mercredi 26 décembre 2007

Brôôops

Ouais mais non c'est pas ma faute. Non, c'est l'autre truc, là, le cocktail de la mort pour lendemain de réveillon de noël (j'aime pas noël), le mélange hypra-gazeux qui te gonfle l'estomac comme un dirigeable Zeppelin et après ça s'enflamme tout pareil ou presque, bonjour la catastrophe de l'Hindenburg dans ton pauvre petit ventre hypercholestéroleux, y sont dingues de faire des cachets qui continuent à effervescer dans ton pylore pendant des plombes, ou bien alors chais pas c'est peut-être le boudin blanc qu'était pas frais. Peut-être. En tout cas le mélange aspirine-oxyboudine je le recommande pas, hormis que ça te sauve de cet espèce de poids dans l'estomac, là, j'aurais pas du reprendre de la dinde au saumon sauce marron grand veneur la quatrième fois, et de cet espèce de poids, là, sur les tempes, rouge sur blanc tout fout le camp, blanc sur rouge y'a tout qui bouge, ça doit être l'alocol de mandarine du dessert j'ai pas supporté, à moins que ce ne soit les cris de joie des sales moutards qui m'ont filé la migraine de noël, tu vois rouge avec des filaments blancs, si l'autre morveux arrête pas de taper avec son hochet sur la table qui résonne, je le jure au réveillon du nouvel an je sers un bébé rôti fourré au mytosil.

Ah oui, revenons un peu sur le cas de ce fourbe bébé de l'année qui passait son premier réveillon en famille. D'un coté, il a n'en a un peu rien à foutre de noël, le lutin maléfique, pasque franchement noël ou pas noël, tant qu'on lui file sa purée de brocolis, sa compote de banane et son lait chaud (c'est pas possible que ça soye mon fils), cet enfant est largement plus content qu'un bambin anxieux découvrant sous le sapin une boite 10 du meccano. D'un autre coté, il a bien senti qu'il y avait chapon sous roche vu le nombre de figures féminines qui se le passaient de bras en bras en une noria glapissante d'exclamations complètement crômignonesques et vu l'activité inhabituelle qui régnaient à la maison, les femmes occupées d'un coté à débiter de la poularde en veux-tu en voilà et les hommes absorbés de l'autre à essayer de réparer les jouets déjà cassés, la camelote chinoise y'a qu'à pas l'acheter bordel. Donc quand même y'a une certain ambiance, et le Sigmund il est très sensible à l'ambiance. En plus il se coltinait l'ensemble en satin rouge du costume de père noël pour bébé qui tourne depuis des lustres dans ma belle famille, bonjour l'apoplexie kitschissimme, j'ai fait des photos, tu peux compter que sa première petite amie y aura droit par lettre anonyme à la première capote de travers.

Alors il s'est mis dans l'ambiance de Noël, genre je me lève en criant à six heures du matin pour avoir mon cadeau. Le fait que son cadeau ça soye un biberon de lait bien chaud et qu'il se lève de toute façon tous les jours à six heures ne compte pas. C'était noël, et fallait bien participer à l'ambiance festive, notamment en chantant un chant de noël de bébé à trente centimètre de l'oreille de son père, son berceau ayant été transféré dans la chambre de ses parents pour parer à l'hébergement d'une belle-famille complète en état de marche. Un chant de noël de bébé, ça donne un truc style "Ouinnn, ouin ouin, ouiiinnn. Ouinnn, ouin ouin, ouiiinnn. Ouiiiiiin ouin-ouin, ouiiiiin ouin-ouin, OOOOOOUUUUUUIIINNNNNNNN-ouin-ouin, OUIN, OUIN, ouin, OUIN, OUIN, ouin (bis)..." à chanter sur l'air de Douce Nuit. C'est super. Pour fêter ça c'est mère qui s'est chargé du cadeau, moi de toute façon j'avais interdit qu'on en offre, ou alors juste du papier, son truc préféré du moment. Du coup il a rien eu pour Noël à part son bibi et un cadeau surprise du père noël (je soupçonne ma belle-mère) une fausse télé qui fait défiler un paysage bucolique à base de cochons qui gambadent en produisant un petite musique horripilante genre lambada jouée par un bandonéoniste argentin dépressif manchot.

