. Manque plus qu'il nous combine ça avec les retournements et on aura le premier bébé à se déplacer en se roulant sur lui-même en lévitation.

Chais pas pourquoi, mais je la sens pas cette année qui s'annonce.