mardi 30 octobre 2007

Mais que fait la peau lisse ?

Nâââânn mais je comprends pas, quoi. C'est pas possible comment qu'un bébé il te détruit tes idées reçues en même temps que tes plus beaux pantalons (et accessoirement deux pulls, trois tichirtes, deux caleçons, une robe de chambre, un canapé et une paire de babouches ruinés par la bave astringente de cet espèce de crapaud exotique). Bon je parle pas des idées reçues genre grands principes de l'éducation tralala, ça on se doutait un peu qu'on serait tout pourri de la faiblesse à vouloir rester droit dans nos bottes de la moralité, genre limite dès qu'il chouigne on se précipite pour lui servir un nouveau cocktail au lait. Non pas les grands principes qu'on avait soigneusement préparés sur de fiches bristol, là tu vois mon lapin je te laisse pleurer mais c'est pour ton bien tu me remercieras plus tard, notamment en cousant des vêtements quand tes doigts seront assez agiles pour que j'amortisse un peu l'achat dispendieux de toutes ces fariboles soi-disant nécessaires à un bébé, les pédiatres, les éducateurs et les marchands de tapis (d'éveil) sont de mèche ça me semble évident comme une plaque de dermatose au milieu de la peau lisse du cul d'un bébé.

Nân je parle des petits trucs qui nous semblait évident genre justement les bébés ont la peau lisse. Hein, pasqu'on dit tout le temps ohlala ce truc il est lisse comme la peau d'un bébé, ohlala regardez-moi ma chère ce shantung d'angora (ça existe ? J'y connais rien en tissus de toute façon, sauf les linceuls) comme il est suavement doux, on dirait la peau du cul de mon petit Emile, l'odeur de vieux mytosil en moins. Du coup je m'attendais à avoir un bébé avec la peau veloutée comme celle d'une pêche fraichement posée, genre velouté comme un brocart sur velours (chais pas exactement ce que c'est, mais ça à l'air super doux, je viens de le trouver dans gougueule). C'est vrai quoi, la peau elle est toute neuve, donc elle doit être super lisse comme celle de mon portefeuille qu'il est beau, quel beau cuir ma chère, on dirait la peau des couilles de Marcel mon chauffeur. Donc un bébé pour moi c'était lisse comme une petite savonnette parfum mytosil, je sais pas si ça va se vendre mais enfin on sait jamais.

Mais que fait la peau lisse ? Hé ben il m'a fallu ramer pour le placer mon calembour plus foireux que les évacuations de Sigmund après un litre d'Hépar. En fait le Sigmund ben y pourrait pas vraiment faire de la pub, genre celle où justement on te vend une crème qui vaut la peau du cul (un truc avec une blonde, là) pour que ta (vieille) peau elle soit aussi douce que celle de bébé tout mignon tout blond tout aryen qui fait la salut nazi dans les bras de sa mère. Y pourrait pas la faire la pub vu que sa peau n'est jamais vraiment en repos au Sigmund. Y'a tout le temps des trucs chelous qui la font ressembler à une crêpe virée rouge, des macules bizarres, des éruptions vésuviesques, des plaques qu'on sent du bout des doigts et qui font comme un papier de verre rigolo et grenu, des marques qui apparaissent et disparaissent. C'est pas une peau, c'est un film d'action pour colonies bactériennes qui se passe dans des boites de Julie Piétri. On voit à vue d'oeil des trucs vraiment bizarres qui rougissent tous seuls, se déplacent et disparaissent.

Le moindre coup sur sa peau marque tout de suite, c'est dingue. La moindre griffure, aussi. On dirait qu'il se couche tous les soirs avec un chat sauvage. Hop là là, polope, je vous vois venir pour les coups, c'est pas moi hein, moi je préfère la torture morale (genre 'tu le vois le bibi ?" "hop tu le vois plus". "tu le vois ?" "tu le vois plus" ad libitum). Non il se tape tout seul ce couillon, genre il regarde sa main, attrape ce qui lui passe devant, exemple un tube de mytosil ou un mouche-bébé, ramène son bras d'un grand coup et se défonce la gueule. En souriant. C'est vraiment pas malin les bébés dès fois. Et puis le moindre frottement fait des rougeurs, on dirait qu'il a la peste bubonique. Franchement tu joues dix minutes avec lui à "je te retourne comme un steak haché" (c'est son jeu favori en ce moment, on le tourne, on le retourne, on aplatit avec la spatule, au bout du dix minutes il fournit le fromage) il termine avec une gueule d'expérience chimique qui a mal tournée. C'est pas un bébé, c'est un tableau de Pollock période j'ai que du rouge dans ma palette.
Ah ah ah, ça nous fait de bonnes journées, tiens.



PS : Quoi ? Qu'est-ce vous dites ? Mon damier il est tout pourri ? Oui c'est vrai. Je m'en vais te combler ça rapidos, ça va pas traîner, j'ai mes sources. C'est la faute à pas de chance, aux rotaryvirus (ceux qui causent la gastro) et peut-être aussi à un morback de cinq mois qui nous suce la vitalité à grand renfort de bave digestive, telle l'araignée emmaillotant sa proie dans un linceul de soie pour mieux lui dissoudre la gueule à coup de sucs acides.

mercredi 24 octobre 2007

Zymasil et Mitaduo

Sont les deux cavaliers de l'apocalypse...