Je me demande s'il y a un message caché.

mardi 18 décembre 2007

Le yoyo qui vomit

La nounou de Sigmund, toujours à la pointe de la technologie du bébé, s'est mise en tête de faire vivre au petit fourbe des Carpates de nouvelles expériences technicolor panoramique ta mère, histoire de lui développer la cervelle, le muscle et le goût des belles choses. Non, non, je ne parle pas de la diversification alimentaire qui continue bon gré, mal gré, je vous jure ce bébé il est pas de moi malgré ses oreilles décollées génétiquement acquises, c'est pas possible autrement, figurez-vous que ce petit brouteur de verdure adore le cèleri et les haricots verts en plus des brocolis, mais pas les carottes ni la pomme ni la poire. Ah ça quand même, pas aimer la poire faut le faire. Alors que son père et son tonton descendent volontiers une demi-bouteille d'alcool de poire entre le whisky et l'armagnac, moi je dis qu'il y a quelque chose de vicié dans le royaume de la génétique familiale, mais bon. Qu'est-ce que je disais ? Ah oui. Les nouvelles expériences de monsieur brocolis miniature.

La nounou a dans son appartement surchauffé plein de bébés hurleurs un magnifique youpala dont Sigmund profite désormais. Attation, c'est pas un youpala à roulettes comme je croyais que c'est super ses engins franchement y'a des jours si j'avais un youpala, moi, je crois que passerais ma journée à me promener pépouze les fesses au chaud et les jambes pendantes, avec un petit coussin dans le dos pour se tricoter des siestes impromptues ça serait le bonheur, ohoh oh oh. Mais non. C'est une espèce de youpala yoyo que j'avais jamais vu de ma vie, un truc dément, une nacelle accrochée par une grosse ficelle à ressort au plafond et réglée juste juste pour que les jambes du bébé elles frottent par terre du bout des chaussons trop grands qu'on lui a acheté franchement on dirait qu'il a des palmes. Manque plus que le tuba et le bonnet et hop t'as Cousteau dans un youpala qui gigote comme un dingue.

Pasque pour gigoter, ça gigote. Le machin a un ressort super-puissant qui permet à de petites pattes grêles d'arriver sans problème à donner une impulsion monumentale à tout le bouzin, et en trois secondes le Sigmund est embarqué dans une espèce de yoyo géant qui non content de le secouer avec la grâce d'un shaker géant occupé à confectionner un Pamper's (c'est un cocktail que j'ai inventé : une part de rhum, une part de jus de citron jaune, trois part de jus d'orange, une part de lait en poudre et un trait de mytosyl) le fait aussi tournoyer comme une des machines diaboliques que les cosmonautes utilisent pour s'entraîner ("Kamarad ? Kamarad ? Est-ce que ça va ? Très bien, très très bien, pour la Mère Patrie vers l'infini et au-delaouaargh") avant de s'envoyer en l'air dans des tas de boulons moins fiables qu'une poussette de compétition sélectionnée par une maman enceinte à fixette. Ah faut le voir le Sigmund dans son essoreuse à salade automatique, agité comme un sale gnome à talonnettes, tracté, propulsé, secoué dans tous les sens. Ah faut le voir, écroulé de rire.

Pasque bien sûr, il éclate de rire en se faisant centrifuger la tronche. J'ai souvent constaté cette louche attirance des bébés pour les machins qui les remuent exagérément genre les bras du Tonton Emile mais non t'inquiètes pas j'ai l'habitude de les envoyer au plafond comme ça, regarde il rigole, ah merde je l'ai pas rattrapé, ah c'est rien pleure pas comme ça c'est qu'une clavicule à la fin. Tous les bébés ont l'air d'aimer ça et rigolent comme des bossus dès que tu les envoies en l'air. Pourquoi comme des bossus, je ne sais pas d'ailleurs. Pourquoi pas des manchots ? C'est neurasthénique les manchots ? Plus que les bossus ? Bref. Les bébés, y rigolent, y rigolent, moi ma théorie c'est que quand tu leur remues le fromage blanc qui leur sert de cerveau, il doit y avoir de la pulpe qui se décolle au fond genre qui fait contact et hop ton bébé y rigole mécaniquement. Je vois que ça, de toute façon, vu que n'importe quelle personne bien éduquée qui se fait envoyer en l'air comme ça rigole pas du tout, sauf si c'est un astronaute ("Vizize maï job and aïe dou ite for maïe counetri, ah ah ah ah ah, holly motherfuckers, don't touch the red button").

