samedi 30 juin 2007

L'oreille cassée

C'est un bien beau mystère. La voici cette oreille :



Mais en l'occurence, c'est plutôt nous qui avons les oreilles cassées.

jeudi 28 juin 2007

Commentation

Y'a un truc quand même, bizarre. Chais pas pour vous avec vos bébés que vous avez (si vous en avez pas, je peux vous en filer un gratos si vous désirez, je paye même les frais de port), mais je me suis aperçu que les bébés étaient porteur d'un espèce de virus étrange qui nous a gravement contaminé, mon amour-à-bidon-héliostatique-limite-gâteuse et moi. C'est le virus de la commentation maximale. Ouais, bon le mot est nouveau, mais moi ça me plaît les mots nouveaux que j'ai jamais prononcé de ma vie comme tétine ou régurgitation (merde, mon pantalon).
Bon là vous me dites, mais c'est quoi la commentation. Ben c'est comme la logorrhée, mais avec un nouveau mot qui donne pas envie de vomir et puis que je l'ai inventé moi-même. La commentation, c'est comme un commentaire sportif en quelque sorte. Mais si bougez pas, vous allez vous reconnaître. Ca donne un truc du genre : "Mais oui mon bébé, mais oui, donne-le ton petit bras, papa va mettre la première manche, mais oui mon bébé, la manche, oulala c'est dur mon bébé de passer la manche, oups je t'ai tordu un doigt, c'est pas grave mon bébé, allez, la deuxième manche, qui c'est le bébé qui va avoir un beau body tout propre pour remplacer le body tout mouillé de pipi, hein, c'est Sigmund... etc, etc".
Voyez le genre, maintenant ? Oui je sais, c'est lamentable.

Je sais pas pourquoi on parle comme ça, c'est pour ça que je dis que ça doit être un virus. Ou bien alors on est intimidé par le bébé, c'est une manière de se protéger de sa présence obsédante. Mouais. Difficile d'être intimidé par quelqu'un dont vous nettoyez les fesses, pourtant. Mais bon, le fait reste. Oui, cherchez pas à nier, vous aussi vous parlez comme ça à votre sale lardon qui vous a pourri la moquette. Bon, on nous serine qu'il faut leur parler aux bébés pour qu'ils sentent qu'ils sont humains comme nous (alors qu'en vrai pas du tout, je suis sûr que cette engeance lactovore vient de l'espace, mais bon, je vais pas me faire désintégrer par des bébés au fond d'une ruelle sombre pour essayer de le prouver). Alors t'as toute une ribambelle de conseils sur ce qu'il faut faire, leur dire, mais rien pour t'expliquer que c'est pas la peine de leur parler de cette manière outrageusement artificielle. Non pasque bon, ça fait vraiment bizarre comme manière de parler je trouve.

Bon en vrai y'a une différence entre les filles et les garçons, hein quand même. Les mamans elles font plus du chichi plein de roses, alors que les papas c'est un peu plus rugueux. C'est notre pudeur naturelle qui reprend le dessus, on y arrive pas trop bien les trucs chichiteux, on s'est pas formaté la tête des années à la dentelle, alors c'est plutôt du genre "Ah mais putain de bordel à queue tu va la passer ta putain de main dans cette putain de manche où je te fais un moignon d'un coup de dents". Mais ça n'en cache pas moins la même manière d'aborder le sujet "je parle avec mon bébé", faut pas croire, on reste en plein dans la commentation, là, ça n'évolue pas. Non mais c'est vrai.

Non, le truc bizarre c'est la distanciation. Ca fait comme un commentaire sportif. Comme les commentateurs à la télé qui faute de pouvoir établir un dialogue (forcément ils décrivent) cherchent à meubler un maximum. Oui en plus le sport c'est comme les bébés, franchement c'est pas super passionnant ce qui se passe sur la piste. Changer une couche ou regarder un cent mètres, franchement pour moi c'est le même intérêt : mince comme une couche au rabais qui laisse fuir l'innommable noirceur de la blague à bébé. Je vous jure, essayez de remplacer ce que vous dites à votre bébé par la même chose mais style commentaire sportif, ben vous verrez ça donne le même effet : "Et oui, Sigmund vient à l'instant de prendre l'avantage d'une courte tête, il va passer, il va passer, oui ça y est il a passé le premier bras, quel athlète madame, monsieur, ça, il maîtrise sa course de bout en bout, et oui à l'instant le deuxième bras, mais ho, ho, que se passe-t-il il semble avoir une difficulté, il devient tout rouge, quelque chose semble le gêner, ah un commissaire de piste vient de lever le drapeau jaune, oui, non, ah non il s'agit d'un drapeau marron...". C'est mignon tout plein.