...de Sigmund.

lundi 22 octobre 2007

First blood

Fallait bien que ça arrive, hein. Personne ne peut traverser cette vallée de larmes qu'est la vie sans verser un jour ou l'autre un peu de son sang. Un peu, beaucoup, passionnément et plus si affinités. Que ce soit accidentel ou volontaire, fruit de la rencontre avec un objet contondant et inattendu ou bien lors d'une cérémonie initiatique. Evidemment l'enfance est le terrain de jeu le plus courant de la blessure, hein, c'est normal, il faut bien apprendre et voir perler son sang vermeil pour comprendre la dangerosité de certaines actions. Mais qu'est ce que je raconte, moi. C'est la fièvre. C'est l'autre enfoiré de gnome, là, qui nous a refilé à mon amour-à-bidon-en-révolution et à moi une espèce de gastro-entérite fulgurante qui nous troue le bide. Cette nuit c'était délire et compagnie, comme la fois où j'ai mangé ces champignons pas de paris, là, chamanique ta mère, je vous jure j'ai passé une nuit ethérée, enfiévrée, rigolote, onirique hochet, je sais plus ce que je raconte, à minuit réveillé grelottant de fièvre pour calmer le marmot sans s'apercevoir qu'il avait la dalle, tout simplement, un biberon avec trente-neuf tout de suite ça vous a une autre allure de voyage chamanique justement. Je suis sûr que c'est pour se venger, le fourbe.

Non pasque son sang je l'ai versé ce week-end. Oh, allez pas croire que j'ai fait des expériences vaudoues avec mon fils, même si c'est pas l'envie, hein, dès fois, la petite poupée avec des aiguilles, justement, il est encore petit, on dirait un poupon super réaliste qu'on offre aux petites filles genre qui dit maman, j'ai sommeil, j'ai faim et je t'encule comme les vrais. Non, pas d'expérience occultes, pas de coq noir éclaboussé de sel, égorgement rituel, sang sur le carrelage et bougies dégoulinantes. Pas de transe non plus, sauf peut-être les tremblements de la fièvre là oui, rototo rapide du bébé tellement secoué par son père comme une bouteille d'orangina, genre les bébés vous avez remarqué qu'il ressemble à des bouteilles d'orangina avec le gros cul que leur fait la couche ? Ah ouais, sauf la tête qu'est trop grosse, ça a une grosse tête les bébés sauf après le mouche-bébé, là, je vous le dit, c'est la fièvre, je délire, aïe. Des bouteilles d'orangina, ouais pareil, remuées sous pression qui explose, ah tiens oui, doit l'avoir aussi le virus ce petit sconse pour nous faire de si jolis gerbis technicolor et des diarrhées diaprées des grands jours de la marée noire chiasseuse. C'est pas grave, papa va te montrer aussi comment on vomit avec dignité.

Tout ça c'est la faute au first blood initiatique de son pauvre auriculaire déchiqueté. Non mais c'est pas faute, hein, Sigmund maintenant c'est le fils spirituel d'une anguille de tasmanie et d'un cabri bondissant, et aussi d'un bébé yack super fourbe (oui je sais ça ajoute rien, mais j'aime bien l'image d'un bébé yack super fourbe, cette nuit je rêvais que j'étais dans les Andes près de ruines incas, dans une caravane lente au milieu des rochers et sur la bord de la route un yack nous regardait d'un air particulièrement retors, je me demande vraiment, qu'est ce qui foutait là d'abord dans les Andes ce crétin de Yack, hein, c'est n'importe quoi ces rêves sous gastro, d'abord). Donc maintenant si tu essayes de rester calmement une demi-seconde en tenant le Sigmund pour genre lui tailler un ongle ben tu peux t'accrocher Raoul, il se débat comme une carpe dans le filet d'un pêcheur du Nil. Et là paf, faute, sur le service en plus, premier doigt, premiere balle, zap, je te lui ratiboise la moitié de l'ongle d'un coup de ciseau à bout rond (je comprend pas comment c'est en vente libre ces machines c'est hyper dangereux) et ça commence à saigner vachement bien genre des gouttelettes et tout.

Bon, moi c'est humain hein, j'ai un peu caché la merde au chat pour mon amour-quoi-t'as-abîmé-le-bébé-crômeugnon, j'ai fait genre il s'est fait mal tout seul mais comme j'avais du sang sur mon tablier d'opération et la sueur de la culpabilité au front ça se voyait que je mentais. Bah j'ai dit c'est pas grave faut bien qu'il apprenne ce que c'est que la douleur, hein, en plus vrai de vrai, il a même pas pleuré, trop stoïque le Sigmund. Mais bon du coup, il s'est nettement vengé par voie virale, ça m'apprendra. Qui c'est qui les verse maintenant les larmes de sang de la douleur stomacale, hein, ben c'est bibi. J'avais bien essayé de rattraper le coup en lui collant un petit pansement, mais c'est bizarre, ces putains de trucs autocollants qui parfois refusent obstinément de te lâcher la main ne tiennent pas du tout sur le minuscule auriculaire couvert de bave d'un nourrisson. Boarf. Ca vaut mieux, pasque je suis sûr qu'il l'aurait avalé en plus. Scarifié et étouffé, ça fait peut-être beaucoup d'un coup pour un bébé.

Ah tiens, je crois que c'est l'heure de mes cachets.

samedi 20 octobre 2007

Anniversaires

Ah ouais, même que c'est mon anniversaire aujourd'hui. Bon, nul besoin de s'étendre sur ce fait divers douloureux qui chaque année me claque dans le beignet combien je perds ma vie à la gagner. J'me fait ma petite déprime annuelle et ça passe. A coup de cocktails si nécessaire. Non, mais le vrai anniversaire, c'est plutôt celui des débuts de Nom de Code : Sigmund. Ah ça oui ça me fout un sacré coup de bourdon juste là, entre les deux yeux. Bah oui, hein, pasque quand j'ai rédigé les premiers billets franchement j'y croyais pas vraiment au coup du bébé, je croyais que tout ça n'était qu'une vaste rigolade, un coup de bluff, une caméra cachée avec pleins de gens sympas qui allaient surgir en rigolant "Hé regarde la tronche que tu tires quand on te dit que tu vas être papa, non mais sans déconner, t'as l'air d'avoir avalé un beignet fourré au mytosil".