Donc le Sigmund se marre comme une baleine à bosse. Pourquoi à bosse je ne sais pas. Mais il se marre en montant, il se marre en descendant, il se marre en poussant sur ses jambes, il se marre, il se marre.
Et puis il vomit.

dimanche 16 décembre 2007

Buck Sigmund

Sigmund avec son masque, ben on dirait Buck Danny, je vous jure. Il nous fait le coup de la respiration genre je prends trois G dans une ressource, l'oeil concentré sur le badin, les mains crispées sur le manche :



Respire, respire, ou bien c'est le voile noir !

vendredi 14 décembre 2007

Noël mon cul

Oulala, comme le temps passe, on est déjà à la mi-décembre et j'ai pas encore eu le temps de dire tout le mal que je pense de Noël. Ben ouais quoi y'a pas de raison, chuis comme les autres, mouâ, il est de bon ton de conchier Noël et ses fastes merdiques, y'a pas de raison, hein. Noël, c'est le mal avec du brillant dessus. Noël ça pue le sapin, et j'aime autant vous dire que la quantité de sapin utilisée pour Noël c'est rien du tout par rapport à la quantité de sapin dont on se sert pour faire des jolis boites avec des poignées dorées, j'en sais quelque chose. Bon ok les deux ne sont rien par rapport à la quantité de sapins utilisés pour faire les si jolis meubles de notre ami le suédois, dont je ne comprends toujours pas les plans, mais bon. Noël, c'est nul, y'a qu'à voir sur internet quand tu cherches je hais Noël. Tu m'as compris tu m'as. Depuis que je suis devenu adulte (vers 31 ans), ben Noël ça me broute grave. Et encore, j'avais perdu un truc de vue, c'est que Noël c'est fait pour les enfants. Et je vous le donne en mille, qui c'est le couillon de service qui se retrouve affublé d'un enfant cette année ? C'est bibi. Noël avec un môme, j'y crois même pas.

Ah mais ouais cette année noël c'est spécial avec un Sigmund, c'est sûr. Déjà va falloir éviter que le petit lardon ne se retrouve déguisé pour faire plaisir à mon amour-cromeugnon, si je ne veux qu'on me ressorte pendant des années ces photos où je tirerais la gueule en portant dans les bras une réplique miniature du père noël, avec la tenue rouge, les bottines fourrées et la barbe blanche en vomi de lait. Deuxième point, va falloir que je me débrouille pour couper à la corvée de me déguiser en père noël, paraît que c'est des choses que les papas font (font font), mais moi franchement me coller du coton sur les joues avec de la super-glue, ça m'angoisse un tantinet, ou alors je veux bien faire le père noël de Renaud, ça oui il était plutôt sympa ("tête au carré !"). Bon ceci dit je vais peut-être pas y couper vu qu'il y a aussi mes beaux-neveux prévus au programme (ceux de la triade asiatique). La fête des enfants, la fête des enfants, tu parles. Qui n'a jamais vu un père noël en train de brandir un inhalateur à bébé pour asperger des enfants terrifiés de ventoline n'a encore rien vu ni imaginé de ce que va être noël dans la maison de Sigmund.

Autre truc, faut absolument que j'arrive à maîtriser l'avalanche prévisible de cadeaux made in China. Pour des raisons d'empreinte écologique, déjà, et surtout pasque rien ne file plus la gerbe que cette profusion indécente de cadeaux pour nos enfants surgâtés. Le Sigmund a une chambre plus monacale qu'un moine zen en retraite (méditation, détachement des choses terrestre, eau fraiche et brocolis), c'est bien, y'a pas de raison de changer ça. Je pense qu'il se contenterait de quelques papiers d'emballage colorés et que ça suffirait à son bonheur, mais je ne suis pas sûr que le premier noël de ce petit elfe tyrannique ne soit pas souhaité par une belle-famille complètement abusée (oooh, comme il est cro-mignon) sous la forme d'un cohorte de cadeaux tous plus bruyants et pelucheux les uns que les autres. Je vais pas faire mon francis Cabrette, mêêêê il me semble que petit j'avais pas eu tant de cadeaux que ça, genre un par noël, un qu'on convoitait (le méccano, bon sang, le méccano). Une année, j'avais juste eu une orange, pasqu'on était pauvre dans la famille. Une autre année mon cadeau c'était le tonton de Sigmund. Total arnaque.