On peut faire autrement quand même. On n'est pas obligé de commenter tout le temps. On peut la boucler un peu, ça ferait des vacances au bébé je suis sûr. On peut parler quand même, mais genre j'explique les choses posément. "Comme tu le vois Sigmund, cette manche en tissu élastique est trop petite pour ton petit poing, je vais donc tirer avec ménagement mais avec fermeté tout de même pour extraire...". Au moins on dirait des choses sensées, et peut-être que le bébé y finirait par nous répondre "Oui papa je sais que l'élastomère utilisé pour ces bodys premiers prix fabriquées en Chine n'est pas d'une qualité suffisante pour s'étirer jusqu'à ce que mon poing passe sans encombre à travers lui, tu n'es pas obligé de me le répéter à chaque fois". Oui c'est ça, si ça se trouve les bébés y savent parler mais en fait y sont vexés qu'on les prennent pour des couillons. Ca vous la couperait hein ? Ouais. A la limite, on peut parler de complètement autre chose aussi. "C'est en 1959 qu'Amédée Rondufoin inventa le bouton-pression qui équipe aujourd'hui la majorité des pyjamas pour jeunes enfants, ainsi que les combinaisons des astronautes embarqué sur la mission Apollo...". Mais franchement le style commentation c'est relou.

Du coup ben je la boucle avec Sigmund.

mardi 26 juin 2007

Apollo Tétine

Un bébé la première chose qu'il fait -à part de te casser les burnes en permanence, mais bon là c'est pas grave quand même- c'est de téter. Oui pasque bon ce serait trop facile, si vous croyez que Dame Nature elle a eu le temps de leur apprendre à manger comme tout le monde avec des fourchettes et des couteaux (ou bien des baguettes) aux bébés dans son école d'enseignement des bébés, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'à la couche. Non, la nature est parfois mal faite, enfin, faite bizarrement. Sous prétexte qu'on est des mammifères (donc porteurs de mamelles, enfin surtout les femmes, quoi) ben les bébés ils n'en branlent pas une, et pour se nourrir tout ce qu'ils ont a faire c'est de téter. Téter ça les rassure en plus, ce qui fait qu'ils veulent tout le temps téter, avec des petits mouvements convulsifs des lèvres parfaitement ridicules. Oui, ridicules, pasque la coordination défaillante et générale de leur corps leur fait en plus agiter leurs moignons de bras et de jambes en asynchronisme complet, bref on dirait une tortue sous amphétamines qu'on aurait mis sur le dos. Ca gigote, ça gigote, et c'est même pas capable de distinguer un couvert à poisson d'une cuillère à soupe.

Et c'est là que les adultes se révèlent beaucoup plus malins que les bébés.

Pasque les adultes, ils ont inventé la tétine. La tétine, pour ceux qui connaîtraient pas, ben c'est un truc en caoutchouc ou en silicone (ou en platine, en tout cas un truc qui résiste à la salive de bébé, classée un des dix produits les plus corrosifs de la terre avec l'acide sulfurico-chlorhydrique, la lave en fusion et les vannes de ma grand-mère, franchement la salive de bébé ben t'en mets sur un innocent pantalon, tu peux te brosser pour le ravoir, bref) qui a normalement exactement la forme d'un bout de nichon, sans rigoler les ingénieurs qui fabriquent les tétines y ont déjà vus une femme une fois ? j'crois pas, y doivent s'être échappés d'une bande dessinée de Dilbert.
Comme ça ce couillon de bébé et ben y croit qu'il va pouvoir téter du bon lait, il attrape la tétine, il tire dessus comme un malade et le temps que son cerveau minuscule comprenne qu'il s'est fait couillonner (puisque c'est un couillon), paf c'est trop tard il s'est endormi. Les bébés franchement dès fois c'est pas très intelligent, comme les dinosaures dont le cerveau tout petit était trop loin des pattes, le temps qu'ils comprennent qu'il fallait se tirer, blam, trop tard la météorite leur avait défoncé le crâne, au revoir les dinosaures. Les bébés c'est des petits dinosaures, parfois, surtout genre Niquopantalonnosaurus ou Défécatosaure. Hem.

