jeudi 29 novembre 2007

Relâche

J'vous l'avais dit hein :



Hier soir c'était caïpi... cinq... hips.

mardi 27 novembre 2007

Ourson des cavernes

Le nouveau truc de Sigmund c'est de grogner comme un bébé ours. J'vous jure, c'est pas croyable. Au lieu d'articuler posément les habituels "areuh", "ta-ta" et "pouh" des bébés de son âge, cet espèce d'ahuri troglodyte grogne comme un grizzli en rut. Enfin bon, pour le rut je sais pas, j'ai jamais été à coté d'un grizzli en rut faut dire, je conçois que ça soye pas forcément l'endroit idéal pour se livrer à des activités sereines (genre tiens si je mettais en pots ma récolte de miel ? Ou mieux, si j'essayais mon costume d'ours pour le prochain bal masqué ?). Donc Sigmund grogne comme un ours, bon ok un ourson, pas content. Genre l'ours des cavernes de la Guerre du Feu qui commence à en avoir ras le bol des petits bonhommes avec leur feu et tout ça, leurs fausses fourrures en vrai polyamide et leurs barbes postiches toutes mal collées. Ca donne un truc genre "ammouarggrrhh" répété en continu jusqu'à ce que l'un de nous deux craque et lui enfonce son poulpe en peluche dans la gorge le prenne dans ses bras pour un calin.

Ouais pasque bon, paraîtrait que c'est pasque il commence à manifester ses envies, et notamment le désir qu'on le laisse pas tout seul, lui pauvre petite chose abandonnée, quand on se casse pour des activités aussi essentielles qu'aller plier trente tonnes de bodys secs ou nettoyer la porcherie de la salle de bains après la déferlante du changement de couche cacateuse. Pauvre petite chose abandonnée, faut le dire vite hein, franchement quand on connait la fourberie du bonhomme et là je vous prends à témoin des avanies qu'il nous a fait subir depuis un tout petit peu moins de six mois, on se demande qui est vraiment la pauvre petite chose brisée dans cette maison de fous qu'est devenue l'humble domicile familial. Non mais faut pas déconner, sans charre. Brèfle. Y'a comme qui dirait un consensus qui nous prétendrait que c'est aux parents de s'occuper de leurs enfants tout le temps. C'est merdique cette histoire, hein. J'ai pas que ça à faire, mouah. Et si il me pèse trop le boulet, pourquoi que j'aurais pas le droit de grogner aussi ?

Mouais, c'est vrai quoi, c'est pas malin. Imaginez si on faisait comme ça hein, tout pareil à grogner dès que quelque chose nous déplaît, ce serait le bordel, autant revenir à l'âge des cavernes. Chais pas moi, imaginez qu'il n'y ait plus de sandwiches mayonnaise-thon-rillettes le midi à la boulangerie (mon préféré) et que je m'assoie devant le comptoir en grognant genre je ne partirai pas sans mon sandwich ni ma part de tarte au citron meringuée, quoi ? Y'a plus de tarte non plus ? Aaaaouaaaaagrrrhhh, Grizzly papa de Sigmund être très colère, Grizzly papa de Sigmund commencer à grogner comme ours en rut, Grizzly papa de Sigmund risquer de tout casser dans boulangerie trop bonne si Grizzly papa de Sigmund pas avoir à manger, quoi ? Un sandwich au saumon ? Mouais bon ça va Grizzly papa de Sigmund bien aimer saumon pour d'obscures raisons qui lui échappent et qui sont sans doute génétiques (Grizzly papa de Sigmund pouvoir pêcher sandwich à la patte ?), miam, grmmmf, sluurp.

Du coup, je pourrais peut-être faire quelque chose pour aider ce pauvre Sigmund à s'exprimer. Je pourrais lui bricoler un truc avec des lumières "J'ai faim", "Je veux jouer", "J'ai le cul qui gratte". Ca éviterait les grognements. Va bien y arriver malgré son QI de footballeur, quand même. Les chimpanzés y arrivent bien, pourquoi pas Sigmund, hein. Et puis ça me simplifierait la vie, je pourrais mettre des lumières réponse "J'ai faim" -> "le bibi arrive", "Je veux jouer" -> "Je suis occupé, rappelez ultérieurement, "J'ai le cul qui gratte" -> " Ah c'est con pasque en plus t'as les bras trop courts pour te gratter". Ah non, pas de moqueries, on va encore dire que je suis un père indigne et appeler la ddass.

Bon ce soir je retourne dans ma caverne, surtout que Groumpf (aka le grand-papa de de Sigmund) et Groumpfette (aka la grand-mère de Sigmund) débarquent pour quelques jours de pouponnage intensif. Comment qu'il va leur faire les pieds le Sigmund, ah ah, j'en rigole d'avance. Moi je vais me faire une semaine de repos, ça va pas traîner. Des restos, des cinés, de la copulation illicite dans les fourrés, de l'alcoolisation massive dans les atmosphères enfumés des bars sordides où l'on me reconnaîtra comme le fils prodigue de retour pour s'en prendre une sévère, où je pourrais m'épancher et pleurer le sort douloureux qui m'accable sur les épaules amies de parfaits inconnus plus saouls que moi, bref de la rigolade, de la bonne, comme en ces temps joyeux où je pouvais soigner mon vague à l'âme par de l'excès alcoolisé au lieu d'en être réduit à me faire des rails de mytosil au fond d'une couche, tout ce que j'y gagne c'est d'avoir la narine bien hydratée.
Tiens c'est simple, je décrète la semaine à venir semaine officielle de la caïpirinha.

dimanche 25 novembre 2007

Lumière

Comme tous les bébés, Sigmund a une obsession pour les lumières :



Elles l'attirent comme les lampes bleues de mon enfance attiraient moustiques et moucherons.
Me reste plus qu'à acheter la grille qui les électrocutaient.