Ah oui, pasque je vous dit que je déteste noël, mais en fait le seul truc bien de la veille de noël c'est qu'on y fête l'anniversaire du tonton de Sigmund. Du coup je me dis que je pourrais rendre la monnaie de la pièce de mon arnaque au cadeau de quand j'étais petit. Et si je lui offrais un bébé cette année au tonton, hein, à la place de la playstation qu'il a commandée, hum. Avec un ruban, un joli papier (étanche) et tous les accessoires (mytosil compris). Agad', c'est presque pareil, un bébé c'est des heures de jeu interactif en perspective, fais gaffe tu viens de te faire blaster au vomi par un alien de huit kilos quatre. Ca pourrait lui plaire, qu'est-ce que vous en pensez ? Je ferais d'une pierre deux couilles, un petit frère heureux et je me débarrasse du boulet, c'est tout bénef. Et pour noël prochain, je me casse au Guatémala.
Je déteste noël, que je vous dis.

mercredi 12 décembre 2007

Un nouveau jouet

Hé oui, bravo à Gaïa qui a trouvé la solution de la devinette, il s'agissait bien d'une photo de l'intérieur du nouveau space pistolet de la mort machin à inhaler de Sigmund, mais bon franchement ça ressemble plus à un super gun de l'espace. C'est bien simple, depuis qu'on l'a je ne le lâche plus, je me régale, je joue tous les soirs le remake des sept mercenaires de Pluton-city, c'est un vrai carnage à la maison, je te gaze des aliens à la ventoline comme s'il en pleuvait, ah ah, qu'est-ce qu'on se poile. Je voulais vous mettre une photo en situation, genre le papa de Sigmund en treillis, chargeant fébrilement une nouvelle cartouche de ventoline dans son super-gun pour blaster une immonde larve bavante venue de l'espace, mais j'ai trouvé personne pour faire la figuration de la larve bavante, c'est dommage. Et mon amour-à-poumons-d'acier n'a pas pu prendre la photo, because elle était asphyxiée par les jets de ventoline. C'est ballot également. Brèfle, le principal c'est de garder une âme d'enfant (c'est à dire de faire n'importe quoi en couinant, genre).

Oui, vous avez bien lu, de la ventoline. C'est pasque Sigmund il est asthmatique des poumons. Pas le vrai asthme super méchant, mais l'asthme du nourrisson. L'asthme du nourrisson, c'est un asthme plus petit que le vrai asthme des grands, genre un bébé asthme, vous voyez, donc un asthme qui a des couches, qui boit du lait, mange occasionnellement des brocolis et fait n'importe quoi en couinant. Donc il faut le traiter assez vite, comme pour un bébé, avoir les outils adéquats, comme pour un bébé et surtout ne pas le laisser s'installer, comme pour un bébé ah non c'est dommage. L'asthme du nourrisson est à l'asthme très méchant ce que le Dexéryl est au Mytosil. Vous m'avez compris. N'empêche c'est embêtant cette histoire d'asthme pasque le Sigmund y tousse un peu comme la dame au camélia, avec des quintes flushs qui n'en finissent pas, oh dis donc Marguerite crache-la ta valda, mais le bébé y comprend rien à l'allusion littéraire. Les toux de bébé, c'est pire que les pleurs de bébés, hein, c'est très très difficile à supporter, faut s'entraîner, cette nuit on l'a laissé tousser dix-huit minutes d'affilée sans y aller, on a été très forts, à la fin il s'est arrêté tout seul. Il était tout bleu, mais bon. Oh la la, ça va, je blague, hein.

Laissez-moi plutôt vous parler de la ventoline. Ah la ventoline, rien que le nom est prémisse enchanteur de brises légères dans des crinolines mousseuses, de mollets découverts entre la bottine et le bas du jupon, tout un programme. Ventoline, que ce nom est beau, comparé à des horreurs lexicales comme brocolis, au hasard. Hum, donc bref. Je tiens à signaler que Jean-Hubert Ventoline n'aimait pas du tout les brocolis, il paraît. Qui ? Jean-Hubert, l'inventeur de la ventoline. Mais si, en 1892. Rappelez-vous. Vous avez forcément vu les affiches publicitaires aux longues naïades alanguies sussurant "la ventoline me ranime" ou "ventoline au matin, adieu le sapin". Si, si, je vous jure. Donc, Jean-Hubert, qui a découvert la ventoline un jour de brise légère qui retroussait des crinolines mousseuses, décida de baptiser son nouveau médicament de ce doux nom poétique. Et comme c'était un sacré soudard, au bout de trois mois de cour torride il eut droit à un bécot de sa bien-aimé à jupe légère et inventa un autre médicament, le béco'd'près, devenu bécospray avec l'abâtardissement général de notre belle langue ruiné par des apports immigratoires mal contrôlés. Oulala, la ventoline faut que j'arrête, je commence à croire tout ce qui se dit à la télévision.