Donc les bébés y tètent comme des fous, avec une force de succion égale au tiers de la pression qui s'exerce à l'intérieur du réacteur principal de la fusée Apollo au décollage. Comment que je sais ça ? Ben j'ai lu le rapport de la Nasa sur les tétines, c'te question. Pasqu'il faut savoir que pour financer l'envoyage d'un homme sur la lune, la Nasa avait eu besoin des fonds privés d'un important fabricant de tétine qui avait surbordonné ses donations à la réalisation de tests de résistance de tétines. Personne ne le sait, mais avant même ses paroles historiques, Neil Armstrong a d'abord mâchonné une tétine et transmis à Cap Canavéral le message historique "ok, roger, go for the tétine, aï ripit, it ize ok, ze tétine ize nominal". Le testeur en chef des tétines s'appelait Roger, à Cap Canavéral. Mais bref, on s'en fout.
Donc je disais, le bébé y tête faut voir comme, à peine tu mets la tétine au bord des lèvres et plaf elle est aspirée genre l'Enterprise quand Spock il avait trop bu et qu'il les avait amenés au ras d'un trou noir et que le Captain Kirk il lui avait coupé une oreille en pointe pour le punir (l'autre oreille je sais pas pourquoi, peut-être il se prenait pour Vincent Van Gogh ?). La force d'attraction de la bouche à bébé pour aspirer la tétine est égale au double du carré de l'hypoténuse de la pression au centimètre carré qui règne dans le réservoir ventral de la navette spatiale. Ouaaaahh, bon, ok, là j'invente carrément, c'est même pas vrai, pouf, pouf.

En tout cas, la pression provoque un effet curieux. A cause de la loi de l'action et de la réaction, une tétine qui rentre à une vitesse non relativiste (pasque sinon c'est trop compliqué pour la tête, les équations) dans la bouche à Sigmund (mais n'importe quel autre bébé peut faire l'affaire, y compris un bébé ragondin si vous préférez) est susceptible d'en ressortir immédiatement avec une contre-force équivalente. Et comme les tétines elles ne sont équipés de systèmes d'arrêts que dans le sens extérieur-bébé pour éviter que ces couillons de bébés n'avalent leur tétines tout de gob (comme des couillons) et pas de système d'arrêt dans l'autre sens (ça avait été tenté, mais c'est un peu contraignant, vous pouvez bricoler ça chez vous en adaptant des hameçons de pêche au marlin sur la tétine pour qu'elle reste fermement ancrée dans les joues de bébé, les grandes firmes ont abandonné pour ne pas verser de royalties aux syndicats de pêcheurs, et de marlins), et ben la tétine peut être expulsée à la vitesse d'une météorite arrivant sur la gueule d'un Diplodocus en train d'essayer de se rappeler comment on noue le lacet de sa chaussure. Donc en résumé vous fourrez la tétine dans la bouche du petit lardon en train de faire suer et plaf vous vous la prenez dans la gueule à la vitesse d'une fusée Apollo, tout pareil. Vous avez beau vous acharner, la tétine ressort à chaque fois, et de plus en plus loin, Sigmund la dernière fois il l'a expédiée jusqu'au muséum d'histoire naturelle, au pied du Gigantheos Moudubulbus.

Et c'est là que les bébés se révèlent beaucoup plus malins que les adultes.

Pasqu'à chaque fois, on va la chercher. Et on la remet patiemment en essayant de la maintenir le temps de se rendormir et l'autre petit macaque, là, il attend aussi pour l'expédier à dache. Tu te rendors et vlan faut te lever pour retrouver la tétine, la nettoyer et la représenter à son altesse sérénissime qui la tétouille du bout des lèvres en préparant la prochaine satellisation. Du coup, qui se retrouve comme un con esclave de la tétine, c'est l'adulte, pas le sale bébé.
Quelle engeance.

dimanche 24 juin 2007

L'oeil du cyclone

Ouais, ben c'est comme qui dirait un cyclone qui s'est abattu sur nous, nous laissant lessivés, rompus, fatigués, en proie au doute et à la consternation. Avec des vents de force cinq qui défigurent le mur de la salle de bains. Avec des pluies torrentielles qui nous trempent toujours au mauvais moment. Avec des vents hurlants qui font trembler les murs de notre maison dévastée.