vendredi 23 novembre 2007

Ah c'est malin

Ah c'est malin, tiens, avec toutes vos conneries de comme quoi j'étais un mauvais père qui torturait son enfant avec des bains glacés et ben maintenant je me suis fait coller un procès par la LPB. Ah vraiment c'est malin. Comme si j'avais que ça à faire avec tous ces petits vieux qui font rien qu'à clamser en ce moment à cause des salauds de grévistes/terroristes tellement honteusement privilégiés qu'ils peuvent aller se pavaner au Fouquet quand ils veulent avec leur retraite mirobolante et leurs primes délirantes acquises sur notre dos. C'est que j'en ai du formol à injecter dans des artères, du coton à bourrer dans des joues, des fards à passer sur des peaux bien trop haves. Tout ce travail et me voilà, innocent père de famille, acculé (oh je vous en prie, hein, pas de blagues salaces) à chercher l'aide d'un défenseur capable de témoigner de mon extrême amabilité et du soin que je prends à l'entretien de ce petit pedzouille délicieux bambin de Sigmund.

Quoi ? Vous savez pas ce qu'est la LPB ? Vous avez bien de la chance. Hein ? Oui. La LPB évidemment c'est la ligue de Protection des Bébés. Ah ça ils sont beaux les sous-marins du complot international de la fourberie bébétesque. Quelle engeance, avec leurs culs-serrés de pochtrons lactovores et leur mines compassées d'empêcheurs de pouponner sans tabou en rond. Voilà-t-y pas qu'après les derniers commentaires je reçois un mail fort peu amène de la LPB m'annonçant la visite imminente d'un inspecteur de ladite, d'un commissaire de police, d'un serrurier et d'une nounou non agrée. Mince que je me dis, mais qu'est-ce qu'ils me veulent les argousins, ça va pas la tête de croire que je m'amuse à balancer le Sigmund huilé au dessus d'un carrelage. Même si bon, je l'ai fait deux-trois fois, mais qui ne l'a pas fait me jette la première couche (propre) (ahlala, quelle rigolade ses petits cris de terreur).

Les voilà donc hier soir dans l'appartement familial, le policier ayant forcé la porte avec ses outils de cambrioleurs, on sait comment ils sont ceux-là, et le serrurier lui se promenait partout avec sa sacoche en cuir à la con, sa salopette graisseuse et la gapette idoine qu'il n'arrêtait pas de toucher du doigt en reniflant sur son mégot éteint des formules scabreuses parlant de barillet. Pendant ce temps la nounou non agréée ricanait dans son coin en scrutant la pauvre feuille de calcul que j'ai eu tant de mal à faire pour calculer les salaires de la nounou de Sigmund, mais si c'est facile tu mets le nombre d'heure là, le nombre de jour ici et plouf ça te calcule combien qu'il faut payer c'est pas dur sauf que là ça calculait plus j'avais l'air d'un con à la place ça mettait un message marqué "Nique ta mère", sans doute Sigmund qui avait saboté le boulot.

Du coup c'est que j'essayais d'expliquer au gars de la LPB comme quoi, faut pas déconner, une innocente jonglerie c'était rien du tout par rapport à l'océan de fourberie de ce petit Sigmund et de toutes les crasses qu'il fait à ses parents sauf dormir pasque là ça va bien mais ça pourrait pas durer vu qu'il y a des trucs durs dans sa gencive je sais pas ce que c'est mais ça pourrait être des dents, peut-être. M'en fous, on a prévu du dolodent supervitaminé qui nous vient des States, la vie de ma mère ce produit tu le mets ton bébé il a même plus mal aux dents, ni aux gencives, ni à la bouche, en fait il est raide mort dévoré par l'acide, mais au moins il ne crie plus. Je lui racontais au gars les mille et un tours pendables de mes couilles joués par le sale lardon, et sans transition je suis passé en jugement devant le juge, oui, oui, devant le juge qui me sermonnait en prenant outrageusement la défense de Sigmund et des bébés en général comme si j'étais un monstre, limite s'il avait pas une tétine à la place du marteau le juge tellement il était du coté des bébés. Et en plus j'étais condamné à travailler dans une crèche ou quelque chose comme ça mais je me rappelle plus pasque je me suis réveillé.

Plus jamais de raclette solo le soir. PLUS JAMAIS

mercredi 21 novembre 2007

L'expérience du froid

Je me demande bien si les bébés ont froid ou pas. Non pasque comme ils sont réputés pleurer quand quelque chose ne va pas et que Sigmund peut devenir plus bleu qu'un schtroumpf sans perdre le sourire, peut-être que le système nerveux du froid des bébés il est pas bien fini, hein. Quoi ? Quel système nerveux du froid ? Ben le truc là que quand il fait froid lentement tes pieds ils s'engourdissent, que la peau de ta main devient sensible aux petits chocs douloureux, que les centimètres carrés de peau à nu sont rouges et piquants, que tu as la peau des couilles qui se plisse / les tétons qui se figent (rayer la mention inutile) et que surtout tu repenses avec terreur à ce jour maudit de ton enfance où ce connard de jean-claude martin a fait exploser ton oreille gelée avec sa célèbre pichenette surprise pour faire rigoler tout le préau. Ce genre de froid, voyez. J'ai l'impression que les bébés ils ont pas toutes ces sensations, encore que pour jean-claude martin ça soye normal, il est mort maintenant, d'un ulcère perforé causé par le remord de toutes les brimades auxquelles il a soumis une classe entière de 5èmeB (on peut toujours rêver).

Pasque c'est évident que le Sigmund il a méchamment glagla des fois. Bon, je sais qu'il faut pas se fier à la température des mains, vu qu'elle varie du très chaud au très froid en moins de temps qu'il n'en faut à un bébé standard pour te gerber dans le blouson quand tu le tends à la nounou. Dans sa poussette, à l'extérieur, par moins quinze, déguisé en ours polaire, Sigmund a les mains plus chaudes que le cul de frédérique bupois (la copine à jean-claude martin, mais personne n'a vérifié). Dans sa chambre modérément chauffé, avec sa turbulette armoriée, son lit suave et son ambiance cosy, Sigmund a les mains plus froides que celle de jean-baptiste mélégon (aucun rapport avec jean-claude martin, il s'agit de la dernière personne a qui j'ai fait un brin de toilette mortuaire). Non, on n'est pas des parents nés de la dernière pluie, on sait que la température des mains n'est pas le bon indicateur.

