Hé, faut pas me prendre pour un ptérodactyle, hein. Y'en a ras le bol quoi. Pourquoi qu'il y en a qu'ont le droit de se faire une chouette grève rigolote, et que nous pauvres parents harassés on aurait pas le droit de se faire une petite grève aussi, hein ? Non mais tant qu'à faire, puisque de toute façon c'est le bordel jouissif de pas faire ce qui est prévu. Que pour une fois on peut arriver en retard au boulot en bénissant intérieurement les grévistes pour ces quelques minutes volées au travail où l'on peut rêvasser pour soi, même compressés dans le métro comme des couches neuves dans leur emballage. Le plaisir de s'excuser d'un air compassé (forcément, à mon boulot) sur les aléas du transport quand on a eu plaisir à se taper une bonne petite marche dans les rues parisiennes en pensant pour une fois à autre chose qu'au sale bébé fourbe.

Brèfle. Service minimum, service minimum. C'est l'Etat qui devrait assurer un service minimum aux parents, ouais. Tiens demain je me mets en grève du bébé, histoire de retrouver pour quelques heures le goût oublié de la liberté des mes années passés qui me semblent déjà si loin. Ah ça va moins rigoler dans la poussette quand on va revenir de chez la nounou et qu'on verra toutes ces banderoles : "Sigmund t'es foutu, tes parents t'mettent à la rue", "Un bibi ça va, douze centre quatre vingt milliards de bibis, bonjour les dégâts", "Polysilane=SS", "Libérez les esclaves, les bébés c'est trop pourrave !". Et puis on sera en train de tourner en rond dans la cuisine en braillant "Aucu, aucu, aucu le my-to-syl" ou encore "Pa-rents solidaires, personne pour t'changer le derrière". Voilà, et là paf une vraie avancée sociale, tu te déclare en grève de bébé et t'as une nounou d'Etat qui vient s'occuper du monstre. Ca serait pas la belle vie ça ? Hein ? Quoi ? Je raconte n'importe quoi ?

Bon ok. C'est que j'ai pas encore récupéré tout le sommeil perdu, bien que les nuits soient remarquablement calmes depuis l'évènement-que-l'on-ne-doit-pas-nommer. Et puis bon la toussaint c'est pas une bonne période pour le travail, enfin je veux dire si, bonne pour les affaires, mais j'en ai ras le bol de bosser autant et de croquer des orteils à cette cadence infernale. Me faut des vacances, moi. Ah mince. J'ai encore oublié. Pas de vacances pour les parents. On se le coltine tout le temps. Tout le temps, partout. Pfff. Peut-être ça existe des colonies de vacances pour bébé de cinq mois et demi, bientôt six mois, bientôt diversifié alimentairement miam yabon les bons épinards et les haricots verts ça va te faire les pieds mon loulou. Des années de brimades alimentaires parentales à rattraper pour me venger. Ouais. Les endives ! Les pois frais ! Le chou-fleur ! Les betteraves ! Ouais ! Tiens ça me remonte le moral d'imaginer tout ce que je vais lui faire avaler.

Je vais me faire un petit single malt pour fêter ça.