Le bécospray, qui est le deuxième médicament qu'on doit enfiler dans la gargoulette à Sigmund matin et soir. Non mais franchement c'est facile cette histoire, faut coller le canon de l'espace sur sa bouille violacée, le convaincre de recommencer à respirer puis lui envoyer dans les naseaux de grandes giclées de vapeurs délétères, nonobstant les jolis noms des produits. Comment qu'il aime pas ça, le Sigmund, comment qu'il rechigne du masque à gaz. Y z'auraient pu faire des versions liquides des médicaments, quand même, ou solides, genre en forme de brocolis, puisqu'il aime ça le nain. Mais non. Autant dire qu'il m'a repéré le mouflet quand je me radine avec le spaciogun à la main, ou alors c'est quand je dis ventoline, peut-être. Comme en plus il continue à se fader les délicieuses séances chez le kiné (de fouine), genre la cave de l'inquisition vu qu'il y a toujours trois bébés en train de hurler dans les box et six qui attendent leur tour en tremblant dans la salle d'attente, bonjour l'ambiance quand on arrive, ben le Sigmund il est pas vraiment à la fête. Et qui c'est qui prend ?
Lola la girafe.

lundi 10 décembre 2007

Devinette

Alors, quoi que c'est hein ?



Le retour du pistolet de l'espace de Cosmos 99 ? Peut-être, peut-être...

samedi 8 décembre 2007

Apocalypse Brocolis

Non, je sais ce que vous allez dire, franchement, commencer la fameuse diversification alimentaire avec des brocolis c'est vraiment pas sympa. Non mais c'est vrai quoi, avec les brocolis de l'enfer. On aurait pu commencer avec un truc cool genre une pizza pepperoni ou un saint-honoré géant, mais non, la pédiatre elle a dit brocolis, comme quoi elle est pas forcément de mèche avec Sigmund. Pasque franchement, infliger des brocolis à quelqu'un c'est limite pas humain, la dernière fois que ça m'était arrivé, je crois que c'est mes parents qui voulaient me punir pasque j'avais cassé grand-maman, non, non, pas le vase de grand-maman mais bien grand-maman, je l'avais poussée dans l'escalier, adieu veaux, vaches, cochons et col du fémur. Et donc le brocolis, c'est maudit, d'ailleurs dans la bible y'a un truc sur les brocolis, c'est vous dire si c'est sérieux, un interdit, un anathème, je ne sais plus, en tout cas c'est en rapport avec Sodome, de la brocophilie ou un truc du genre. Et la femme de Lot changée en statue de brocolis. Bref. Donc les brocolis c'est l'enfer par leur gout inénarrable (de lapin) et leur fragance incomparable, une fois cuit.

Ouais bon le Sigmund il plissait son petit nez genre j'ai bien compris qu'il y a un truc pas net, là. On est à peine à une demi-heure de mon biberon durement gagné à la sueur de mon front et tout le monde s'agite déjà à faire des trucs bizarres qui sentent comme ma couche quand je déballe une taupe. Mais qu'est ce que vous allez me faire, hein ? Non mais c'est quoi cette histoire de babiquouque ? Oui pasque bon on a récupéré un babiquouque d'occase, c'est bien, mais bon là on l'a utilisé pour faire des brocolis donc c'est mort il aura goût à brocolis pour toute la vie, ça va pas être pratique d'avoir un babiquouque pour le brocolis, un autre pour les satanées courgettes, un autre pour les carottes du démon, etc, etc. Oui j'aime pas trop les légumes, c'est vrai. Bon. Là c'est vrai que ça se sentait qu'il y avait du nouveau dans l'air (et je ne parle pas de l'odeur écoeurante du brocolis), franchement le Sigmund qui voyait sa mère en train de courir dans la cuisine rapport à un couvercle plus vraiment étanche (ça mouline drôlement fort le babiquouque) et son père en train de vomir en disant des patenôtres d'exorcisme anti-brocolis ("Notre-père, euarrgh, qui êtes aux euaaaargghh..."), et puis les trucs genre la cuillère en plastoc, la chaise haute et la cuisine entièrement tapissée de sacs poubelles, c'est sûr qu'il y avait anguille sous brocolis.