Mon cul la caméra cachée, tiens.

C'est pire que X-files en réalité, les Mulder et Scully y z'ont toujours le doute à la fin pour savoir si les traces brillantes ont vraiment été laissées par un alien ou pas, genre l'analyse adn montre des éléments inconnus sur terre, mais Mulder il est pas sûr et Scully elle était bourrée. Tandis que moi y'a pas de doute sur l'origine des traînées brillantes qui maculent (mais comment veux-tu, excusez-moi, je peux pas m'empêcher dès qu'il y a une rime en -ule) mon beau falzar et mon pull tout neuf que j'ai eu pour mon anniversaire. Je sais bien de quel genre d'Alien baveux et lactivore elles proviennent hein, pas besoin de monter un truc qui fait coin-coin-coin-(coin-coin) comme dans rencontre du troisième type, me suffit de repérer les pouic-pouic de la girafe et je te le trouve moi l'Alien. Baveux. Edenté. Terrifiant.

Bon c'est pas tout ça, hein. J'aime pas ça les anniversaires.

Bon anniversaire mon cul, oui.

jeudi 18 octobre 2007

La fourbitude absolue

Nân mais je vous jure j'ai touché le gros lot, ce bébé Sigmund c'est la fourbitude absolue incarné dans sept kilos de pure vilenie malfaisante.

Pasque bon quand même, qui c'est qui sue sa vie dans un travail morbide pour lui apporter chaque jour sa ration de lait quotidienne et dispendieuse ? Hein ? C'est le pape Jean-Paul II peut-être ? C'est ça ouais, du haut de son nuage à la con, il essaie chaque jour d'envoyer du lait mais comme il sucre les fraises ça marche jamais. Ah ben ouais, tiens, vous saviez pas ? Y parait qu'au paradis tu y vas (quand tu l'as gagné, hein) dans l'état où tu étais juste avant ta mort, c'est un Cardinal qui me l'a dit, alors je suis bien informé, alors hein, et donc franchement quand t'es catholique (ta mère) ben t'as intérêt à mourir jeune et en bonne forme, surtout si tu veux avoir encore assez de vigueur pour te taper des angelots. Sauf que le suicide est interdit sinon tu es jeune, en bonne forme et complètement cramé en enfer, franchement ils ont pas la vie facile les catholiques, tout ça pour dire que c'est pas Jean-Paul II qui lui paye son biberon à l'autre cloporte, non c'est bibi. Bibi fournit le bibi.

Donc faudrait voir à voir à pas m'empêcher d'aller bosser quand par hasard je décide de partir plus tôt pour travailler plus, suivant en cela les enseignements de Saint-Nicolas-Sarkozy-de-la-pignole (ben ouais, forcément, maintenant). Non pasque les infirmières bulgares elles ont peut-être été libéré d'un coup de talonnette magique, mais comme en loucedé le prix du lait a augmenté, ben il a fallu prendre des mesures draconiennes genre ben même s'il y a la grève on va travailler coûte que coûte. Ca marche un peu pour tout cette histoire de pipôle, y'a qu'à voir comment qu'on te masque les trucs genre dépénalisation des escrocs chefs d'entreprise indélicats derrière une rideau de fumée à gogos style le divorce inattendu du chef de l'Etat d'avec sa rombière lifté. On s'en fout, pourtant, je préfèrerais qu'on me dise pourquoi même en faisant des efforts terribles mon empreinte écologique est toujours de 2,8 au lieu des 1,9 qu'il faudrait pour que le Sigmund s'en sorte demain. Bon. Ceci dit ce matin j'en avais un peu rien à taper du Sigmund limite j'aurais acheté un 4x4 pour bien lui pourrir l'avenir de sa race, à ce bâtard fourbissime.

Pasque le petit rat d'égoût retors, ça fait des semaines qu'il nous réveille entre cinq heures et demi et six heures du matin pour avoir ce fameux biberon, et je parle même pas des réveils de la nuit, bon. Donc ce matin, ça me gênait pas vu que j'avais prévu de me lever à cinq heures du mat pour genre aller chercher un vélib et être sûr d'en avoir un, cause la grève. A six heures j'entends couiner dans le berceau, je me lève avec la grâce et la légèreté d'un hippopotame à qui on a piqué une dent pour aller préparer le biberon dans la cuisine, franchement j'ai retiendu vos conseils, tout est prêt, l'eau dans le biberon, la dose de lait dans une boite en plastique exeuprès faite pour, je mélange tout ça, j'ajoute un goute d'alcool de poire pour le goût, je chauffe un peu pasque c'est l'hiver, je me ramène dans le salon, ah ben merde tiens j'suis pas bien réveillé, demi-tour, direction la chambre du monstre, j'me prends les pieds dans son putain de portique d'éveil de mes deux couilles qui font gling-gling comme la gourmette à je sais pas qui, je rebondis comme une boule de flipper dans le couloir entre la porte des toilettes (aïe la poignée), la marine ancienne (aïe le rebord du cadre), je finis par tilter dans la salle de bains où je me refends le crâne sur le lavabo, bon bref, j'arrive dans la chambre du boulet.

