Tant que j'ai les mains plongées jusqu'aux coudes dans le Mytosil (ah ah, vous avez jamais vu ça les coudes des mains, hein ?), j'en profite pour vous parler de cet objet merveilleux qu'est la couche jetable pour bébé. Jetable, hein, je veux pas rentrer dans le débat sur les couches jetables/lavables, chacun fait sa petite action écologique là où il pense que c'est le mieux (genre par exemple il vaut mieux arrêter la viande que la voiture d'après ce que j'ai lu), bon. Donc à la maison on a des couches jetables pour ce petit fourbe de Sigmund, pasque les bébés, genre, ça en met partout. Du temps -béni- où Sigmund n'était pas né, un commentateur du bloug m'avait gentiment indiqué qu'il était possible d'élever son enfant sans couche. Avec le recul de ma grande expérience, je peux maintenant affirmer qu'il doit falloir avoir les nerfs d'acier de James Bond pour y parvenir, et malheureusement pour moi j'ai les nerfs d'acier de Woody Allen, plutôt. J'aimerai bien avoir son humour, aussi, mais c'est une autre histoire. En tous cas j'ai pas ses lunettes, c'est déjà ça. Je m'égare. C'est le manque de sommeil. Pardonnez-moi. Et en plus je trouve que j'écris vachement guindé, c'est bizarre. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Ouiche, bon, allons-y les gars, j'ai pas que ça à faire, donc les couches jetables.

Inventées en 1847 par... bon, ok, ok, je vous fais pas le coup de Jean-Baptiste Couche, d'accord. Dommage, pasqu'il avait eu une vie extrêmement édifiante, même. Mais bon, tant pis, vous ne saurez rien de son père incontinent, de ses enfants diarrhéiques, de sa femme qui rigolait trop, ni de son chien qui pissait partout. En tout cas, à la maison Couche, après l'invention géniale, ben ça avait une drôle de touche. Ok, ok. Donc, la couche jetable n'a pas été inventée par Jean-Baptiste Couche, mais par des ingénieurs super-intelligents enfermés dans des bureaux d'études. A mon avis c'est pasqu'ils étaient enfermés qu'ils ont inventé la malédiction du scotch qui casse ou de la couche qui fuit dans le dos, mais bon. Donc voilà une bande de grosses têtes en blouse blanche, avec des lunettes plus épaisses que leur humour et un sujet d'étude rigolo : le bébé et ses fuites. Comme ça a du être trop fun dans le labo, je vous raconte pas. Les tests, les benchmarks, les prototypes, tout ça. Non pasque les ingénieurs forcément à cette époque c'était des gars, les bébés ils s'en battaient la calculatrice. Alors bon ça devait pas être glorieux glorieux les prototypes, genre des couches intégrales qui étouffent le bébé, ou bien des couches avec des tas de cadrans et des lumières qui clignotent (les ingénieurs aiment bien les lumières qui clignotent, c'est connu). En tout cas, voilà des gars qui ont du rentrer un soir du boulot dans leurs maisons et pour une fois faire vraiment plaisir à leurs femmes avec un truc ramené du boulot (au lieu de ramener comme un con un cercueil en mousse qui fait pouic-pouic comme Lola).

Bon en tout cas, mettre une couche c'est pas trop compliqué, le Sigmund on te les lui enfile à la chaîne c'est carrément les Temps Modernes. Ce qui me fascine le plus c'est la capacité de rétention des trucs super-aspirants qu'ils ont mis dedans : quand le charmant bébé se soulage en souriant dans tes bras, y'a un espèce de truc dans la couche qui fait sluuuuurp et hop, plus de liquide hyper-corrosif, non, juste la couche qui gonfle (ben ouais forcément, ça a pas disparu, hein). mais qui gonfle, faut voir ça. Dès que j'oublie de changer Sigmund pendant mettons deux-trois jours, et ben la couche elle est aussi grosse qu'un ballon de basket, c'est marrant. Enfin, qu'un ballon de basket chaud et rempli de pisse, s'entend. Ils sont trop forts ces ingénieurs franchement je sais pas où ils ont trouvé un truc qui absorbe autant le liquide à part peut-être dans l'estomac d'un pilier de bar. C'est tout petit tout riquiqui (le truc, pas le pilier de bar) et ça absorbe 2845 fois son poids d'eau, c'est impressionnant, si ça se trouve c'est comme les dromadaires. Ah ouais, bien sûr, c'est ça, les couches elles sont bourrées de petits dromadaires urophiles. C'est quand même impressionnant ce que la science arrive à faire, de nos jours. Et en plus sur chaque couche t'as un petit personnage différent, genre un chaton, un éléphant, un ver de terre ou un poulpe. Le poulpe c'est pour se rappeler qu'il faut mettre du mytosil, mais dès fois les gens y pensent pas c'est vrai que le rapprochement est un peu tiré par les tentacules.

Le Sigmund, la première chose qu'il a compris c'est que la couche ça lui boudinait le ventre et que c'était pas trop la classe pour draguer les nanas à la journée d'activité des nounous. Donc quand on lui enfile la couche, il bombe le ventre comme un malade pour que ça le serre pas et ça fait un espace assez important cinq minutes après. C'est pas top comme étanchéité, surtout quand Sigmund s'adonne à la peinture sur couche, un art coprophile injustement méconnu, et pourtant très rigolo. Oh c'est pas figuratif hein, plutôt du genre abstrait à la Jason Pollock, surtout s'il a bu un biberon à l'Hépar juste avant. Mais sa maîtrise de la palette chromatique des verts et jaunes force l'admiration, et son utilisation des traînées de Mytosil pour créer une sous-couche cérusée lui permet de réaliser des clairs-obscurs que n'aurait pas renié Rembrandt (bon ok, Rembrandt vers trois/quatre mois). Je vous le dit, le Sigmund c'est un artiste, c'est pas moi qui l'ai dit en premier c'est l'osthéopathe, juste avant de nous taxer à nouveau de soixante-cinq euros.
Franchement si j'étais à la place des ingénieurs qui ont conçu les couches, je ferai drôlement mon fiérot. Etre capable de caser autant de dromadaires dans si peu d'espace, et en plus ça sert de toile artistique, y'a de quoi être fier. En plus y'a un ingénieur qui fait les dessins des petits personnages c'est drôlement fortiche. Tiens j'ai bien envie de leur envoyer le résultat pour les remercier.
De rien, ça me fait plaisir.