Non, pour un Sigmund le bon indicateur c'est la peau des couilles et la taille du gnocchi. Pasque là tu vois tout de suite son niveau d'hypothermie. Avec le simple moyen mnémotechnique suivant : Rocco=j'ai chaud, p'tits pois=j'ai froid. C'est facile à retenir. Vous pouvez le chanter sur l'air "I will always love you", ça facilite. Ou bien "la bite à dudule" si vous préférez, vous faites ce que vous voulez, de toute façon les airs des chansons c'est fait pour qu'on les recycle, moi je chante bien "maman les petits bateaux" sur l'air de "L'aigle noir" et la chanson du mytosil sur "Fernande", alors voyez. Vous la connaissez pas la chanson du mytosil ? Ah. C'est pas grave notez bien, mais bon elle est pleine de rimes riches genre c'est facil', sur le fil, c'est débile etc. Je vous l'enregistrerai un jour et le monde ébloui reconnaîtra mon talent de grand chanteur lyrique, y compris cette pauvre tanche de jean-claude martin. Ah non mince c'est vrai il est mort assassiné par un serial-killer, on l'a trouvé nu avec ses oreilles tranchées fourrées dans la bouche. Pfff.

Quand c'est l'heure du bain et que le Sigmund est à loilpé sur la table de torture et qu'on te le couvre de savon en chantant la chanson du savon (on est très chansons à la maison, c'est un peu comme vivre dans un juke-box permanent. Enfin un juke-box sous acide coupé au mytosil, pour être exact), ben on voit bien qu'il a méga-froid, ses couilles on dirait deux grains de maïs dans un dé à coudre. Mais y dit rien, il chante avec nous la chanson du savon (il fait des bulles pasqu'on lui en met toujours sur la bouche) et même la température extrême du bain n'a pas l'air de lui changer la vie (je suis les préceptes du docteur Barnabé Dodmother, pour qui donner un bain à un bébé c'est comme ébouillanter un homard, les élastiques pour les pinces en moins). En gros ce bébé il est température-proof, c'est affolant.
Bon, il ne me reste plus qu'à lui faire le test de la pichenette de l'oreille en souvenir de jean-claude martin (paix à ses cendres).

lundi 19 novembre 2007

Sigmund fait la fiesta

Je voudrais pas être genre celui qui tend la perche pour se faire battre avec un nouveau sujet polémique (ta mère), et comme j'ai pas le temps de vérifier sur internet s'il y a des factions opposées de mamans (vous avez remarqué, ce sont les mamans qui s'étripent sur internet à propos de leurs rejetons) à propos de s'il faut trimballer ou pas son bébé quand on sort, tant pis j'y vais au feeling, on verra bien si les ptérodactyles affamés de donnage de leçon fondent sur le pauvre petit papa de Sigmund innocent. Ouais d'abord. Bon pasque c'est tout ça, hein, mais samedi on avait une invitation, j'en reviens toujours pas, des gens qui nous invitaient alors qu'on est devenu des infréquentables relous affublés d'un boulet qui nécessite une logistique particulièrement rebutante pour les hôtes potentiels (genre t'es sûr qu'il n'y aura pas trop de bruit dans la chambre et t'as prévenu tout le monde qu'il ne fallait pas fumer). En plus c'était de la raclette et moi la raclette, ça illumine ma vie presque autant que les gaufres c'est dire.

Ouais pasque bon c'est vrai qu'une soirée raclette de quinze personnes, c'est pas vraiment un spectacle pour les enfants, hein. C'est pas qu'on est mal élevés, c'est que la raclette, ben faut respecter les rituels pour que ça soye vraiment bon. Le fouet, le bâton, le lac ah non ça c'est pour la fondue. Faut qu'il y ait des fils de fromage durci jusque dans nos cheveux fous, faut qu'il y ait pénurie de patates, faut qu'il y ait du vin blanc chaud pasque ton verre il était à coté de l'appareil, faut qu'il y ait le gars bourré qui fait chauffer son jambon dans l'appareil et puis qui le verse sur son fromage froid, faut qu'il y ait bataille pour le dernier morceau de fromage mais oh regardez les gars finalement il en reste un kilo ah chouette vas-y remets des patates, faut que l'odeur de fromage soit imprégnée bien bien dans tes vêtements, faut qu'il y ait de l'eau glacée pour bien te figer le fromage dans le bide comme ça tu fais des rêves rigolos, faut qu'il y ait le gag du plateau de fromages à la fin, faut qu'il y ait un dessert léger genre tiramisu à volonté. Autant dire que c'est pas un monde de bébés, le monde de la raclette, hein. Ca rigole pas.

Déjà on se demandait si amener le Sigmund c'était pas un peu risqué rapport à l'odeur. Non pasque se réveiller le matin pour filer un biberon à un bébé qui sent la raclette, je pense que c'est moyen comme expérience de la paternité réussie. D'un autre coté, le Sigmund au matin c'est pas vraiment les mille effluves de l'orient ou alors plutôt coté tannerie des mille et une nuits, un dirham la paire de babouches en cuir décoré. Et pis y'a le problème du lit mais ça c'est pas embêtant, j'ai pris tous les manteaux qu'étaient posés comme des cons sur le lit, j'ai fait un petit nid bien bien david douillet du coté doublure et c'était hyper confortable, sauf que Sigmund a vomi dedans, c'est pas grave ça a presque la même odeur que la raclette froide personne a rien remarqué (on est parti avant). C'est une bonne idée cette histoire de manteaux, la maman de Sigmund elle en a profité pour en écraser un peu elle-même discrétos pendant que je finissais mon troisième kilo de fromage.