Et là, cet innommable fruit de je ne sais quelles manipulations génétiques s'était rendormi. Ô fourbissime avorton ! Jusqu'à sept heures du matin, alors que j'étais dans une bourre noire. Une heure planté à coté de son lit, le biberon à la main (qu'il a fallu refaire évidemment après une demi-heure), fulminant, les pieds gelés, méditant de virer le petit malpropre de son pieu pour lui apprendre à faire de coups comme ça juste le jour où il faut pas. Et lui tranquille dans son pageot, un sourire narquois aux lèvres entrain de rêver à je sais pas quoi, mais sûrement un truc pour me faire chier un peu plus. A un moment je suis allé chercher ma batte de base-ball, mais j'ai renoncé à cause des complications judiciaires (oui, même si c'était visiblement de la légitime défense, le temps d'aller à la police et tout ça j'aurais été encore plus en retard au boulot). Au moment même où il a bougé un demi-bras, je te l'ai sorti dare-dare de la turbulette pour lui cloquer deux cent quarante millilitres de lait en moins de quatre minutes, record battu, on aurait dit un éleveur du Béarn en train de gaver un canard, puis je l'ai recollé dans son pieu pour aller me laver et l'habiller vite vite.

une fois prêt à partir, je l'ai entendu qui chouinait dans son lit. Ce petit merdeux s'était tartiné le fion en se purgeant la tubulure d'au moins quinze kilos de bouillie jaune et verte comme un drapeau du Brésil. J'ai rien dit. Je l'ai changé et recouché. Il m'a dit "aaarrreeeuuh ?" en gazouillant et j'ai serré les dents en détournant le regard. Je lui ai montré que je n'étais pas dupe de sa fourbitude absolu. Et je suis parti comme un prince, sans me retourner, me faire compresser dans un métro bondé.

Ma vengeance sera terrible.

vendredi 12 octobre 2007

Coup de mou

Ben comme j'avais un espèce de coup de mou du damier genre déprime pré-anniversaire, j'ai eu droit à un joli cadeau. Hoplàlavoilà, Laure, Blabla et Ophise se sont cotisées pour m'offrir un cadavre exquis et moi les cadavres je les trouve exquis ça tombe bien. C'est vraiment crô crô gentil. Alors voilà l'histoire :

Rhalala on n'en peut plus avec mon amour-qui-en-veut-un-second-non-mais-ça-va-pas-non, figurez-vous que le Sigmund a découvert la bière chez sa nounou. Elle en garde 12, Paulette, et c'est comme ça qu'elle les fait dormir. Ah ça, dans la journée il dort, le Sigmund. Mais quand il se réveille, à peine à la maison, il se met à chanter. Je n'ai pas osé tout vous dire dans mon dernier post, mais ses cris et tout ça, ça raconte toujours des histoires de bonne rasade, il dit qu'il est des nôtres, et tac un hurlement pour rappeler l'aubergiste.
Nous c'est simple, on n'en peut plus, avec mon amour-mais-t'es-sûr-qu'il-est-de-moi-déjà-le-premier-là-Sigmund.
Surtout que nous, on préfère les cocktails, vous voyez, les trucs un peu exotiques, festifs, chamarrés.
Alors le Sigmund, on a voulu l'emmener aux AA. On a cherché la section pédiatrie, mais ils nous ont dit qu'il n'y en avait pas. Encore un complot. Sûr que Sigmund avait appelé avant pour dire : Il est des nôooootres, Roger. Faut pas lui donner le n°ooooooo ! Stop Rangererererer !

Alors on est allé aux AA normaux, et ils n'ont pas voulu nous laisser rentrer avec un bébé. Alors mon amour-qui-n'en-aura-pas-un-deuxième-ou-alors-pas-de-moi a pris Sigmund sous le bras et est rentrée à la maison. J'ai voulu suivre mais ils m'ont obligé à rester. J'ai voulu fuir mais je me suis retrouvé avec un gros musclé qui voulait me casser les genoux avec un caddie (r) alors je suis allé à leur réunion.

Au début, ça c'est bien passé. J'écoutais, j'approuvais, je donnais mon avis. C'est quand j'ai expliqué que moi, je n'avais pas de problème avec l'alcool mais plutôt avec les biberons, par rapport aux horaires de sommeil de la famille, que ça a dégénéré. Personne n'a voulu me croire.
Et puis au bout d'un moment, mon amour-je-te-vais-lui-coller-un -test-adn-moi a voulu retourner me chercher, parce que quand même vous savez ce que c'est au bout d'un moment on s'attache, et en plus je crois qu'elle ne s'en sortait pas toute seule pour monter les packs de Kro du Sigmund, et encore heureusement qu'il y avait le match comme prétexte parce que sinon c'en était fait de notre réputation épatante patiemment construite. Et donc, elle a pris Sigmund sous le bras qu'elle avait momentanément libre, et elle est allée chez les AAA.

Mais je me demande si elle n'avait pas un peu sifflé les biberons de Sigmund, ou alors c'est Mappy qui l'a réduite en horreur je ne sais pas, mais en tout cas de mon côté je ne l'ai jamais vue arriver, et de son côté chez les AAA tout le monde ne lui a parlé que d'andouille, elle a failli mal le prendre, et surtout ils ont kidnappé Sigmund pour, je cite"en faire de la bonne, de la cinq étoiles, regarde René la bonne densité de gras là, ouh purée appelle les collègues ça ça va nous faire de la bonne pourvu qu'il crie pas trop il a quand même l'air de bien casser les oreilles ce cochon". Sic.

Alors j'ai tout déballé sur la fourbitude de Sigmund... Depuis le complot, avant la naissance, quand on lui a offert à Sigmund... et puis quand j'ai voulu prendre mon billet d'avion pour le Guatemala... le fait que je pouvais pas emmener ma console pour la brancher sur l'écran du monitoring à la place des courbes des contractions... Ils me croyaient toujours pas, alors j'ai continué, sur l'après naissance de Sigmund... Les accès de fourbitudes ont démarrés et depuis, c'est l'escalade... les attaques de cacas galactiques... les contre-ut à faire péter tous les verres à whisky de la maison... l'ostéopathe psychopathe qui voulait lui dévisser la tête (que depuis, le Sigmund, il se venge sur ses jouets)... le kiné... le pédiatre... que j'en pouvais plus avec mon amour-à-bidon-qui-a-fourbi-les-armes-de-la-fourbitude-de-Sigmund... que j'étais prêt à reprendre un billet pour le Guatemala... tout ça sortait en vrac... mais pinaise (comme dirait Angel), ça me faisait un bien... par contre, quand j'ai levé la tête et que je les ai regardé, z'avaient tous tous un verre à la main... aux AA... et c'était visiblement pas de l'eau... mince, encore un effet de la fourbitude de Sigmund ?