Et l'oeil du cyclone toujours nous regarde innocemment pendant les périodes d'accalmie.
Si ça continue l'oeil sera dans la tombe, et nous regardera.

vendredi 22 juin 2007

Le saut de lange

Vous avez jamais rêvé que vous faisiez dans vos brailles, vous, un jour de diarrhée hyper-forte ? Bonjour le cauchemar. Là, paf, comme ça dans le métro que t'as pris pour aller voir ton médecin traitant qui te traite (de simulateur en général, mais bon il est gentil le mien quand même des fois il me prescrit du sirop trop bon que j'aime) et comme t'es très malade à dégobiller avec le ventre qui te joue l'air de la Bamba en accéléré "Tu vas voir, je vais te lâcher, tu vas voir c'que tu vas voir, je vais te lâcher" (essayez de le chantonner sur l'air de la Bamba vous allez voir ça colle). Et t'as qu'une trouille, c'est de te répandre dans ton falzar devant tout le monde, la honte totale, absolue, on peut pas faire plus fort sauf si tu vomis en même temps genre excusez-moi ma dignité vient d'être agressée et tuée par un microbe misérable.

Et ben figurez-vous que les bébés et ben y s'en tapent complètement. Ils te chient au nez comme si ça gênait personne, et te démoulent la version couleur du blob comme ça froidement en te regardant dans les yeux (enfin, pas tout à fait vu que pour déféquer, généralement ils les ferment et deviennent aussi rouges qu'un coquelicot, mais crevé le coquelicot pasque bon l'odeur c'est pas ça). Non mais sans vergogne aucune, là les bébés. On croit rêver. Aucune dignité. En plus y font pas gaffe, ils en mettent partout, dès fois ça déborde des couches sur le pyjama que ça fait trois fois que tu le changes, la putain de sa mère de bébé maudit (à hurler les yeux rougis vers trois heures du matin dans la salle de bain ousque les voisins y entendent tout).

Bon du coup tu deviens vite hyper-fort pour changer les couches en quatrième vitesse. Le saut de lange que ça s'appelle. Pasque on va se laisser baiser par des sales bébés, quand même, on est plus malin que ça. Même s'ils mettent le paquet, comme cette petite enflure de Sigmund (oui, oui, mon propre fils, et quand je dis propre, j'me comprends) qui nous a fait le coup de la défécation canonnière que je savais pas que c'était possible, heureusement Angel nous avait tous prévenu et on avait orienté le Sigmund vers le mur en carrelage de la salle de bains, je vous jure il en a mis plus haut que la hauteur de table à langer berk dégueulasse. Tout ça avec un petit sourire d'ange content de lui que je me suis empressé de lui faire passer à coup de tétine. Donc le saut de lange devient une obligation pour garder un environnement relativement propre et toute sa santé mentale. C'est simple, je suis devenu le Philippe Candeloro du changement de couche (la santé mentale en plus, quand même), j'me fait des commentaires tout seul, hé oui splendide, triple tour de la couche avec boucle piquée et on enchaîne sur un quadruple lutz du tube de mytosil oh vraiment quelle grâce, quelle maîtrise, quelle puissance et quel dommage que le juge albanais ait jugé que cette petite faute de bouche "putain de bébé vérolé de mes deux couilles" valent trois points. On s'amuse comme on peut à trois heures du matin, hein, faut pas trop en demander non plus.