Bon il y a eu droit le pauvre bébé. Attaché dans sa chaise de torture, les bras ligotés, et plaf la purée de brocolis dans le bec. Ouais, comme ça. Qu'au début bon, la déglutition c'était pas vraiment ça. Genre grand sourire et tout coule en dehors de la bouche. Mais bon, à force de lui carrer sa cuillère dans le bec, il a fini par capter le truc, je me suis dit que c'est à ce moment là qu'il allait comprendre sa douleur de pauvre brocophage forcé. Et puis non. Deux cuillerées, trois, puis quatre. Ah la vache, pas besoin de test ADN, c'est sûr maintenant c'est pas mon fils, il a l'air d'aimer ça les brocolis. Oh le petit fourbe végétivore, oh le petit traître brocoliphile, oh le sale petit bouffeur de navets. Il mange des brocolis et il sourit ! Cet enfant est un serial-killer en puissance, shame on me, j'ai du rater une étape fondamentale de son éducation, c'est pas possible, il finira par tuer quinze personnes dans un hippopotamus en hurlant à la libération de ses frères haricots verts, j'ai du rater un truc, c'est couru, pas assez de viandox dans son biberon au premier mois.

En plus, il avait l'air heureux, le petit fourbe. Ca a juste dégénéré un peu à la fin, pasque le Sigmund depuis un mois, quand il ne veut plus un truc, par exemple un biberon ou bien que je lui bourre la margoulette avec sa tétine pour qu'il me lâche deux minutes les baskets quand je regarde "Questions pour un champion" (j'adore la coupe de cheveux de Julien Lepers, ah ah, je laisse la main), et ben il fait prfffftftftftft. Mais si, vous voyez bien, genre, je joue du kazou ivre-mort pasque Marcel a apporté de l'eau de vie de framboise et qu'on se prend pour des schtroumpfs. Ok, aucun rapport. Vous voyez le kazou ? Vous faites comme un kazou, mais sans le kazou, au cas où. Ca y est ? Vous avez bien niqué votre écran avec des postillons plus gros que des têtes de brocolis ? Bon, voilà, vous avez compris le principe du prfftftftf de Sigmund. C'est assez relou, notez bien. Mais bon. Là, avec du brocolis, c'est pas relou, c'est tout simplement Apocalypse Brocolis right now in the kitchen. Le feu d'artifice du 14 juillet avec des fusées martiennes (oh la belle verte). Du napalm brocoliesque en cataracte. C'est tout juste si y'avait pas les walkyries en train de brailler derrière sur leurs chevaux de feu ; en même temps, même les walkyries si elles se prendraient un bon jet de brocolis fluo dans la gueule elles retourneraient fissa brailler au Whahala Walalha Whalhalha Waïkiki-club, la boite de nuit à la mode des dieux nordiques (vers la sortie nord de Tourcoing). La purée de brocolis dans la bouche à Sigmund, c'est l'enfer vert, tout simplement.

Dans le prochain numéro, on essaye avec les carottes.

jeudi 6 décembre 2007

Alone in the dark

Je me retrouve tout seul avec le Sigmund, vu que mon amour-tristounette est parti au loin pour de tragiques évènements familiaux et que mes parents sont rentrés chez eux, bien contents de se débarrasser de l'ourson des cavernes, oh qu'il est mignon mais de loin, de loin par pitié, argh non pas encore du vomi tout blanc sur mon pull, c'est pas possible ce bébé. Ouais, ouais, une soirée tranquillos pépouze avec le bébéchou à sa maman, autant te dire que s'il espère que ça va être de la tarte au lait ce soir, il se fourre la tétine dans l'oeil jusqu'à la fontanelle. Non pasque papa/maman c'est pas le même registre, on a pas la même vision de l'élevage de bébés, y'en a un que je nommerai pas qui pencherai plutôt pour le monde magique de mon petit poney et un autre que je ne nommerai pas non plus mais bon je le connais hyper bien pour qui ça s'apparente plutôt au dressage de caminos sauvages dans les vastes canyons déserts de l'ouest brulé de soleil. Ou un truc du genre commak mettant en jeu des cravaches et des lassos.