Pff trop fort le Sigmund, la fourbitude à distance maintenant, tout ça par le central de bébés yaqueça, ben voilà aux alccoohic annohic ils étaient tous bourrés, chacun son verre à la main, et en plus ils me regardaient bizarre, ils disaient qu'ils voulaient essayer le caïpihic, il y a un moment j'ai failli avoir peur avec ces connerhic.

Et puis il y a une girafe qui est entrée, elle était drôlement digne et elle faisait pouihic pouihic à chaque pas. On a eu un peu peur au moment où elle a passé la porte, mais non figurez-vous aucun problème, on a vu qu'en fait elle avait le cou cassé comme la brochette au restau japonais hier après que Roger ait croqué direct dedans, et du coup la tête qui pendouille eh bien figurez-vous elle passait les portes comme de rien, et je me suis demandé si j'avais toute ma tête, pour ma part, ou si c'était un coup de Sigmund encore un, et puis la girafe a chanté "c'est pas ma faute à moi si j'entends tout autour de moi elle haut elle hic théa moi lolhicta", et là j'ai su que c'était un coup de la caïpihic.

Eh bien figurez-vous que juste à ce moment crucial, mon amour-ah-ben-là-je-sais-d'où-vient-la-voix-de-Sigmund est entrée en hurlant et en vociférant qu'on avait kidnappé le Sigmund, une histoire d'andouillette je n'ai rien compris, elle était affolée dites donc, alors que bon quand on y pense l'andouillette ça sent le pipi mais plutôt moins que Sigmund alors il n'y avait pas tellement de quoi s'énerver si ?

... il n'y avait pas tellement de quoi s'énerver si ???

Parce que bon, Sigmund, on a beau s'attacher si quelqu'un veut le prendre pour les prochains encore quelque mois, ma foi... ça fera bizarre de dormir 12 heures d'un coup, de pouvoir regarder le match sans interruption, de faire un vrai repas sans hurlements en bruit de fond, de jouer à la PS sans interférences mais on devrait s'y habituer...

Ah mon-amour-à-bidon-qui-reclame n'envisage pas de se passer du Sigmund alors qu'elle a tenu des années sans avant et que en 6 mois franchement on tombe pas accro définitivement ??? Ah mon-amour-à-rouleau-à-patisserie a des arguments respectables... Bon ben direction le commissariat du 12ème alors (mais si l'OPJ est un jeune père on a encore une chance...) !

Ben justement, tiens, parlons-en de l'OPJ du commissariat de 12ème... Parlons-en! Donc j'arrive accompagné par Roger et mon Amour-à-bidon-à-tête-chercheuse-qui-cherche-Sigmund au commissariat... Ambiance calamiteuse parce que forcément, ils regardaient tous le match de rugby... et en plus de la présence de quelques british supporters déjà très très très imbibés et qui auraient mieux faits de faire un tour chez les AA, je n'étais pas sûr que le taux d'alcoolémie des représentants de la loi fût très inférieur... les bonheurs se fêtent et les chagrins se noient, à c'qui parait... Bref, je tente tant bien que mal d'expliquer (et même de faire comprendre) au monsieur à casquette bleue en face de moi, qui tape à 2 doigts sur son clavier , la situation... Sigmund, la fourbitude, l'enlèvement de Sigmund pendant que j'étais aux AA par des andouilles AAA qui sentent le pipi (moi j'aurais plutôt dit le caca, mais bon, les 2 zones sont pas si éloignées, hein...), l'annonce faite par la girafe au cou tordu... Et là, vous ne savez pas ce qu'il me répond froidement ?
Non ?

Eh bien il me dit, ah non mais quand on y pense c'est incroyable quand même, vous ne savez pas ce qu'il me dit ? Il me répond froidement, ce co..., cette enfl..., ce représentant des forces de l'ordre de mon pays, oui, excusez-moi mais bon c'est quand même incroyable, vous comprenez que ça puisse énerver d'entendre des trucs pareils, surtout en de telles circonstances, non mais c'est quand même dingue. Et c'est moi qui le paye, ce pignou..., ce gardien de la paix qui ferait mieux de nous la foutre, c'est mes impôts quand même merde !
Bon. Non. Excusez-moi. Oui, pardon, je suis désolé. Non mais c'est parce que ça énerve, aussi. J'en suis resté comme deux ronds de flan, quand même, de ce que ce crét... des Alp...., cet officier m'a sorti, là comme ça, et devant mon amour-tiens-dis-donc-t'as-le-teint-gris-là-ah-mais-c'est-les-néons-ah-ben-oui, devant elle, en plus ! Devant une mère, Messieurs Mesdames, une jeune mère qui vient d'égarer son charmant nourrisson, vous la croyez, non mais vous le croyez, vous, qu'il me dise un truc pareil ?
Ah non.
C'est pas possible.
Alors du coup on est sortis, avec mon amour-ah-oui-je-te-préfère-sous-le-halo-ambré-des-becs-de-gaz, on est partis, non mais oh quand même, on n'a pas signé leurs trucs, on est sortis, on va le retrouver tout seuls, Sigmund, on le connait, nous, quand même, c'est pas ces..., ces ..., . On va le retrouver, Sigmund. Bouhhhhhhhh, Sigmuuuuuuuuuuund, bouhhhhhhh.

