Bon le vélo moi c'est pas mon sport favori, hein, je veux dire que j'en faisais quand j'étais petit pour me muscler les mollets mais à part ça je suis pas fana des gars en short moule-burnes colorés comme des perroquets qui s'excitent sur leurs pédales comme des dingues. A part ça c'est rigolo comme c'est le sport le plus emblématique du problème du dopage, ou comment le matraquage de l'esprit de compétition qu'il serait nécessaire d'avoir finit par détruire les vraies compétitions à coup de fric, de pouvoir, d'enjeux financiers. Les pépettes. Le dopage. Y'a un lien direct, direct. Les voltigeurs de la montagne, les forçats de la route, les sisyphes de la course-poursuite, ben c'est rien que des gros dopés à l'hormone de bouquetin réoxygénée (ou des trucs qui ressemblent). Et puis l'utilisation du dopage, c'est pas qu'un truc d'athlètes âpres au gain et à la gloire.

Nân pasque bon, pour s'occuper d'un bébé genre Sigmund, ben peut-être que le dopage ça serait un bon plan, non ? Sans charre, les seigneurs du vélo me font rigoler avec leurs exploits surhumains, pasque sans déconner te relever pour donner un biberon à trois heures du matin quand tu t'es couché ivre-mort (de fatigue, je précise) à 2h15 pétantes, ah ah, ben en voilà de l'exploit. Les cyclistes y feraient bien d'essayer on verrait si leur Epo leur sert à quelque chose (sans parler que donner un biberon avec une tenue en nylon ça doit pas faciliter la prise en main du petit monstre). Ah ouais, l'ascension du col de l'Aubisque (bisque rage) à coté c'est de la roupette de samsonite.

Ah ben ouais, quand même, tanguer jusqu'à la cuisine, trouver le biberon propre, se casser les ongles sur le couvercle de la boite de lait, dévisser le bouchon de la bouteille d'eau minérale, dévisser le bouchon de la bouteille d'eau minérale dans le bon sens après cinq minutes, agiter le biberon, recommencer pasque on avait oublier de mettre la tétine, nettoyer la cuisine, re-tanguer jusqu'au braillard, enfourner, attendre en s'endormant que les bruits de succion s'arrêtent, changer la couche, se faire pisser dessus, re-changer la couche, changer de tichirte, reposer le boulet rendormi, ah non tiens, pas rendormi, le câliner, le veiller, l'entendre ronfler, se recoucher, ne pas arriver à se rendormir, projeter de l'étrangler demain avec le cordon de son bavoir, maudire la terre entière, sombrer, être réveillé en sursaut dix minutes après parce qu'il s'étouffe ah non on a rêvé, être réveillé en sursaut dix minutes après ah non il est six heures faut recommencer, ben ça c'est de l'épreuve sportive autrement fatigante pour le corps et pour les nerfs qu'une banale ascension avec un vélo super bien à quarante vitesses, des bagnoles qui te font un bout de conduite, des gens super-sympas sur le bord de la route qui t'arrosent d'eau et de filent des grandes claques d'encouragement.

Est-ce qu'il y a quelqu'un, moi, qui m'encourage à trois heures du matin dans ma cuisine ? Rien, nibe, nada, personne. Est-ce qu'il y a des gentils qu'on marqué des tas de trucs d'encouragement à la peinture blanche sur le sol ? Rien, zéro, que dalle. En même temps si on écrit "Vas-y papa" ou "A bas les bébés" sur le sol du couloir en blanc, j'ai mon amour "chaque chose à sa place" qui va faire un peu la gueule. Hein, bon, on voit que les conditions c'est pas les mêmes. Alors y'a pas de raisons, j'en veux, moi, de l'hormone de brebis et l'autotransfusion d'antigel pour tenir le choc. En plus je pourrais peut-être réaliser des chronos homologués, biberon-couche-dodo en sept minute trente-deux secondes nouveau record du monde.
Après tout, l'autre boulet, il est bien dopé au lait surchoix, lui. Et complètement positif au Mytosil. Et shouté au Zymaduo.

Y' a pas de raison, quoi.