Oui pasque bon on se faisait du souci rapport au sommeil de Sigmund, est-ce qu'il allait supporter le bruit tout ça, et se rendormir sans trop nous faire braire en cas de réveil intempestif, genre où j'ai mis mon putain de briquet il était dans la poche, hé mais c'est quoi ce truc qui bave sur mon blouson ? Pasque depuis l'évènement-qu'on-ne-doit-pas-nommer, le Sigmund dort super bien (sauf qu'il est balade, mais bon) alors on voulait pas tout foutre par terre. En même temps pour une raclette, moi je suis prêt à le vendre le Sigmund. Et ben ça été du gateau (un carrot-cake avec de la crème au beurre pour le dessert, je vous jure que c'est vrai, c'est passé comme un colissimmo suivi à la poste). Même quand y'a des couillons qui sont rentrés dans la chambre en hurlant (une histoire de gage sodomique), le bébé réveillé leur a fait son fameux sourire baveux qui tue avant de se rendormir avec un moue d'angelot surpris en train de s'astiquer l'auréole. Trop facile. il n'a pas râlé non plus quand je l'ai réveillé pour l'emballer dans son sac de couchage portable, alors que mon amour-à-bidon-explosif elle grognait comme un grizzly à qui on a piqué son saumon fumé.

On est rentré peinards vers quatre heures, le Sigmund sous le bras, sitôt couché sitôt ronflant. Moi j'étais de bonne humeur pasqu'en dessert de la raclette (en plus du gateau) y'avait des caïpirinhas trop bonnes, et que trois ça va, cinq bonjour les dégâts et toi-làmatelas. Vraiment une bonne soirée, hein, je me suis endormi un peu avant cinq heures.
Et à cinq heures et demi, biberon.

samedi 17 novembre 2007

Boulard

Les bébés ont définitivement :



Un gros boulard.

jeudi 15 novembre 2007

Grève du bébé

Hé, faut pas me prendre pour un ptérodactyle, hein. Y'en a ras le bol quoi. Pourquoi qu'il y en a qu'ont le droit de se faire une chouette grève rigolote, et que nous pauvres parents harassés on aurait pas le droit de se faire une petite grève aussi, hein ? Non mais tant qu'à faire, puisque de toute façon c'est le bordel jouissif de pas faire ce qui est prévu. Que pour une fois on peut arriver en retard au boulot en bénissant intérieurement les grévistes pour ces quelques minutes volées au travail où l'on peut rêvasser pour soi, même compressés dans le métro comme des couches neuves dans leur emballage. Le plaisir de s'excuser d'un air compassé (forcément, à mon boulot) sur les aléas du transport quand on a eu plaisir à se taper une bonne petite marche dans les rues parisiennes en pensant pour une fois à autre chose qu'au sale bébé fourbe.

Brèfle. Service minimum, service minimum. C'est l'Etat qui devrait assurer un service minimum aux parents, ouais. Tiens demain je me mets en grève du bébé, histoire de retrouver pour quelques heures le goût oublié de la liberté des mes années passés qui me semblent déjà si loin. Ah ça va moins rigoler dans la poussette quand on va revenir de chez la nounou et qu'on verra toutes ces banderoles : "Sigmund t'es foutu, tes parents t'mettent à la rue", "Un bibi ça va, douze centre quatre vingt milliards de bibis, bonjour les dégâts", "Polysilane=SS", "Libérez les esclaves, les bébés c'est trop pourrave !". Et puis on sera en train de tourner en rond dans la cuisine en braillant "Aucu, aucu, aucu le my-to-syl" ou encore "Pa-rents solidaires, personne pour t'changer le derrière". Voilà, et là paf une vraie avancée sociale, tu te déclare en grève de bébé et t'as une nounou d'Etat qui vient s'occuper du monstre. Ca serait pas la belle vie ça ? Hein ? Quoi ? Je raconte n'importe quoi ?

Bon ok. C'est que j'ai pas encore récupéré tout le sommeil perdu, bien que les nuits soient remarquablement calmes depuis l'évènement-que-l'on-ne-doit-pas-nommer. Et puis bon la toussaint c'est pas une bonne période pour le travail, enfin je veux dire si, bonne pour les affaires, mais j'en ai ras le bol de bosser autant et de croquer des orteils à cette cadence infernale. Me faut des vacances, moi. Ah mince. J'ai encore oublié. Pas de vacances pour les parents. On se le coltine tout le temps. Tout le temps, partout. Pfff. Peut-être ça existe des colonies de vacances pour bébé de cinq mois et demi, bientôt six mois, bientôt diversifié alimentairement miam yabon les bons épinards et les haricots verts ça va te faire les pieds mon loulou. Des années de brimades alimentaires parentales à rattraper pour me venger. Ouais. Les endives ! Les pois frais ! Le chou-fleur ! Les betteraves ! Ouais ! Tiens ça me remonte le moral d'imaginer tout ce que je vais lui faire avaler.

Je vais me faire un petit single malt pour fêter ça.

mardi 13 novembre 2007

Pleurage

On a été trop forts, je vous le dit. On se tenait la main dans le lit en gigotant convulsivement, mais on a été très forts. Quatre heures du matin, pas de risque que ce con de réveil ne me glougloute sa sonnerie dans les oreilles. Pas un bruit. Enfin, pas un bruit habituel de la nuit mais plutôt un seul bruit. Le seul bruit dans l'appart, l'étage, la résidence, c'est le petit Sigmund qui s'est réveillé comme à son habitude et qui ne comprend pas pourquoi un de ses deux couillons de parents ne vient pas le réconforter et plus vite que ça. Bonjour la sirène. Pas celle qui attire Ulysse, celle des bombardements sur Londres ou Dresde. Du bon gros volume bien puissant qui fait vibrer la cloison, décroche les tableaux et découd tous les fils de la couette. Mais pourquoi qu'il pleure comme ça ce sale bébé, hein ? Pasqu'on y va pas. Ben oui, quoi, nous on l'a laissé pleurer comme prescrit.

