Nân mais je vous jure j'ai touché le gros lot, ce bébé Sigmund c'est la fourbitude absolue incarné dans sept kilos de pure vilenie malfaisante.

Pasque bon quand même, qui c'est qui sue sa vie dans un travail morbide pour lui apporter chaque jour sa ration de lait quotidienne et dispendieuse ? Hein ? C'est le pape Jean-Paul II peut-être ? C'est ça ouais, du haut de son nuage à la con, il essaie chaque jour d'envoyer du lait mais comme il sucre les fraises ça marche jamais. Ah ben ouais, tiens, vous saviez pas ? Y parait qu'au paradis tu y vas (quand tu l'as gagné, hein) dans l'état où tu étais juste avant ta mort, c'est un Cardinal qui me l'a dit, alors je suis bien informé, alors hein, et donc franchement quand t'es catholique (ta mère) ben t'as intérêt à mourir jeune et en bonne forme, surtout si tu veux avoir encore assez de vigueur pour te taper des angelots. Sauf que le suicide est interdit sinon tu es jeune, en bonne forme et complètement cramé en enfer, franchement ils ont pas la vie facile les catholiques, tout ça pour dire que c'est pas Jean-Paul II qui lui paye son biberon à l'autre cloporte, non c'est bibi. Bibi fournit le bibi.

Donc faudrait voir à voir à pas m'empêcher d'aller bosser quand par hasard je décide de partir plus tôt pour travailler plus, suivant en cela les enseignements de Saint-Nicolas-Sarkozy-de-la-pignole (ben ouais, forcément, maintenant). Non pasque les infirmières bulgares elles ont peut-être été libéré d'un coup de talonnette magique, mais comme en loucedé le prix du lait a augmenté, ben il a fallu prendre des mesures draconiennes genre ben même s'il y a la grève on va travailler coûte que coûte. Ca marche un peu pour tout cette histoire de pipôle, y'a qu'à voir comment qu'on te masque les trucs genre dépénalisation des escrocs chefs d'entreprise indélicats derrière une rideau de fumée à gogos style le divorce inattendu du chef de l'Etat d'avec sa rombière lifté. On s'en fout, pourtant, je préfèrerais qu'on me dise pourquoi même en faisant des efforts terribles mon empreinte écologique est toujours de 2,8 au lieu des 1,9 qu'il faudrait pour que le Sigmund s'en sorte demain. Bon. Ceci dit ce matin j'en avais un peu rien à taper du Sigmund limite j'aurais acheté un 4x4 pour bien lui pourrir l'avenir de sa race, à ce bâtard fourbissime.

Pasque le petit rat d'égoût retors, ça fait des semaines qu'il nous réveille entre cinq heures et demi et six heures du matin pour avoir ce fameux biberon, et je parle même pas des réveils de la nuit, bon. Donc ce matin, ça me gênait pas vu que j'avais prévu de me lever à cinq heures du mat pour genre aller chercher un vélib et être sûr d'en avoir un, cause la grève. A six heures j'entends couiner dans le berceau, je me lève avec la grâce et la légèreté d'un hippopotame à qui on a piqué une dent pour aller préparer le biberon dans la cuisine, franchement j'ai retiendu vos conseils, tout est prêt, l'eau dans le biberon, la dose de lait dans une boite en plastique exeuprès faite pour, je mélange tout ça, j'ajoute un goute d'alcool de poire pour le goût, je chauffe un peu pasque c'est l'hiver, je me ramène dans le salon, ah ben merde tiens j'suis pas bien réveillé, demi-tour, direction la chambre du monstre, j'me prends les pieds dans son putain de portique d'éveil de mes deux couilles qui font gling-gling comme la gourmette à je sais pas qui, je rebondis comme une boule de flipper dans le couloir entre la porte des toilettes (aïe la poignée), la marine ancienne (aïe le rebord du cadre), je finis par tilter dans la salle de bains où je me refends le crâne sur le lavabo, bon bref, j'arrive dans la chambre du boulet.

Et là, cet innommable fruit de je ne sais quelles manipulations génétiques s'était rendormi. Ô fourbissime avorton ! Jusqu'à sept heures du matin, alors que j'étais dans une bourre noire. Une heure planté à coté de son lit, le biberon à la main (qu'il a fallu refaire évidemment après une demi-heure), fulminant, les pieds gelés, méditant de virer le petit malpropre de son pieu pour lui apprendre à faire de coups comme ça juste le jour où il faut pas. Et lui tranquille dans son pageot, un sourire narquois aux lèvres entrain de rêver à je sais pas quoi, mais sûrement un truc pour me faire chier un peu plus. A un moment je suis allé chercher ma batte de base-ball, mais j'ai renoncé à cause des complications judiciaires (oui, même si c'était visiblement de la légitime défense, le temps d'aller à la police et tout ça j'aurais été encore plus en retard au boulot). Au moment même où il a bougé un demi-bras, je te l'ai sorti dare-dare de la turbulette pour lui cloquer deux cent quarante millilitres de lait en moins de quatre minutes, record battu, on aurait dit un éleveur du Béarn en train de gaver un canard, puis je l'ai recollé dans son pieu pour aller me laver et l'habiller vite vite.

une fois prêt à partir, je l'ai entendu qui chouinait dans son lit. Ce petit merdeux s'était tartiné le fion en se purgeant la tubulure d'au moins quinze kilos de bouillie jaune et verte comme un drapeau du Brésil. J'ai rien dit. Je l'ai changé et recouché. Il m'a dit "aaarrreeeuuh ?" en gazouillant et j'ai serré les dents en détournant le regard. Je lui ai montré que je n'étais pas dupe de sa fourbitude absolu. Et je suis parti comme un prince, sans me retourner, me faire compresser dans un métro bondé.

Ma vengeance sera terrible.