Une fois sur le trottoir, sous les cariatides du commissariat du 12ème on a réfléchi a deux fois avec mon-amour-à-bras-désertés-par-Sigmund : suffisait de foncer chez les AAA d'asperger tout de moutarde (sacrilèèèèèège) et hop sous la menace d'un tube de mayonnaise obtenir la restitution de notre désormais indispensable fourbe...

Nous voilà donc, mon Amour-à-bidon-GPS-de-Sigmund et moi même... Imaginez... Il vous faut le visuel... Elle, Lara Croft du Ketchup, ayant remis sa tenue de trapéziste... La Girafe Ex-Sophie dans une main pour montrer la puissance de Sigmund, et le tube de Mayo dans l'autre... Moi, Le Chabal du 11ème, le regard vengeur... l'oignon frits prêt à être lancé sur le premier AAAAA qui moufte... Nous voilà donc, disais-je, enfonçant la porte et annonçant: "rendez-nous Sigmund! vous êtes cernés par la brigade des tomatos ketchup et nous n'hésiterons pas à nous en servir!". Et on a ajouté, on n'est pas des sauvages quand même, "Siou plait!"... C'était grand... on n'avait même pas répété, mais fallait qu'ça s'arrête, ces couneries! Et ben, vous savez pas quoi? Le chef AAAAA, bourré à la caïpirihna, l'oeil vitreux et le gras dégoulinant, se jette sur nous... glups, mouvement de recul, mais on tient bon... faut pas gonfler le Papa de Sigmund, et la Maman de Sigmund non plus d'ailleurs... parce qu'on ventile, on atomise, au 4 coin de Paris éparpillé façon puzzle on va le retrouver s'il nous le rend pas le Sigmund! Bref, il s'avance et dit: "ENFIN... ENFIN... on n'en peut plus... pas la peine de sortir l'artillerie non conventionnelle... Pitié... On n'en peut plus du P'tit... Il nous a lessivé jusqu'à la corde... J'vous raconte pas... à coup de paluche sur la tronche... il a même essayé de me briser le cou ou de me faire cracher mes poumons en m'appuyant à 2 mains sur le torse... il nous a bombardé avec des trucs qui sortaient de partout et qui sentaient pas bons... non, on n'en veut plus... on vous l'rend... et même qu'on vous donne des trucs avec si vous voulez... mais libérez nous..." On était sur l'cul... Et ni une ni deux, le v'la qui nous refourgue le Sigmund... NOTRE Sigmund... et recule en tremblant.... trop content de s'en être enfin débarrassé... Vous savez quoi... pour une fois on était bien content, que le Sigmund soit sa majesté Fourbitude The First... parce que bon... je râle, je râle... mais franchement, je l'échangerai pas... même contre un stock de whisky top, un bon pour la dernière carte graphique et même, même un billet pour le Guatemala (de toute façon, c'est trop tard maintenant)... Quoique...à bien y réfléchir... Aïe! Mince, j'avais pas vu que mon Amour-Lara-Crofté avait tout lu...

Ayé, le Fourbe is back... suis sûr qu'il l'a téléguidée!

mercredi 10 octobre 2007

Sourire baveux

L'arme baveuse qui lui permet de nous contraindre :



Nous ses pauvres esclaves.

lundi 8 octobre 2007

La Castafiore

Ouais, le nouveau truc de Sigmund, c'est de parler comme un dingue. Bon évidemment, il déclame pas pas du Victor Hugo à fond la caisse genre "C'est dans la nuit sans lune au coeur des bois profonds / Que le Sigmund farceur se tartine le fion / Qui dira la douleur des parents innocents / Lorsque leur propre chair les enduit d'excrément ?" Non vraiment pas ce genre là, quoi, mais des vocalises de bébé qui nous changent des interminables séances de pleurs habituels (ce en quoi j'exagère vu que ce bébé rigolard ne pleure que rarement, mais bon j'fais ce que je veux sur ce bloug, même travestir la réalité) que franchement un bébé qui pleure c'est exactement comme si on t'appuyait avec un truc pointu sur une dent cassé et mal dévitalisée, sauf que tu peux pas mettre un ramponneau au bébé, alors que le dentiste la dernière fois je lui ai flanqué un coup de coude que n'aurait pas renié un all-black en manque de victoire.

Donc le Sigmund parle. Ou plutôt bredouille. Généralement quand il est tout seul, ou quand on s'occupe de lui sans lui parler. Parce que si on parle, il se tait et nous écoute, franchement ça valait le coup de voter à droite, le respect des moutards est revenu au beau fixe et en plus on va gagner la coupe du monde de rugby, si c'est pas une vraie lutte contre l'immobilisme, ça, je sais pas ce que c'est, et autant pour les détracteurs du gnome à talonnette, heureusement qu'on l'a, çui-là, comme dit Cécilia. Bref. Sigmund commence à produire une large variété de sons très différents, allant du soupir modulé au cri perçant, c'est rigolo, d'un coté il a la bouche en cul du poule, le visage qui se tord et il te sort un miaulement de chat bourré au valium, et de l'autre, sans que rien ne permette de l'annoncer, son visage calme et rond ne bouge pas d'un cheveu (il en a pas, c'est pour ça) et il te pousse un cri hyper-aigu tellement puissant et pulsant que sa couche se détache toute seule. Généralement le premier est réservé à l'après biberon, le deuxième à n'importe quel moment pourvu que je le tienne dans mes bras et que mon oreille soit à cinq centimètres de sa bouche.