Ouais pasque bon on s'est fait remonter les bretelles vu qu'on se levait pour aller voir. La pédiatre elle nous a rit au nez, quoi vous vous levez, vous êtes vraiment trop cons. C'est plutôt vous qui devez prendre du zymaduo vu qu'il y a visiblement du mou dans la corde à noeud. On a le plafond qui tombe à ce que je vois, la comprenette qui vire à la semoule trop cuite. Trop bons, trop cons. Pourtant j'essayais de me rappeler qu'elle était sans doute de mèche avec Sigmund, mais impossible de comprendre à quoi elle jouait la Sherlock Holmes du cul pelé, là. Elle continuait à nous pourrir la gueule. Quoi vous vous levez la nuit ? Mais vous avez rien compris. Faut vous faire opérer du cerveau, encore Madame je comprends tout le monde sait que la moitié de vos neurones sont partis dans le bébé mais vous Monsieur vous m'avez pas l'air trop pas normal comme ça quand je vous regarde à part votre slip enfilé sur votre pantalon et vos cheveux coupés par un coiffeur militaire sous trip hippie au LSD. Faut pas vous lever, que je vous dit.

Bon on s'est pas levés, hein. On était sereins, hein, décidés à pas y aller pendant qu'il s'étouffait dans son vomi où je ne sais quoi. Se-reins. C'était pas comme si j'imaginais des trucs horribles en train d'arriver. Pas du tout. Ce bruit là, c'est pas le jouet en peluche qui est en train de s'enfoncer dans sa gorge ? Ce craquement, là, c'est pas son pied qui est coincé entre deux barreaux ? Le barreau craque ? Les deux barreaux craquent ? Le fémur craque ? Et ces râles, là, c'est pasqu'il a bouffé la bourre de sa turbulette ou c'est moi qui me fait des idées ? Et ce cri, là, bordel c'est quoi ? Jamais entendu, ça. On dirait la clenche de la fenêtre juste avant le bruit horrible, le craquement c'est peut-être le volet ? Mais il y a un bruit de reptation, non ? Mon amour, je crois qu'il y a un ptérodactyle dans la chambre du petit, je peux aller voir ? Non. Forts, sereins, on a dit. Forts, tranquilles. Forts, inflexibles. Forts, boyards. Pas bouger, pas allumer, pas aller voir. Et comment je vais remplir le bloug moi si un ptérodactyle mange le petit ? Hein, tu y as pensé à ça ? Comment-ça ferme-là il va t'entendre ? Ca m'étonnerait qu'il entende quelque chose avec ses oreilles arrachés par des crocs tranchants, d'abord. Combien de temps passé ? Ben là ça fait deux minutes.

En tout il a fallu dix-huit minutes pour qu'il se rendorme. Pour moi évidemment c'est rapé pour la nuit. La preuve, j'suis là comme un couillon à quatre heures dix huit du matin à taper sur cet ordin, après avoir rebordé le petit monstre et jeté le ptérodactyle dans les chiottes. Qu'est-ce que pourrais bien faire, tiens ? Qu'est-ce que ça donne pterodactyle sur google ? Oah, ooh, aaah, qu'est ce que c'est chouette. Hum. C'est nul ouais. Et l'autre patate qui ronfle tranquillement maintenant. Et mon amour-à-résistance-maternelle-surhumaine qui a replongé dans un sommeil profond comme la fosse des mariannes (celle où on jette les vieilles mariannes décrépites, notamment Brigitte Bardot qui n'a plus aucun intérêt). Et si je cherche "pterodactyle marianne" ? Ah tiens, c'est encore plus nul.
Paraît qu'au bout de trois nuits il aura compris. Ben moi au bout de trois nuits je sais pas dans quel état je serai, honnêtement.
Ni les voisins.

dimanche 11 novembre 2007

Je veux ça

Le bougre commence à réclamer ce qui lui passe devant les mains,...



...devant les yeux.

vendredi 9 novembre 2007

La bite de Descartes passée au mytosil

Non mais franchement, mes certitudes cartésiennes vacillent. Je ne sais plus à quel saint laïque et scientiste me vouer, me raccrocher. Le spectre du surnaturel est passé sur notre maison, et nos certitudes matérialistes ont été soufflés par le vent fétide et racoleur des perversions spirituelles. Non mais sans déconner. J'ai rien connu d'aussi étrange depuis la fois où mon grand cousin Emile m'avait guéri d'un coup de soleil par imposition des mains et cataplasme à l'escabèche (il vit dans le sud). Attendez que je vous raconte, et si vous êtes quelqu'un de sensé et de naturellement rétif aux sirènes du surnaturel crétinoïde, vous n'allez pas en croire vos oreilles, vous allez accrocher des chapelets d'ail, vous allez raccrocher les crucifix, bénir les berceaux, chanter des hosannah et d'une manière générale ne pas me croire absolument pas du tout. Mais bon, je jure de dire la vérité, rien que la vérité, avec des gros mots certes, mais rien que la vérité.

Non pasque comme on en avait un peu marre de se réveiller pour les biberons à cinq heures du matin, ça fait trois soirs de de suite que mon amour-à-idées-foldingues et moi on chapitre le petit Sigmund au moment du coucher pour lui expliquer qu'il faut qu'il dorme jusqu'à sept heures le lendemain. Oh ça va, hein, arrêtez de ricaner. Je sais, ce n'est qu'un bébé -extrêmement fourbe-et donc y'a peu de chances qu'il comprenne quoi que ce soit à ce qu'on lui raconte avec des grimaces dignes de Louis de Funès qu'aurait avalé un tube de mytosil mais bon. Ca va, ça va, je sens bien que vous vous bidonnez derrière votre clavier en se disant non mais qu'ils sont tartignolles le papa et la maman de Sigmund, c'est pas vrai quand même, jusqu'au trognon qu'il se sont fait posséder par le petit palmipède, complètement nazebroques de la coiffe, avariés de la comprenette, ravagés du ciboulot. Hein que vous êtes en train de vous payer notre fiole. Moi-même je ne suis pas très fiérot. Franchement demander à un bébé de ne pas se réveiller avant une certaine heure, c'est comme demander à un castor de bien vouloir remettre cette branche où il l'avait prise, à un raton laveur d'arrêter de se fourbir la peluche, à un ptérodactyle de ne pas manger le petit crétin d'enfant glapissant qui est sorti de la voiture mais qu'est-ce qu'on t'avait dit, crétin. Impossible que ça marche.