De toute façon c'est un complot des bébés pour nous emmerder, au sens propre. C'est rien que des nuisibles les bébés. Je veux dire, c'est quand même pas compliqué d'aller aux toilettes, non ? Mêmes les chats ils y arrivent, et pourtant c'est pas malin les chats (les chats c'est comme les bébés, c'est pas malin mais en même temps ça te regarde avec des yeux t'as l'impression qu'ils sont en communication radio avec le grand central du complot des chats pour qu'on leur indique la meilleur manière de te faire tartir). Nân mais le Sigmund si ça continue y va se les changer tout seul ses couches. Ou bien alors je vais te bricoler un nettoie-bébé automatique genre tu tiens ton bébé sous les aisselles, tu rentre le bas dans une machine où y'a des brosses et de l'eau sous pression, genre une sanisette en moins gros, et flouch ça te décamote le bestiau et ça te le reculottes automatiquement. Ouais, y'a peut-être un brevet à poser quand même sur cette histoire. Pasque les parents et les cacas de leur bébés, c'est quand une drôle d'histoire d'amour. Si c'était pas important, on en parlerait pas autant.

Bon par exemple Sigmund, ben la deuxième fois que je l'ai pris dans mes bras (la première c'était pour le ramener à sa maman après l'accouchement, une fois lavé, habillé et fraichement nourri de hareng) c'était pour lui torcher le méconium qu'on dirait du goudron. La classe ! Mon gamin c'est un fou de bassan mazouté par l'Erika ! J'suis trop content. Pour ceux qui connaissent pas le méconium c'est pas la peine de chercher sur gougueule, ça va vous dégouter pire qu'un bouchon muqueux, laissez tomber, c'est la poésie de la vie. Du coup j'étais bizarre quand au sentiment d'avoir un bébé, c'est vrai, franchement on te colle un fou de bassan mazouté dans les bras en t'intimant de t'en occuper pour les vingt prochaines années ben c'est normal tu renâcles un peu. Tu râles, tu revends tes actions Toutal. Même si bon faut bien reconnaître qu'un petit fou de bassan c'est drôlement mignon avec ses petites papattes et son petit bec jaune. Mais bon c'est comme ça, va falloir s'y faire, on est dans le caca pour des années.
Pas grave, ça me donne une excuse pour régresser au stade anal dans mes billets.

mercredi 20 juin 2007

Oui mais moi le mien...

Bon, chuis un garçon vous voyez ? J'veux dire, c'est pas nouveau pour moi les concours de bites. Que ce soit à l'école pour de vrai quand on était gamin, et qu'on s'extasiait avec une pointe de jalousie sur la longueur du membre viril de ce crétin de Jean-Claude Martin (Jean-Claude, où es-tu, si tu lis ce blog sache que je te déteste plus que tout, toutes ces années après) ou bien encore dans les douches moites du gymnase où les messieurs pourtant parfaitement intelligents par ailleurs ne peuvent s'empêcher de se guigner la nouille pour se persuader qu'ils ont la plus élégante, et ben j'en ai vu. Des concours. Et je parle même pas des concours feutrés qui ont lieu partout ailleurs, au boulot en réunion ou dans les dîners en ville, quand la discussion s'échauffe pour des questions de préséance et que franchement on pourrait régler tout ça une bonne fois pour toutes comme les primates que nous restons souvent, en tapant du pied par terre, en hurlant et se comparant le zboub virilement. Mais non, faut toujours qu'on fasse des simagrées.

Mais là du coup je m'attendais pas à ce que les mamans fassent des concours de bites le marmot au sein. Nân, pasque la phrase que j'ai le plus entendu dans les couloirs bruyants de la maternité, de la pmi, dans jardin public et de tous ces lieux où la concentration de sales bébés dépasse la limite tolérable à l'honnête homme (à savoir : un), ben c'est "oui mais moi le mien...". Petite phrase qui permet d'introduire n'importe quelle comparaison destinée à asseoir la supériorité de la progéniture décrite. En bien ou en mal, on s'en tape le tube de mytosyl (qui c'est c'est qu'a le plus gros, d'abord, de tube de mytosyl), l'important c'est que ce soit plus. Oui mais moi le mien y fait déjà ses nuits (tu m'étonnes, il a l'air mort, non ?). Oui mais moi le mien, il est vraiment goulu (ça m'étonnes pas avec les bajoues qu'il se tape). Oui mais moi le mien il pleure comme c'est pas possible, quelle voix, hein mon titi chéri ? Le titi en question me regarde avec ses yeux gris-bleu de bébé fourbe, bon sang c'est vrai qu'il a un gros boulard et qu'il ressemble à Titi, il gonfle ses petits poumons pour nous saturer les oreilles et produit le cri à peine audible d'une souris mort-née. Ca c'est sûr, ce sera un chanteur d'opéra genre Starac, le Titi, s'il s'est pas fait bouffer avant par Gros-minet. Bon.