Tout ça n'est pas très explicite, mais on sent que l'on quitte les rivages sûrs du mode on/off du bébé pour atteindre les rives inquiétantes du pays des bébés qui réfléchissent pour mieux te faire chier. Oh que je le sens mal le petit Sigmund qui commence à manifester sa désapprobation en criant. Enfin quand je dis que je le sens mal, faut le dire vite, hein, ça dépend des moments, sans rigoler. Bref. Les éructations se diversifient, en plus de gagner en richesse vibratoire grâce à l'énorme production bavesque qui caractérise le moutard en ce moment. Vous avez déjà vu une bulle de bave de cinq centimètres de diamètre vous ? Moi, oui. Quelques secondes avant qu'elle n'éclate sur mon oreille, tapissant la moitié de ma chevelure chabalesque d'un gel gratuit et dix fois plus résistant que les gels "à coiffure à la con" qu'on nous vante en skate-board à la télé, et nimbant mon conduit auditif d'une gangue aussitôt solidifiée qui ne va pas améliorer mon déficit acoustique accru du coté droit (çui où je porte le sale lardon).

On sent qu'il devient sensible au monde extérieur en même temps, bientôt il saura communiquer avec nous pour transmettre sa vision du monde : bibi, caca. On restera dans le binaire, mais dans un binaire déjà raffiné par les ravages de l'intelligence qu'on aurait du laisser aux bonobos, tiens, ils auraient peut-être fait moins de conneries que nous. Et nous on serait resté dans nos savanes, à bouffer des fruits et des charognes, à laisser nos rejetons chier debout sans aucune couche, à regarder passer les 4x4 des chimpanzés qui nous materaient à la jumelle en calmant d'une torgnole leur petit Mimile qui râle pour avoir son biberon. Et tout ce que je dirais à Sigmund, ça serait "mais ferme-là, on va se faire repérer par les hyènes". Et il la fermerait, en plus. Tandis que là, non. Il vocalise, il bavouille, et nous on interprète et on subit.
Comme le disait Victor Hugo :
Heureux sont les parents aux enfants volubiles
Déjà grands orateurs à peine que nubiles
Discourant à l'envie, fils d'Homère ou Caton
Qui au bout d'un moment nous cassent les bonbons.

samedi 6 octobre 2007

Il assassine sauvagement son animal de compagnie

Le meurtrier sans scrupule a déshonoré un paisible foyer du XIIème arrondissement en brisant sans aucun remords et avec le sourire la nuque de sa fidèle girafe.



Les parents atterrés ont demandé à changer de nom et sont partis vivre à l'étranger, dans le XIème.

jeudi 4 octobre 2007

Le papa de Sigmund chez la pédiatre

"Bonjour, madame, tout d'abord est-ce que vous avez un remède contre la fourbitude ?"

Non pasque c'est vrai quoi. A chaque fois qu'on a vu la pédiatre, c'était pour faire des conneries de vaccins et autres mesures de courbes totalement inintéressantes, et une fois pour se faire prescrire des séances de tortures kinésithérapiques. Et puis pour blablater à fond la caisse sur des trucs que j'y comprends que pouic, genre le fluor, les fontanelles et lait maternisé qui donne des gaz. Alors que bon le coeur du problème avec ce bébé Sigmund, c'est bien la fourbitude naturelle dont il fait preuve et qui mériterait qu'on lui tartine les mains de mytosil (pourquoi les mains ? Hin hin hin. Pasqu'après il les porte à sa bouche) pour se venger sommairement. Donc là du coup, comme j'allais tout seul chez la pédiatre, appelons-là Mauricette pour l'instant, je m'étais bien préparé à poser la question que mon amour-faut-pas-déconner-avec-les-toubibs m'avait fait ravaler à coup de bavoir la dernière fois.

"Bonjour, madame, tout d'abord est-ce que vous avez un remède contre la fourbitude ?"

Ah la vache, d'abord Mauricette elle a fait semblant de pas comprendre ma question et elle commence à ausculter le Sigmund dans tous les sens pour voir s'il est tonique et tout ça. Tu parles qu'il est tonique l'autre soudard des landaus. Il a commencé à lui mettre le bronx sur sa table d'auscultation en envoyant valdinguer le stéthoscope et le bassinet à coton d'un solide coup de pied, genre me fait pas chier mémère, t'es beaucoup trop vieille pour moi, mais je t'emballe tout ça dans mon fameux sourire tranche de pastèque et hop voilà, elle dit rien, merde on aurait du prendre un pédiatre homme, les femmes elles se font toujours posséder par ces sales morbacks, qu'est-ce que je disais. Chassez la fourbitude, elle revient au galop (en rampant). Donc du coup j'essaie d'insister un peu...

"Vous êtes sûre que vous n'avez aucun remède contre la fourbitude ?"

Mauricette me regarde avec l'oeil indécis de celle qui ne sait pas quelle décision prendre (ce qui tombe plutôt bien). Contre la quoi ?
Aaaah d'accord, elle fait partie du grand complot de la fourbitude des bébés, j'aurais du m'en douter, c'était évident que les sales bébés avaient des alliés objectifs dans les rangs des adultes, et qui mieux que les pédiatres peuvent être à même de vous compliquer autant la vie qu'un bébé, hein, qui mieux. C'est quasiment sûr qu'il était en conversation radio juste avant qu'on entre. "Oui allô Mauricette, c'est Sigmund, j'arrive avec mon père, là, je t'avertis il est un peu relou, il se doute de quelque chose va falloir me le fourbiriser un max. roger. Oui ici Mauricette, pas de problème je vais te lui coller quelques bonnes ordonnances, ça va le calmer. roger. Ok, ici Sigmund. roger. Oui ici Roger, à vous. Over. Ah non pas Over, Sigmund. Allô ? C'est Mauricette, Roger, raccroche ce téléphone. Mais j'ai pas entendu un bébé qui parlait là ? C'est qui sur la ligne, là ? roger. Ah tu vois ! Il m'appelle Roger en plus. Non écoute, ce n'est pas ce que tu crois. Sigmund, Over. roger. Oui ?" bon sinon à part que le mari de Mauricette s'appelle Roger et se bourre de valium en permanence, je suis sûr que Sigmund et Mauricette étaient de mèche avant qu'on entre dans le cabinet.