Ben ça marche. Le petit crevard dort depuis trois nuits jusqu'à sept heures. Et en plus il se réveille en douceur pour réclamer son biberon, en criant comme un bébé ptérodactyle mais genre le ptérodactyle tranquille qui a fait la fiesta la veille et qui s'est bien amusé, en plus ses copains lui ont offert un petit gamin à dévorer et une bouteille de gnole, faut dire c'était son anniversaire ils ont tous fêté ça en dansant comme des oufs à la boite "Le Jurassik". Le bébé tranquille qui laisse dormir ses parents. Peinard. J'ai de la peine à y croire. Putain, réveillé par un réveil ce matin, c'est-y pas croyab'. Le chant glougloutant d'une fontaine dans le sous-bois au lieu des cris perçants d'un marcassin en train de se faire maraver ses glands par un écureuil facétieux. Remarquez, je me suis levé pareil hein, moi la sonnerie "chant glougloutant" elle me file l'envie d'aller pisser. Bon faut que je la change. Maintenant que le réveil va resservir je peux peut-être essayer de trouver la notice pour remplacer la sonnerie "source - tu files aux cagoinces" par "vagues - tu te rendors en rêvant de la mer de chine".

Le truc c'est qu'on m'avait dit de le faire et je l'avais pas cru. Evidemment. Quelqu'un qui me raconte un truc comme ça, j'ai tendance à croire qu'il a sniffé du zymaduo ou qu'il fait un rail de coke avec un mouche-bébé. Je crois même que ce sont les fameux conseilleurs qui nous en avaient parlé, et que j'avais du avoir une réaction sobre et mesurée, genre éclater de rire en leur jetant des cailloux. Je fais moins mon malin maintenant. Le pouvoir de la parole, putain. Mais comment ça se fait qu'il nous écoute maintenant et que dans dix ans quand on hurlera trente fois "range ta chambre, bordel à cul", tout ce qu'on aura en retour ce sera une augmentation du volume de la stéréo avec un grommelage genre "va chier vieux con". La vie est mal faite. Vraiment. Genre t'es pas superstitieux, mais à cause d'un sale bébé tu commences à douter, ce matin j'ai versé un peu d'eau bénite sur le guidon de mon vélo et j'y ai collé un saint-christophe pour être sûr de pas me faire défoncer le crâne par un camion-poubelle. Si ça se trouve dans deux mois je crois en dieu. N'importe quoi. La faute à Sigmund.
Bon sang, je n'arrive pas à trouver d'explications rationnelles. C'est pas normal, c'est paranormal. Me faudrait un Muldy et et une Sculler pour me débrouiller tout ça. Me faudrait surtout un bon remontant, hein, je suis sûr qu'il y a une histoire de possession là-dessous.
Tiens je vais foutre de l'ail dans son jouet préféré.

mercredi 7 novembre 2007

Chatouillages, chatouilleries

Ah ça le Sigmund, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a l'humeur changeante, hein. Des fois tu lui fais des trucs qui le font rigoler aux éclats et genre dix minutes après il s'en tape comme de la première vertèbre brisée du cou de Lola la girafe. Genre tu cries comme un fou dans la salle de bains, hé vient voir ce qu'il fait maintenant et paf quand ton amour-sublime-du-calin déboule l'autre petit morpion fait la momie qui bronche pas. Quelle engeance. D'un autre coté, nous aussi on a l'humeur changeante alors je vois pas pourquoi un bébé l'aurait pas, hein. Moi aussi je passe d'un humeur grognonne le matin à une humeur morose au boulot, puis d'une humeur sombre à midi à une humeur dépressive l'après-midi pour retrouver mon habituelle humeur râleuse le soir avant de me coucher d'humeur dégoutée (de devoir recommencer le lendemain). Donc le bébé il a le droit de changer d'humeur si il veut. Voilà. Sauf que là des fois on se pose des questions quand même, mais bordel mais qu'est-ce qui lui passe dans la tête à ce bébé à gros boulard ?

Il faut savoir que Sigmund est un bébé chatouilleux. Si tu lui choppes le pied et que tu gratouilles dessous assez vigoureusement, il a des réflexes qui ne trompent pas, genre remuer la jambe comme un taré et essayer de te latter la gueule avec l'autre pied en gigotant tout son petit corps. Et bien sûr il se marre comme une baleine, avec un espèce de rire sadique qui n'est pas sans évoquer le cri d'un bébé ptérodactyle. Ouais je sais le cri d'un bébé ptérodactyle personne ne l'a jamais entendu, mais bon le rire d'une baleine non plus et on en fait pas tout un fromage de Savoie, hein. Bon. Et d'ailleurs des ptérodactyles j'en ai déjà vu dans Jurassic Park 19, alors hein, ça fait un cri genre huuuuiiiarrrrkkkk, exactement comme Sigmund mais en plus fort. Bref. Le rire de Sigmund il n'a pas l'air sadique pasque il ressemble au cri d'un bébé ptérodactyle (oui pasque bon les bébés ptérodactyles sont pas sadiques en vrai, bien sûr, ce sont juste des animaux qui sont nés avant l'époque du Marquis de Sade alors forcément ils ne peuvent être sadiques, non, ils sont brahahurmiques, du nom de ce stégosaure libertin du Trias qui explora toutes les formes non conventionnelles et dangereuses de relations charnelles, notamment la sodomie de tyrannosaure -pas de la tarte aux quetsches, celle-là- et le 69 de diplodocus), non, il a l'air sadique pasque il s'arrête net.

