Je vous ai déjà dit que les bébés y z-étaient ridicules ? Hein ? Ben voilà je vous le dit, pasque franchement quand même des fois, les bébés dépassent les bornes des limites de la ridiculité. Comme par exemple durant ces absurdes séances d'étirement. Non pasque les bébés c'est les rois de l'étiration permanente. On se demande bien à quoi ça sert, si ce n'est à se rendre parfaitement ridicule. Déjà que bon quand on a une tête trop grosse, des bras grassouillets qui gigotent et une barboteuse verte on ferait mieux de pas trop la ramener question esthétique, ben en plus faut qu'ils se livrent à de l'étirage de compétition.

Mais si, vous voyez bien ce dont je veux parler. Quand le bébé y vient de torcher son biberon et qu'on l'a fourré dans son lit pour qu'enfin il nous lâche un peu les baskets, ou bien qu'il se réveille, délicatement manipulé par les mains de son papa qui aimerait bien qu'il prenne son satané biberon du soir pour ne plus se réveiller de manière tout à fait incongrue à quatre heures du matin. Ouais. Ben là le bébé il entame une série de manoeuvres d'étirement complètement farfelues qui consiste à faire des moulinets des bras en pompant simultanément des deux jambes, tout en arquant le cou pour dégager sa figure toute rouge de l'effort. Non mais franchement. A quoi pensent les bébés, hein ? On dirait un militaire nord-coréen sous amphétamines. Ou n'importe quel autre militaire d'ailleurs, mais de préférence genre qui marche au pas de l'oie avec ces délicieuses casquettes surdimensionnées. Des fois même le bébé tend ses bras le long du corps, complètement tétanisé, on dirait un big Jim avec les bras pas articulés (et rougeaud).

Je parle même pas du bruit. Les étirations/etirements/étirages (il fallait bien ça pour en rendre la diversité) sont accompagnés de moultes grognements et vrombrissements parfaitement déplacés. Et je ne mentionne pas non plus les éventuelles flatulences pour ne pas indisposer le lecteur. C'est simple, pendant l'étirement, le bébé moyen émet autant de bruit qu'une vache coincée dans le tambour d'un sèche-linge. Et presque autant de gaz. Ne me demandez où j'ai bien pu voir une vache coincée dans un sèche-linge, c'est une sombre histoire dans laquelle certains membres de ma famille sont impliqués, je ne peux rien dire, si ce n'est que quand même abandonner un sèche linge défectueux le long d'un champ en attendant que le gars de Dartix viennent le reprendre, c'est pas bien malin.

Est-ce qu'on s'étire comme ça, nous ? Oui, bon, c'est vrai. On s'étire aussi. Mais avec grâce et distinction, comme des chats persans aux pedigrees plus long que le six juin quarante-quatre. Un petit bras par ci, un petit bras par là, le dos cambré avec la distinction d'une danseuse de flamenco (mais pas le bruit de sabot ni les hurlements du chanteur écorché vif, hein, tout en légèreté et en classe, je vous dis), voilà, ça c'est de l'étirement d'adulte. De temps en temps un léger petit pet sans conséquence et sans impact sur la couche d'ozone (couche d'ozone, couche d'ozone, depuis le temps qu'on en parle il serait temps de la changer, je peux m'en charger maintenant que je suis rôdé) si l'on a mangé trop de féculent la veille et puis c'est tout. Alors que les bébés c'est n'importe quoi dans tous les sens. En accéléré.

En plus, ils baillent jusqu'à te montrer le fond de leur couche. N'importe quoi ces bébés, non mais ça va pas la tête ou quoi. Et la main, hein ? C'est fait pour les chiens, la main ? Ben non, c'te question, la main elle est trop occupé à gigoter comme une demeurée là-haut, hors de portée de la bouche baveuse.
Le bébé franchement c'est la Bérézina de la classe, le Titanic de la distinction, le Tchernobyl de la retenue et l'Exxon Valdez de la politesse, j'vous jure.