Bon, l'autre loustic, il se doute qu'il y a une couille dans le potage, hein. D'habitude, son monde n'est pas empli à ce point de grognements de basse gutturale (en plus y'a le tonton de Sigmund qu'est passé pour voir si j'avais besoin d'aide rapport aux lassos), mais plutôt des gazouillements relaxants d'un contralto maternel. Là, pas moyen de rigoler, dès qu'on tente une légère échappée du tapis d'éveil genre je vais voir tout seul si les fils de la prise tiennent bien au mur, rhôôô mais regarde moi ce bordel de fils c'est pas encore rangé tout ça, ben y'a la patrouille testostéronée qui intervient avec sa voix de stentor, nân mais dis donc fils de tanche veux-tu reposer ce routeur wi-fi hotspot wrt54g tout de suite c'est à papa, ça, pas touche. Hé, mais espèce de pistache à pattes (il a un pyjama vert), lâche cette télécommande tutsuite, t'as encore zappé sur Gulli alors que papa regardait MotorSportKanon, la chaine des moteurs et des nichons. Mais c'est pas possible, tu vas arrêter de grogner ou quoi, j'ai pas entendu la dame qui disait si c'était un V8 ou un V12 dans son soutien-gorge. Ah ça, c'est pas possible.

Ok, ok, on fait une partie de White Knights of fight, vas-y, ça va t'occuper. Alors, bon, tu tiens la manette comme ça. Nân. Comme ça. Nân, pas comme ça, cooooooomme ça. Appuie sur start. Start. Le bouton vert. Appuie. Coooooommme ça. Start. Appuie. Bon. Tu sélectionnes April Springtime, moi je prend Terrifior Slauthering. Vas-y. Non. Si. Vas-y. Appuie sur start. Ben c'est normal que t'y arrives pas, tu baves sur le bouton, il est glissant. Appuie. Sur. Start. Ok, j'appuie. On y va. Non, mais regarde l'écran. L'écran. Ah, ah, si tu bouges pas ton perso, c'est normal que je lui arrache la tête avec des mawashis. Ah ah. Trop facile. Start. Ouais, voilà t'as bien appuyé. Ouais très bien. On fait une autre manche. T'as perdu là, faut rappuyer sur start. Ouais. C'est bien. Ouais, pas mal, t'as esquivé mon double kick rotatif. C'est ma spécialité pourtant. Ah oui la boule de feu, pas mal, c'est le coup secret de ton perso, pas mal tu l'a trouvé, ouais, faut appuyer sur start et touche droite en même temps, très dur. Ah ouais, merde tu m'as mis ko. Bon je me concentre. Hé mais qui a bavé sur ma manette. Hein quoi ? Low kick balayette, encore ? Boule de feu ? Quoi, j'ai perdu ?

Bon, c'est pas l'heure d'aller au dodo, là ?
Nân pasque je comptais me commander une pizza et inviter quelques vieux potes. Pfff. Dodo ? Nân, pas dodo ? C'est que je suis crevé, moi, avec ces nuits trop courtes, non mais si tu vas pas te pieuter, je vais pas avoir le temps de me la faire cette soirée en célibataire avant d'aller me pager à neuf heures et demi pour rattraper un peu. Allez, dodo quoi. J't'ai mis de la poire dans le bibi, c'est pour ça que t'as la pêche ? Quoi ? Ah, tu vas poser une pêche. Ah ben super, tiens, allons-y, c'est la fête du changement de couche, j'suis parti pour deux plombes de nettoyage des dégâts, un low kick balayette de merdouille dans les dents qu'il se prend mon perso, là. Merde, j'aurai pas du prendre "Sigmund's dad" au début du jeu, mais "Caïpi Celibator", je crois. Ah comment que je me suis fait enfumer. En plus elle est drôlement longue cette manche.
Mais ousqu'il est le bouton Start, hein, ousqu'il est ?

mardi 4 décembre 2007

Y'a d'la dent là-d'dans

Non mais voyez-vous ça, voilà-t-y pas que le petit fourbe qui vient juste de passer le cap des six mois a décidé comme ça de se laisser pousser des dents. Sans rigoler, des dents. Non mais vous voyez le tableau ou quoi ? Qu'est ce qu'il veut faire croire celui-là, qu'il grandit ? Qu'il est grand ? Non mais n'importe quoi. C'est quoi ce bébé qui veut nous faire croire qu'il va devenir un petit garçon ? On n'est pas chez chez mémé. Peut-être c'est pour coller avec le coté Ourson des cavernes fils de Rahan, les dents du tigre et le collier tout ça. Mais bon, tout ce qu'il risque de gagner, le Sigmund masticateur, c'est que je lui fasse sauter les dents d'un double mawashi-dans-la-colle pour ajouter à mon collier et pouvoir me vanter à mes réunions tupperware-dents de sabre (on s'échange des recettes du temps des cavernes, on fait des blagues positivistes et on termine généralement après l'ingestion d'alcool de castor par faire une comparaison de çui qu'à le slip le plus moulant). C'est vrai quoi les dents c'est utile pour déchirer un cuissot de mammouth, un cuisseau de Graoumrph (le connard de la tribu de la rivière qui s'était égaré sur notre territoire, le gros naze, comment qu'on lui a fait sa fête) ou des bouts de bois (genre pour faire un épieu durci au feu, faut vraiment tout vous expliquer).