Pasque bon ça fout les jetons : t'as un bébé qui rit aux éclats et qui s'arrête d'un coup pour te regarder d'un air de reproche en fronçant les sourcils (qu'il a fort épais), c'est un peu glaçant comme effet. Et c'est comme ça pour tout, il rigole, il rigole, et plaf d'un coup il s'interrompt pour te regarder de l'air scrutateur d'un juge en train de te condamner pour avoir laissé tomber l'éprouvette qui contenait le dernier oeuf fertile de ptérodactyle trouvé dans un glacier de la rue mouffetard. Moi je croyais que quand t'étais chatouilleux, t'étais chatouilleux, hein, que c'était impossible de passer instantanément d'une tête de clown hilare à celle de Léonid Brejnev le jour où il s'était cogné le pied dans une table de chevet ostensiblement contrerévolutionnaire (vous ne connaissez pas cette anecdote ? C'est normal, je viens de l'inventer). Je veux dire, moi qui suis très chatouilleux, si un couillon m'effleure le dessous du pied il se retrouve aussi sec avec ses dents dans un mouchoir, hein, comme l'osthéopathe-à-l'ail, cette inconsciente. Ben Sigmund, non. Il peut rester stoïque comme Léonid Brejnev le jour où son slip Lénine a été bouffé par un ptérodactyle nain ressuscité par Lyssenko (cette anecdote est authentique), même après avoir rigolé comme le bossu de notre-dame pasqu'on lui chatouillait sous les bras.

La vie est décidément pleine de mystères insondables.

lundi 5 novembre 2007

Death ! Death ! Death !

J'ai recommencé à jouer à un de ces bons gros jeux vidéos qui déchire sa race et des membres humains. Ben ouais c'est vrai quoi, c'est pas pasque une sale petite vermine rampante genre Alien a décidé que ma playstation irait rejoindre ses pairs au cimetière des consoles de jeux (dans un endroit fort éloigné vont mourir les vieilles consoles, agitant une dernière fois leurs petites manettes, snif, qu'elles reposent en paix) pour faire de la place à son berceau que je vais me laisser niquer le plaisir du jeu vidéoludique, hein. Bon. Comme depuis la semaine dernière j'ai un deuxième ordi à la maison (pour pouvoir bloguer plus facilement et écrire plus de billets, ah ah, non je blague), le Tonton de Sigmund et moi avons décidé de nous installer un bon vieux jeu de baston en réseau pour buter tranquillement de l'alien ou nous foutre tranquillement sur la gueule. Et comme moi je suis un gars du genre prévoyant, j'ai commencé à m'entraîner en douce ce week-end, histoire d'exploser mon cher frère dès les premières parties avec un nonchalant, non, non, c'est la première fois que je joue. Je parle d'exploser au sens propre, bien sûr. Enfin, dans le jeu. Pasque j'ai pas choisi un jeu de gonzesses, ça c'est sûr.

Ah Ah, comme je leur ai démembré la tronche, aux zombies du jeu, tiens ça fait du bien. Du bon gros tombereau d'éclatage sanguinolent avec amputations technicolor et jets d'hémoglobine en cinémascope. Avec une ambiance sonore qui a de quoi te faire déféquer (dans ta couche) de surprise, des décors inquiétants pleins de recoins sombres d'où jaillissent des bêtes cornues décidés à te découper la quéquette au fusil à ion, et quand elles réussissent tu te vois de l'extérieur en train d'agoniser de douleur sur le sol moucheté de sang. Mais la plupart du temps la sale bébète s'en prend plein la tronche à grand coup de lance missile, de zigouilleur électrique, de fusil à répetition ou de mitrailleuse gros calibre (ma préférée, ok pas la peine de me faire le sketch du substitut phallique). Bon ouais d'accord, hein, mettons les choses au point : on est dans le défoulement irréel, hein. C'est pas mon rêve habituel de buter de l'exotique, quand j'étais gamin j'ai jamais décimé une colonie de fourmis au destop (mon cousin si) (moi je les mangeais) (avant le destop). Non là on est carrément dans l'exutoire, c'est sûr. D'ailleurs ça marcherait mieux, si ça serait des bébés que je butais au lieu de zombies. Je crois.

Non mais c'est vrai quoi, on nous bourre le mou avec la transgression, la transgression. Mon cul oui. Des voleurs, des maquereaux, des nazis, ok. Là ouais t'en a des jeux qui t'en font un tollé chez les cons (servateurs) du monde entier, comme quoi jouer à Hitler c'est pas bien ou bâtir le plan de carrière d'un baron de la drogue c'est inciter nos enfants à devenir plus tard patron de grande entreprise un sale voyou récidiviste. C'est vrai que là déjà ça passe mal, mais je trouve que c'est pas vraiment transgressif, pourtant. Non, vrai de vrai, aucun éditeur de jeu qui ait eu le courage (ou tout simplement l'idée, c'est trop impossible à imaginer ?) de faire un jeu où tu flingues du bébé à tout va. Trop sacré le bébé. Achtung. Pas touche. On a la droit de rêvasser, mal réveillé à cinq du matin, à un biberon lance roquettes pour tirer sur le berceau, mais on n'a pas le droit de le représenter. Ou alors faut pas que ça se sache. Peut-être un mod, quelque part, bricolé par un amateur ? Chais pas. Ah oui, un mod pour les handicapés du jeu vidéo (c'est pas une tare mais si vous avez des gamins en bas âge vous avez intérêt à vous cultivationner pour quand ils auront treize ans, hein, je dis ça pour vous) c'est une version bricolée d'un jeu existant dans laquelle on rajoute ses propres décors et ses propres personnages.