Chais pas d'où ça sort, ce besoin de mieutitude (cherchez pas, j'viens d'l'inventer). Ouais, moi mon bébé il est mieux. Bon d'accord c'est le concours de bites permanent, ok. C'est le mécanisme élémentaire pour les papas : ah oui, pasque ça marche aussi pour les papas, hein, j'en connais des proches qui me jurent que leur rejeton et ben c'est carrément Kant en couche-culottes ou Maradona réincarné (le gerbi en plus, ah non, c'est vrai que Maradona avec tout ce qui s'enfile, mince d'un coup je ne sais plus, il est mort Maradona ou pas ?). Bon les papas, ok. Mais les mamans, elles l'ont fabriqué le moutard en plus. Alors y'a comme une espèce de fierté de l'artisan qui ajoutée au concours de bites fait tourner l'argumentation à la plus parfaite mauvaise foi. Non pasque faut voir la mauvaise foi, hein. Même quand il a des coliques le bébé, et ben bien sûr il les a vachement tôt pour son âge (alors qu'il n'y a pas d'âge pour les coliques, les bébés sont susceptibles d'en avoir à tout moment, avec une prédilection particulière pour le jour où vous avez mis votre pantalon de gala).

Et puis j'ai comme l'impression que se faufile dans ces sentiments primaires comme qui dirait la patte froide de notre belle société de consommation. Ben oui, c'est bien la peine de se torpiller la rondelle à avoir la plus belle voiture, la plus belle maison ou le plus beau style (prononcer staï-le) du quartier (et personne n'est exempt à un moment ou à un autre de ces défauts-là) si c'est pour avoir un chiarre qui n'a rien d'exceptionnel. Ca fait tache, quoi (et je parle même de celles sur le pantalon). Un espèce de gros mélange de "j'ai le plus beau modèle" et de "c'est moi qui l'ai fait". Alors ça donne du résultat détonnant, faut les voir les mamans, mauvaise foi en bandoulière, se couper la chique mutuellement pour surenchérir sur les capacités de leur progéniture, jusqu'à l'absurde, de la précocité des risettes jusqu'à la capacité à produire des cakes à heure fixe dans leurs couches armoriées. Des concours de bite où l'on sent qu'il n'en faudrait pas beaucoup pour qu'elles commencent à se taper dessus, et même à coup de bébés (tiens, moi le mien y fait plus mal que le tien quand je l'utilise comme massue).

Hé, tout ça c'est la faute aux bébés. Déjà qu'on est pas vraiment bien épanoui de la tête dans notre société qui nous pousse sans arrêt au concours de bite à la compétition. Les bébés y arrivent là-dessus, et malins comme des sales petits macaques, ils arrivent à obtenir de leurs parents que ceux-ci se battent pour eux envers et contre tout. C'est des malins les bébés, faut pas croire. Faut lutter contre ça, hein, faut lutter. Sigmund par exemple n'a rien d'exceptionnel : il est vérolé comme la plupart des nourrissons, rote et pète avec l'aisance d'un camionneur décomplexé invité à un brunch avec Jean-marie Bigard, conchie le pantalon de son père et ne fait pas encore de risettes mais juste des rictus que j'ai fait un film pour servir de pièce à conviction lors de son futur procès. Un bébé normal, quoi. Complètement standard. C'est tout juste si on a le temps de s'attacher. Tiens, je suis même prêt à l'échanger, c'est dire.

Un volontaire pour échanger Sigmund le bébé quelconque contre un autre bébé, si possible assez calme ? Non ? Personne. Il est pas assez bien mon bébé ? Quoi la vérole ? Quoi l'odeur ? C'est un bébé, quoi. En plus il commence à bouger la tête pour suivre avec les yeux, et ça normalement les bébés ils le font qu'à trois mois. Et puis c'est des vrais sourires qu'il fait, déjà son âge. Et puis il a une super tenue de poussin karatéka et des chaussons faut voir comme. C'est du surchoix comme bébé, pas n'importe quoi !
Zut, j'me suis fait eu.
Ils sont cro forts, ces bébés, j'vous dit.

lundi 18 juin 2007

A bas les bébés !