Nân mais c'est vrai quoi, comme si ça suffisait pas qu'il nous griffe régulièrement le visage, maintenant il va aussi pouvoir nous mordre. Déjà qu'on m'appelle Agato le balafré dans les réunions rapport aux estafilades cruelles qui parcourent nos avant-bras et nos frais minois de parents pas habitués à attacher les mains de leur rejetons dans son dos à chaque fois qu'on s'approche (je pourrais acheter des menottes, ça pourrait être pas mal, genre intervention de police pour chaque changement de couche, je suis sûr que la maman de Sigmund serait d'accord). Des fois que vous l'auriez pas vue, je vous signale que "Agato" c'est une blague. Bref. Ouais, donc. Maintenant il va pouvoir nous mordre ben ça promet c'est carrément la nuit du retour des bébés morts-vivants bouffeurs de cerveaux la casbah avec les nouvelles dents de Sigmund. Chais pas ce qu'il faut faire, moi, faut lui limer les dents ou quoi ? C'est ça ou on va y laisser des morceaux de barbaque à chaque moment d'inattention, je pressens. C'est vrai, quoi, on parle de la diversification alimentaire, mais c'est à quel âge qu'on peut tarter ses rejetons ?

Non mais franchement, se laisser pousser des dents, c'est pas un caprice inexcusable ? C'est quoi cette nouvelle mode ? Encore un coup fourré de ces crétins de jeunes qui ne savent plus quoi inventer pour se différencier les uns des autres dans un même conformisme bêlant de fausse révolte. Se laisser pousser des dents, n'importe quoi, est-ce que je me laisse pousser des ongles de pieds, moi ? Ou chais pas quoi d'autre qu'on laisse pas pousser d'habitude, genre les poils des oreilles ou le nez. Vas-y Sigmund laisse-toi pousser le nez pour voir si c'est pas mieux que les dents. Ah non chuis con, le nez c'est à l'adolescence et vu l'héritage familial tu va souffrir à cette époque là, avec ton nouveau pif comme un brise-glace alors que ton visage sera encore celui d'un enfant. Avec des dents. Mouais. En fait les bébés c'est comme les vampires, c'est quand les dents poussent qu'il faut commencer à se méfier. C'est le moment où ils deviennent pénibles à réclamer du lait ou du sang, à vouloir sortir de leur lit ou de leur cercueil et à émettre des grognements relous ou des hurlements à glacer le sang (enfin, pas trop glacé s'il vous plaît, juste frappé).

Enfin, au moins mon appareil photo trop perfectionné qui s'ajuste pile-poil sur les sourires pourra enfin fonctionner, vu qu'il repère la blancheur du sourire pour se déclencher et qu'avec le Sigmund il ne se déclenchait que quand l'autre ersatz d'escargot bavait suffisamment pour que sa salive brille sur son menton. Oui, peut-être. Même si on n'en est pas aux sourires ultra-brite, hein, pour l'instant il a une demi-dent et une micro-dent, en bas. C'est pas avec ça qu'il va nous la jouer dandy du piano à touches blanches ou Clark Gable de la ratoune, le bébé amateur, là. Fonctionnellement, on dirait que ces deux minuscules petits dents pointues ne sont là que pour te composter l'innocent doigt de papa occupé à te fourrer du polysilane plein l'entonnoir à gavage. D'ailleurs, c'est comme ça que j'ai su, hein, quand sa petite dent a transpercé mon index de part en part et que tétanisé de douleur, incapable de comprendre ce qui m'arrivait, j'ai vu son sourire railleur qui me disait "surprise !".
Vous avez dit fourbe ?

dimanche 2 décembre 2007

Struggle for life

Avant, tout était simple. Et maintenant...



Le petit fourbe nous dispute même la dernière caïpirinha !