Hé oui, bravo à Gaïa qui a trouvé la solution de la devinette, il s'agissait bien d'une photo de l'intérieur du nouveau space pistolet de la mort machin à inhaler de Sigmund, mais bon franchement ça ressemble plus à un super gun de l'espace. C'est bien simple, depuis qu'on l'a je ne le lâche plus, je me régale, je joue tous les soirs le remake des sept mercenaires de Pluton-city, c'est un vrai carnage à la maison, je te gaze des aliens à la ventoline comme s'il en pleuvait, ah ah, qu'est-ce qu'on se poile. Je voulais vous mettre une photo en situation, genre le papa de Sigmund en treillis, chargeant fébrilement une nouvelle cartouche de ventoline dans son super-gun pour blaster une immonde larve bavante venue de l'espace, mais j'ai trouvé personne pour faire la figuration de la larve bavante, c'est dommage. Et mon amour-à-poumons-d'acier n'a pas pu prendre la photo, because elle était asphyxiée par les jets de ventoline. C'est ballot également. Brèfle, le principal c'est de garder une âme d'enfant (c'est à dire de faire n'importe quoi en couinant, genre).

Oui, vous avez bien lu, de la ventoline. C'est pasque Sigmund il est asthmatique des poumons. Pas le vrai asthme super méchant, mais l'asthme du nourrisson. L'asthme du nourrisson, c'est un asthme plus petit que le vrai asthme des grands, genre un bébé asthme, vous voyez, donc un asthme qui a des couches, qui boit du lait, mange occasionnellement des brocolis et fait n'importe quoi en couinant. Donc il faut le traiter assez vite, comme pour un bébé, avoir les outils adéquats, comme pour un bébé et surtout ne pas le laisser s'installer, comme pour un bébé ah non c'est dommage. L'asthme du nourrisson est à l'asthme très méchant ce que le Dexéryl est au Mytosil. Vous m'avez compris. N'empêche c'est embêtant cette histoire d'asthme pasque le Sigmund y tousse un peu comme la dame au camélia, avec des quintes flushs qui n'en finissent pas, oh dis donc Marguerite crache-la ta valda, mais le bébé y comprend rien à l'allusion littéraire. Les toux de bébé, c'est pire que les pleurs de bébés, hein, c'est très très difficile à supporter, faut s'entraîner, cette nuit on l'a laissé tousser dix-huit minutes d'affilée sans y aller, on a été très forts, à la fin il s'est arrêté tout seul. Il était tout bleu, mais bon. Oh la la, ça va, je blague, hein.

Laissez-moi plutôt vous parler de la ventoline. Ah la ventoline, rien que le nom est prémisse enchanteur de brises légères dans des crinolines mousseuses, de mollets découverts entre la bottine et le bas du jupon, tout un programme. Ventoline, que ce nom est beau, comparé à des horreurs lexicales comme brocolis, au hasard. Hum, donc bref. Je tiens à signaler que Jean-Hubert Ventoline n'aimait pas du tout les brocolis, il paraît. Qui ? Jean-Hubert, l'inventeur de la ventoline. Mais si, en 1892. Rappelez-vous. Vous avez forcément vu les affiches publicitaires aux longues naïades alanguies sussurant "la ventoline me ranime" ou "ventoline au matin, adieu le sapin". Si, si, je vous jure. Donc, Jean-Hubert, qui a découvert la ventoline un jour de brise légère qui retroussait des crinolines mousseuses, décida de baptiser son nouveau médicament de ce doux nom poétique. Et comme c'était un sacré soudard, au bout de trois mois de cour torride il eut droit à un bécot de sa bien-aimé à jupe légère et inventa un autre médicament, le béco'd'près, devenu bécospray avec l'abâtardissement général de notre belle langue ruiné par des apports immigratoires mal contrôlés. Oulala, la ventoline faut que j'arrête, je commence à croire tout ce qui se dit à la télévision.

Le bécospray, qui est le deuxième médicament qu'on doit enfiler dans la gargoulette à Sigmund matin et soir. Non mais franchement c'est facile cette histoire, faut coller le canon de l'espace sur sa bouille violacée, le convaincre de recommencer à respirer puis lui envoyer dans les naseaux de grandes giclées de vapeurs délétères, nonobstant les jolis noms des produits. Comment qu'il aime pas ça, le Sigmund, comment qu'il rechigne du masque à gaz. Y z'auraient pu faire des versions liquides des médicaments, quand même, ou solides, genre en forme de brocolis, puisqu'il aime ça le nain. Mais non. Autant dire qu'il m'a repéré le mouflet quand je me radine avec le spaciogun à la main, ou alors c'est quand je dis ventoline, peut-être. Comme en plus il continue à se fader les délicieuses séances chez le kiné (de fouine), genre la cave de l'inquisition vu qu'il y a toujours trois bébés en train de hurler dans les box et six qui attendent leur tour en tremblant dans la salle d'attente, bonjour l'ambiance quand on arrive, ben le Sigmund il est pas vraiment à la fête. Et qui c'est qui prend ?
Lola la girafe.