"La fourbitude, madame Mauricette, la fourbitude, vous ne savez pas ce que c'est, peut-être ?"

A ce moment là, elle a vaguement feuilleté son dico médical, marmonné quelques trucs, ricané en douce avec Sigmund. La conversation est tombée comme une couche trop lourde dans le conduit du vide-ordure. On s'est regardé tous les trois, et y'en avait un qui bavait pour essayer de donner le change. Mais j'ai vu clair dans leur jeu. Tu parles. Puis ça a pas raté, j'ai eu droit à des ordonnances à tire-larigot pour bien nous pourrir la vie en nous faisant faire des trucs idiots dans nos quelques heures de temps libre hebdomadaire, genre une ordonnance pour faire une radio du bassin, n'importe quoi. J'ai rien dit, j'ai serré les dents, j'ai payé les honoraires avec une valise de billets. J'ai remballé le Sigmund et je suis parti à reculons dès fois qu'elle essaye de me planter une toise à bébé dans le crâne. Mais une fois dans la cour, j'ai hurlé "A bas les bébés !".
Je l'ai vue qui ricanait à la fenêtre.

Dire que j'y retourne dans un mois.

mardi 2 octobre 2007

Le jour de la Marmotte

La Marmotte est un animal merveilleux qui passe son temps à dormir. Bon c'est l'idée qu'on en a, hein, pasque en vrai la marmotte c'est comme tous les rongeurs, c'est légèrement agité du bocal et ça passe à courir partout pour trouver des trucs à ronger ou des conneries à faire (c'est très farceur les marmottes). Ou même des fois elles courent pour plier du papier alu, mais bon. Donc les marmottes sont des rongeurs comme les autres, mais depuis leur découverte par Alexandre-Benoît Marmotte en 1346, on sait pas bien pourquoi mais les marmottes sont classées comme les animaux les plus ronfleurs de la création. De la création de quoi, je ne sais pas bien, c'est juste l'expression. Ah oui, mince, un truc de bible c'est, religion et tout ça mais ça me saoûle, j'ai pas envie de réfléchir. Oui donc les marmottes elles dorment tous le temps dans leur pitis terriers tous mignons, tous bien aménagés avec des kitchenettes et des tours à bois (pour faire les trucs à ronger).

J'aimerais bien être une marmotte.
Non vraiment.
J'ai crô sommeil de la mort, c'est la faute à Sigmund. Si je veux tenir le coup maintenant faut je me dorme avant dix heures du soir sinon après je ressemble à une marmotte qui a rencontré un chasseur. Ah non, c'est un lapin. Enfin ça change rien, hein. Marmotte ou lapin, çui qui rencontre le chasseur il a de grandes chances de finir en terrine, franchement je sais pas si vous avez gouté de la terrine de marmotte, ben ça vaut le détour, on dirait du castor. Si vous avez jamais gouté du castor, ben c'est peu comme de l'okapi mais en plus proche du poulet. Enfin, bref, ça fait de bonnes terrines de montagne, celles avec des herbes et des campanules, tout ça. Et moi le matin j'ai la tronche de la terrine avec des poches sous les yeux couleur campanule (mais comment veux-tu).

C'est la faute au petit boulet, vraiment. Pasque bon, avec ses histoires de glairasses qui lui marinent dans les bronches, ben le Sigmund faut se le farcir malade à la maison. Enfin, se le farcir, je veux pas dire farcir comme une marmotte farcie, hein, que c'est une bonne recette des alpages, tu prends une marmotte pas trop grosse, tu la vides, tu remplis avec de la couenne de porc, du cantal, des herbes et tu fais rôtir au-dessus d'un feu de camp, non pas farci comme ça mais juste supporter. Pas supporter genre "allez, allez, Sigmund en force est arrivé, ho hisse enculé" non, mais supporter genre je peux plus le supporter. Mais si quand même, mais c'est crô fatiguant. La nuit on se réveille vingt-cinq fois parce qu'il a une toux de travers, et après pour se rendormir c'est macaque-dodo. A six heures et demi pétantes, juste avant que le réveil ne sonne, c'est l'heure du biberon, on peut même pas profiter du quart d'heure de grâce au chaud sous la couette, faut allez réchauffer un bibi au goût dégueulasse pour nourrir le fauve. C'est vraiment l'enfer.

La vie est trop difficile, voyez. Alors que les marmottes elles ont la belle vie, tranquilles comme des princes. Enfin, des princes qui habiteraient dans des terriers, mais bon. Non, elles ont la belle vie ces putains de marmottes, à ronfler et à folâtrer dans les alpages avec Heidi et Charles le Chamois (ou Basile le bouquetin, ou bien est-ce Isaure l'Isard ? Je ne sais plus) juste de temps en temps se faire un peu de thune en bossant pour la chocolaterie du coin, histoire de se payer un peu de pif pour accompagner le fromage qu'Heidi a tiré a ses parents adoptifs. Non vraiment les marmottes c'est rien que des sales parasites trop chanceuses, je trouve, sauf pour l'histoire de la terrine. Du coup si je pouvais me reconvertir en marmotte moi, j'hésiterais pas, hein, pasque là je sature un peu et je un peu crô fatigué, comme en témoigne le fil décousu de ce billet écrit sous tranquillisant (du chocolat aux noisettes que c'est mon tranquillisant).
Je me demande si les marmottes elles ont des bébés marmottes.
Ca doit être naze les bébés marmottes.