Ah ah ah !

Laissez-moi rire sans aucune vergogne.

Non pasque bon. Franchement. On aurait pu croire que depuis le temps que des monceaux de couillons s'astiquent la membrane à pondre des lardons (approximativement le début de l'humanité), on aurait quand même relativement compris comment que ça fonctionne ces petits trucs-là. Comment que ça tourne le petit vélo dans la tête à bébé. Et surtout comment qu'on fait pour cohabiter avec eux, quand, par la grâce divine d'une bénédiction immanente ou par la poisse merdeuse d'un préservatif défaillant (rayez la mention inutile) on se retrouve à se coltiner un de ces misérables vermisseaux monomaniaques. Ce qui est mon cas, j'en ai justement un sur les bras, de vermisseau monomaniaque -il ne pense qu'à avaler un maximum de lait pour le recracher aussitôt sur au choix mon nouveau beau tichirte ou sur mon pantalon de gala- et ne me demandez comment je me retrouve là, moi aussi ça me dépasse.

Peau de zob, oui ! Personne ne sait exactement quoi faire avec un moutard à charge. Tout le monde tâtonne. Invente. Justifie. Et puis profite de l'occasion pour abreuver les autres malheureux parents qui n'ont pourtant strictement rien à foutre de leurs précieux conseils validés au sceau des coliques de leur petit dernier ou au coin des gerbis de leur adorable fillette de deux mois, oui, celle-là même qui vient de rajouter une deuxième tâche indélébile de lait à demi-digéré sur votre pantalon de gala que vous aviez jugé de bon de mettre pour aller voir le pédiatre, histoire de lui faire toucher du doigt l'ampleur de votre martyre et aussi d'essayer de l'apitoyer pour qu'il étale le paiement des traites du crédit qu'il vous a consenti rapport aux douze-mille trois quatre vingt sept visites qu'a occasionné votre misérable rejeton à en peine deux semaines.

Le pédiatre qui évidemment est à mettre dans le même sac que les sages-femmes et autres puéricultrices : incapables de donner des conseils clairs, faute de savoir sur quel pied danser face aux nourrissons tueurs de pantalons venus de l'espace. Conseils contradictoires, incohérences, conneries flagrantes, autant d'artifices destinés à masquer le doute complet sous le masque de la connaissance scientifique, histoire de mater les pauvres ballots qui croient encore que le docteur magique saura les décharger de la responsabilité de se démerder avec leur sale chiard qui pue, en plus, et qui salit son beau cabinet immaculé. Parce qu'à part réduire considérablement la mortalité infantile, et donc contribuer à nous emmerder encore plus, qu'est-ce qu'ils ont fait pour le salut de la mère qui ne sait quel lait choisir ou le père qui essaie de ravoir son pantalon, hein, les diafoirus de l'enfance ? Réponse : rien. Juste nous donner des faux espoirs et nous enfoncer dans notre malheur : ton moutard tu l'as voulu, ben maintenant tu te démerdes. Allez, ça fait cinquante euros.

Bon voilà. C'est mon introduction. Comment que ça se fait que je retrouve dans cet enfer lacté, je l'ai déjà raconté ailleurs. Sigmund (c'est le nom de ma malédiction personnelle) est aujourd'hui tapi dans la chambre luxueuse qui fut dans des temps reculés un bureau avec un ordinateur et une console de jeux (snif), attendant que je sorte pour me sauter à la gorge et exiger un de ses quinze biberons quotidiens. Faut pas compter sur moi pour lui donner. Je vais plutôt disposer des grosses tapettes à rats dans le couloir, peut-être qu'il se lassera et retournera à la maternité. Va savoir avec cette engeance...

Aujourd'hui je lance cet appel au secours. Brisons la dictature des bébés. Exigeons le respect qui nous est du, à nous, adultes. Les bébés sont cromeugnons, certes, mais ce sont avant tout d'horribles exploiteurs de l'humanité. Nous devons résister à ce flot consensuel de mièvrerie dégoulinante qui nous englue les méninges.
A bas la dictature ! A bas les bébés !