Ouais c'est vrai quoi, je pourrais même le faire le mod, moi. Hum. Décaniller des bébés, ça serait vraiment pas mal. Je te prends une ou deux photos de Sigmund pour faire le monstre (logique), trois- quatre photos dans magazines pour les décors et vas-y Marcel. Non, pas le garagiste. Je disais ça juste comme ça. Disons plutôt roule Raoul. Tiens on va faire un test, si je fais un jeu où on bute des bébés, qui d'entre vous chers lecteurs me filerait des photos de ses bébés en bas-âge pour qu'on puisse leur exploser la tête à coup de massue cinétique ou de zébreur ionisant ? Hein ? Personne ? Ouaaah, qu'est que je disais, vous être vraiment pas fun.
Non mais sans rigoler, chuis sûr qu'il y a un bizness là, avec tous ces papas super-énervés. On pourrait appeler le jeu "Iron Babies Ultimate Slaugthering Premium Edition" ou bien "Mytosilia, world of supreme death". Chaque jeu donné avec une tétine gratos et un matelas à langer cadeau (orné d'une cible, tiens). Un bon packaging pour accroitre les ventes, deux versions (une rose, une bleu), des mises à jour à chaque enfant, du marketing direct dans les hôpitaux, la possibilité de paramétrer le nom des monstres ("Sigmund la vermine rampante") en plus des photos, des armes rigolotes (biberon explosif, tétine piégée, couches lestées de merde acide, massue "Lola la girafe" en acier barbelé, lance-polysilane...). Ah ouais ça me plait bien, tiens.
Y'a plus qu'à.

samedi 3 novembre 2007

Henri Sigmundanuelli

Je vous jure que c'est pas un montage photo.



Hem.

jeudi 1 novembre 2007

J'ai les sourcils qui poussent

Combien de fois ai-je utilisé cette délicieuse métaphore dans ma vie, hein ? Combien de fois ? Pfff, un paquet je dirais. Généralement pour traduire une légère perturbation de mon sens de l'équilibre par l'absorption de breuvages alcoolisés en quantité trop importante. Beurré comme un petit Lu le papa de Sigmund. Les dents du fond récurées à l'alcool à brûler, le citron vert qui fait le yoyo, les pieds emmêlés dans les jambes, le gyroscope en chute libre, les amygdales en vrac au kilo. Ben ouais. A chaque fois, à chaque fois que l'ivresse m'a gagnée, qu'elle soit invitée ou traîtresse, j'ai grommelé la même phrase (enjolivée de jurons choisi en fonction de l'assistance), "putain j'ai les sourcils qui poussent, bordel de pute à cul". En vérité je vous le dit, c'est ainsi et pas autrement.

Et voilà que ce petit super-fourbe de Sigmund me dépossède de ce délicieux cliché de mon package de mec à la coule, comme ça, mine de rien, après m'avoir également volé ma fierté masculine (essayez donc de la conserver à la caisse du Franprix lorsque votre pack de bière est caché sous un paquet de couches, hein, ou bien que vous ouvrez votre sac pour filer votre numéro de portable à une belette prometteuse et qu'un tube de mytosil en tombe, vous m'en direz des nouvelles). Bref. Ah ça, on a beau essayer de faire le malin en se la jouant nouveau papa-père moderne, mais quand on a du caca plein les mains, du Polysilane dans la bouche et la moitié du nez emporté par un coup d'ongle, on se la range vite fait dans le calbard la fierté masculine et on soupire après le bon vieux temps de la séparation des tâches mais bordel fait le taire ce gosse que je puisse lire mon journal tranquille, c'est un monde tout de même.

Qu'est-ce que je disais ? Ah ouais. Non seulement content de m'avoir fait abdiquer toute fierté, et rendu aussi dynamique qu'un escargot neurasthénique myope qui aurait confondu une boite de valium avec une feuille de salade (ouais bon elle est pas super ma comparaison, mais je suis fatigué je vous dis, et si ça se trouve ça existe parfaitement des pharmacies/épiceries pour escargots, d'abord) en brisant mon sommeil, ma patience et mes roupettes réunies, ce petit sconse roublard de Sigmund a réellement commencé à se faire pousser les sourcils. Evidemment, pas en se murgeant au lait fermenté, hein, ni en se faisant refiler en douce par un membre du foyer familial qui lui veut du bien une bonne rasade de punch planteur dans son biberon du soir pour voir si des fois ça le calmerait pas un peu pour genre deux/trois jours. Non, rien d'alcoolisé dans ce poussage de sourcils là.

Non mais vraiment, hein. En moins de temps qu'il n'en faut à un père beurré pour se rendre compte qu'il a enfilé un body à l'envers (les boutons pressions sur le dessus de la tête) en croyant que c'était un pantalon, le petit Sigmund a les sourcils qui ont poussé, littéralement. Juste avant on aurait dit, chais pas moi, une boule de billard qui a fait une chimio, et hop en deux jours, on a eu Henri Emmanuelli dans les bras, je vous jure ça fout un choc. Je dis Henri Emmanuelli, hein, mais ça pourrait être n'importe lequel de ces inénarrables poilus de l'arcade qu'on voit de-ci de-là se pavaner avec leurs insolentes moumoute à volant sur le pare-choc. Genre Emmanuel Chain ou Claude Allègre. Ah non, pas Claude Allègre, c'est un con. Qu'importe. Bon j'exagère pour le Sigmund, il est pas aussi poilu que ces vieux mammouths laineux blanchis par la toundra médiatique. Il a des mignons sourcils de bébé ragondin, c'est très chou. A peine un duvet de petit canard qui hurle ourle délicatement son arcade délicate à la peau si fine. Enfin bon, c'est mon amour-à-subjectivité-renforcée qui le dit, hein, moi je trouve plutôt que ça lui file un air de gangster quand il fonce le front ce couillon, genre un Al Capone de cinq mois en body rose qui te braquerait avec une mitraillette pour avoir son bibi et plus vite que ça, crevure.

Ouais pasque sinon, le Sigmund commence à manifester quelques signes de vouloir influer plus bruyamment fortement sur le déroulement des évènements de sa vie, par le biais notamment de l'expression sonore de sa désapprobation manifeste. Genre rends-moi ce bibi immédiatement ou tes tympans sont morts.
Je sens que je vais avoir les sourcils qui poussent dans pas longtemps moi.