C'est drôlement bien les boutons pression.
Et pas uniquement pasque ça contient le mot pression, hein, je veux dire. Pasque ça contient le mot bouton aussi, donc, c'est pas ça. Nân. Mais c'est juste que des boutons pression j'en ai plein dans ma vie maintenant alors qu'avant, pas du tout. Je vais pas faire ma chochotte, hein, pasque évidemment avant j'avais vu pas mal de pressions, ça oui, vous pouvez me croire, on n'est pas barman impunément sans apprendre ce que ce mot veut dire. Et des boutons aussi j'en ai vu une théorie, walaye l'adolescence difficile basée sur la crainte permanente du beau bubon blanc le jour J du rendez-vous où l'on espère peloter les nichons de la petite aux yeux bleus de la quatrième B, mais si, celle qui vous regardait avec de grands yeux langoureux à la récré. Sauf le jour de l'éruption majeure du Krakatoa de l'acné, du piton de la fournaise des boutons plein la gueule, évidemment.

Donc bouton et pression, je connais bien. Sans parler de la pression sur les boutons, chose à ne pas faire avant le fameux rendez-vous sous peine de ressembler à un camion plein de gyrophares rouges. Même si le plaisir pervers de l'explosion comedonesque est presque aussi bon que le friselis réjouissant de la mousse emplissant un verre à bière juste à la sortie du bec de cygne. Mais je m'égare. Les boutons-pression, donc, sont ces petits trucs rigolos qu'on arrive jamais à fermer d'une main au moment où on en a besoin, genre sur un bavoir qu'on essaie d'accrocher sur un Sigmund hurlant pasque son biberon met plus de dix secondes après son réveil pour lui être présenté.

Il faut savoir que le bouton pression n'a pas du tout été inventé par le célèbre ingénieur Georges Bouton (celui des voitures De Dion Bouton) comme le légende veut le faire croire, franchement il avait autre chose à foutre avec ses pétrolettes de luxe. Comme quoi il aurait inventé le bouton pression un jour ensoleillé suite à une illumination subite due à l'absorption massive de bière, des conneries oui. Le bouton pression a été inventé par Amédée-Thomas Boutonpression, un jeune inventeur belge, monté à Paris pour travailler dans les ateliers de la célèbre marque de voiture, un jour de beuverie. Avec son accent inimitable, il s'était attiré les moqueries de ses collègues, eux-mêmes pourvus d'accents parfaitement normaux genre picard ou sud-ouest. Bref, la vie est parfois cruelle et le jeune Amédée-Thomas imaginait qu'il pourrait un jour se venger de ses confrères impitoyables en devenant l'immortel inventeur de quelque chose de révolutionnaire qui leur clouerait le bec définitivement, une fois.

Un matin d'imprégnation alcoolique excessive, il conçut le grandiose dessin d'un objet permettant d'attacher deux parties disjointes, nân pas collé, nân pas cloué, nân, nân, pas vissé non plus. Juste attaché. Là comme ça. Et hop détaché, ça fait une fois, hop rattaché, holala, incroyable, trop fort Amédé-Thomas. Le principe du bouton pression une fois découvert (je ne peux en dire plus, n'ayant moi-même qu'une vague idée du principe, disparu prématurément avec son inventeur le jour où il est mort noyé dans une barrique de gueuse lambic), Amédée-Thomas fit une démonstration à l'ingénieur principal Bouton (dit "la calculette"), en avouant ne pas savoir à quoi utiliser sa nouvelle invention. Principalement parce que son prototype faisait un mètre de diamètre, ce qui n'était pas très pratique. L'ingénieur principal Bouton (dit "la télécommande"), avec le sens pratique qui le caractérisait, commença par le réprimander pour avoir travaillé à un projet personnel pendant les heures de service. Là, faut pas déconner, c'était mérité. Et puis l'ingénieur principal Bouton (dit "tronche de cake"), voyant tout l'intérêt de l'invention du jeune ingénieur, s'arrangea pour le faire disparaître en payant deux sbires pour le noyer dans la barrique de bière de l'atelier.

Ce qu'il faut retenir de cette tragique histoire, c'est que la vie n'est pas facile pour les jeunes ingénieurs belges. Heu, non. C'est que les boutons-pression c'est vachement bien, pasque s'il fallait clouer les bodys sur le corps potelé du petit Sigmund ça serait pas de la tarte à la bière, allez tenir un bébé, un marteau et un clou sans avoir trois mains, hypra-dur. Bon c'est pas tout je vous laisse, c'est l'heure du rosé glacé.